Rampage – Sniper en Liberté

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Titre Original: Rampage

De : Uwe Boll

Avec Brendan Fletcher, Michael Paré, Matt Frewer, Lynda Boyd

Année : 2009

Pays : Allemagne, Canada

Genre : Action

Résumé :

Un jeune désœuvré, aigri par les frustrations quotidiennes, entre en rébellion contre la société. Il entreprend de se confectionner une armure et de rassembler un arsenal de guerre. Son but: une fusillade en pleine rue grâce à laquelle il réglera ses comptes. Qui pourra l’arrêter ?

Avis :

Difficile de se faire une idée sur un film avec Uwe Boll derrière la caméra. Il faut dire que sa réputation de plus mauvais réalisateur de tous les temps le poursuit un petit peu et que chaque film qu’il sort fait légèrement sourire. On se souvient encore du pitoyable Alone in the Dark ou du troisième volet de la saga Bloodrayne, qui ont montré que Uwe Boll pouvait proposer des nanars que ne renieraient pas la société Asylum. Mais avec le réalisateur teuton, on est toujours surpris car il lui arrive de proposer de bons films qui passent malheureusement inaperçus comme un certain Stoïc (que je n’ai pas encore vu) et Rampage qui a fait couler pas mal d’encre. Loin d’être un chef d’œuvre, ce film qui montre une tuerie dans un bled paumé des Etats-Unis, essaye d’être le plus négatif possible et d’aller au bout d’un concept qui peut en effrayer plus d’un, celui du pétage de plomb et du meurtre de masse. Mais le métrage est-il convaincant pour autant ? La réalisation est-elle correcte ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses dans la suite.

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J’me baladais sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu

Le scénario de ce film est relativement intéressant dans son fond, mais on pourra rapidement voir que Uwe Boll ne va pas au bout des choses dans le domaine psychologique. On va donc suivre l’évolution d’un jeune homme pour qui rien ne va, hormis l’amour que lui portent ses parents. Sans boulot, vivant dans la maison familiale et ne poursuivant pas ses études, son monde s’écroule lorsque ses parents lui demandent de quitter le nid. S’acoquinant alors avec un ami rebelle ayant des idées louables mais parfois radicales sur l’écologie ou la race humaine, il va alors prendre les armes pour mettre des actes sur les paroles de son camarade. Il va perpétrer un massacre dont personne ne sortira indemne. Voilà le fond du film. Un jeune aculé qui va péter un plomb à cause de différentes brimades, de son dégout pour l’espèce humaine et aussi pour une sombre histoire de surpopulation. Alors il faut avouer que bien souvent, dans les supermarchés, les rues commerçantes ou encore en voiture, j’ai eu des envies de meurtre. Et le coup de la pensée négationniste comme Schopenhauer peut être intéressante. Seulement, le réalisateur ne va pas au bout de son concept et occulte de manière trop rapide le début du film alors que c’est l’élément déclencheur le plus important. En effet, on a du mal à comprendre pourquoi ce jeune homme prend les armes alors que finalement il n’a pas trop souffert et ne devrait pas faire ce qu’il fait. La rupture, entre le moment où il frappe et avant est bien trop vulgaire et inadéquate. C’est le gros point faible de ce film qui aurait servir quelque chose de plus construit et de plus psychologiquement intéressant.

Bien entendu, la réalisation n’est pas forcément à la hauteur. La caméra bouge sans arrêt, Uwe Boll se voulant au plus près de l’action, mais elle bouge aussi lors des moments calmes, notamment lorsque notre personnage principal s’entraine. Les différents passages de clairvoyance qui égrènent le début du film sont maladroits et assez pénibles. Par contre, au niveau des acteurs, c’est plutôt pas mal. Brendan Fletcher, un habitué des films de genre comme Bloodrayne II ou encore Freddy Vs Jason, tient ici le rôle-titre du jeune homme qui tue tout le monde. Il joue relativement bien son rôle, entre cynisme, cruauté et désespérance. Mais encore une fois, il n’a pas un physique ingrat de celui qui en prend plein la gueule et dans le sens extrême du film, ce n’est pas assez abouti. A ses côtés, les autres acteurs s’en sortent assez bien notamment son père joué par Matt Frewer qui reste crédible et agréable. Par contre, sa mère, interprétée par Lynda Boyd est assez risible et surjoue sur tous ses passages. Pour le reste, le shérif qu’incarne Michael Paré est invisible et le meilleur ami du « héros » n’est pas très charismatique. En dehors de cela, c’est assez correct.

On va croire que je suis assez sévère sur ce film, alors il faut bien dire que certaines scènes valent le coup. Il y en a deux qui demeurent relativement fortes et assez intelligentes. La première se déroule dans un salon de coiffure. Le dénouement est tragique, mais c’est là que l’on voit toute la folie du jeune homme (qui demeure presque injustifiée !). La seconde scène est celle qui se déroule dans la salle de bingo, avec plein de vieux qui joue et qui ne remarque même pas l’homme en armure et armé. La phrase de fin de cette scène, « vous êtes déjà morts », est très forte et juste, montrant la lucidité de notre personnage principal et son intelligence. La fin est relativement dure et presque inattendue pour ce genre de métrage, allant, pour une fois, au bout du concept. Dommage que le début ne soit pas aussi fortiche !

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Séance gonflette pour un dégonflé

Au final, Rampage n’est pas si mauvais que cela. Exprimant une pensée sombre et négative, le film s’enlise dans des maladresses dès le départ, ne justifiant pas assez les actes du personnage principal. Tout cela se révèle assez léger et pas assez fort pour mettre une claque dans la gueule. Néanmoins, certaines scènes valent le détour et prouvent qu’Uwe Boll est capable de faire de bonnes choses et que son étiquette de plus mauvais réalisateur est galvaudée.

Note : 12/20

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par AqME

TrasherNote de Trasher: 13/20 L’un des moins mauvais films de Uwe Boll.

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