Creep

De : Christopher Smith

Avec Franka Potente, Vas Blackwood, Elizabeth MacKechnie, Sean Harris

Année: 2004

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Londres, par une froide et triste nuit d’hiver…
A minuit, au sortir d’une soirée chic copieusement arrosée, Kate guette vainement un taxi avant de se résoudre à prendre le dernier métro. Sous l’effet de l’alcool, la jeune femme ne tarde pas à s’assoupir.
A son réveil, la rame est déserte… Affolée, Kate se dirige vers la sortie, mais les grilles sont déjà fermées. Un train s’arrête alors, elle y monte, quelque peu inquiète d’en être la seule occupante.
Au beau milieu du tunnel, le convoi s’arrête brutalement, toutes les lumières s’éteignent… Et le cauchemar commence…

Avis :

Il y a des réalisateurs qui semblent être maudits par le cinéma, ou tout du moins par les salles obscures. En effet, certains cinéastes ont beau faire des films, et de qualité, il arrive que parfois, leurs films soient destiné au marché du DTV et non pas à une diffusion sur grand écran. La faute bien évidemment à des exploitants frileux qui préfèrent capitaliser sur le nombre d’entrées que sur la qualité intrinsèque des films. Christopher Smith, réalisateur britannique, fait partie de ces cinéastes dont le métier ne semble pas convenir aux grandes salles. Et pourtant…Dès son premier film (qui fait l’objet du papier que vous êtes en train de lire), il marque les esprits avec quelque chose de percutant et réellement bien exécuté. Mais il ne va pas s’arrêter là. Amoureux du cinéma de genre, il signe une comédie gore acerbe avec Severance, se permet des boucles temporelles avec un tueur masqué dans Triangle et il va même faire de l’horreur au moyen-âge avec l’excellent Black Death. Et pourtant, il sera toujours privé de diffusion dans les grandes salles. Alors qu’avec Creep, son premier film datant de 2004, il avait déjà montré les bases de tout son talent.

Le film est relativement simple. Une jeune femme souhaite aller à la soirée de George Clooney et pour cela, elle va prendre le métro. Le dernier train du métro. Sauf qu’elle s’endort et loupe le moyen de transport. Pire, elle se retrouve enfermée dans la station. C’est alors qu’une créature malsaine, évoluant dans les égouts, va la prendre en chasse. Rien de bien audacieux donc, si ce n’est la promesse d’un film glauque et gore, avec ce qu’il faut de moments angoissants. Et c’est exactement ce que va faire Christopher Smith avec Creep, donnant un aspect très malsain à son film malgré un côté très classique. L’ambiance dans ce film est très travaillée. Il y a une réelle recherche dans la qualité de la photographie et des couleurs, alternant constamment entre un éclairage brut et trop clair et de sombres couloirs bleutés. Cela confère au film une espèce de changement de nuance mais qui n’altère en rien l’insécurité que l’on ressent pour l’héroïne.

Il faut dire qu’elle va rencontrer une flopée de personnages assez étranges, considérés comme des marginaux. Elle aura donc droit à son collègue de boulot complètement drogué qui tente de la violer, le couple de sans abri qui vit dans un conduit d’aération, le repris de justice qui doit nettoyer les égouts ou encore le gardien qui fait un peu trop de zèle. Tout ça sans compter sur la présence de la créature qui possède un passif mystérieux et qui sera interprétée avec brio par un Sean Harris totalement habité, donnant du relief à ce monstre immonde. On notera d’ailleurs une séquence qui fait froid dans le dos, au moment où il pense faire une opération chirurgicale. Un moment à la fois grand-guignolesque et d’une « malaisance » incroyable. Le seul reproche que l’on pourrait faire à cette galerie de personnages, c’est qu’ils ne sont pas forcément attachants. A force de jouer avec les codes de la normalité sociale, Christopher Smith ne met pas assez en avant tout ce petit monde et surtout Franka Potente qui joue une connasse de base et pour laquelle on ne ressentira pas grand-chose.

Mais le succès du film réside clairement ailleurs. Entre une ambiance particulièrement glauque et des personnages qui vont se faire dézinguer les uns après les autres, c’est surtout sur la gestion du rythme que Christopher Smith mène sa barque. Si le métrage est très court, il n’en demeure pas moins efficace, ne laissant aucun temps mort et peaufinant tout de même son sujet principal, le monstre. Si la prestation de Sean Harris est impeccable, travaillant une gestuelle très dérangeante, ainsi que des sons effroyables, c’est surtout dans son histoire que Creep prend tout son sens. Le réalisateur laisse des pistes, des traces et laisse le spectateur se faire sa propre idée des origines du monstre. Bien évidemment, tout cela contribue un peu plus à rendre le film bien plus sale, mais c’est suffisamment explicite pour comprendre que derrière les zones d’ombre, il y a peut-être un monstre et des expériences interdites. Enfin, le film n’est pas avare en gore. Si cela ne prend pas trop de place, certains meurtres sont assez sanglants et la réalisation de Christopher Smith met en avant des moments crades pour encore une fois plonger le spectateur dans un monde lugubre, mais plausible, et c’est peut-être ça le plus dérangeant dans ce film.

Au final, Creep est un excellent film d’horreur. Bien que très simple dans sa trame et sa narration, le film va droit au but, ne cherche pas à rajouter des jump scare à tout va et préfère mettre en avant une ambiance glauque pour terroriser le spectateur. Et ça marche, puisque quatorze ans plus tard, on continue de se souvenir de ce film et il ne prend pas une ride, bien au contraire, il continue de révéler quelques secrets distillés çà et là sur le passif de Craig, ce tueur monstrueux entouré d’une aura malsaine. Offrez donc une salle à ce pauvre Christopher Smith !

Note : 16/20

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Par AqME

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