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Stone Temple Pilots – Stone Temple Pilots

Avis :

Le mouvement Grunge, ce n’est pas seulement Nirvana et toute la bande venue de Seattle. En effet, d’autres groupes se sont vus affublés de ce genre dans les années 90, dont Stone Temple Pilots, qui est originaire de Californie (San Diego pour être plus précis). Oscillant constamment entre grunge et hard rock, le groupe connait un succès fulgurant dès son premier album, notamment grâce au charisme électrique de feu Scott Weiland. Mais il faut croire que le groupe connait une sorte de malédiction au niveau de ses chanteurs. Car malgré de lourds problèmes avec Weiland, qui amena le groupe à faire une pause, puis à se séparer du chanteur à cause de ses problèmes de drogue (il rejoindra par la suite Velvet Underground avant de décéder en 2015), c’est Chester Bennington (Linkin Park) qui le remplacera le pied levé, avant de choisir la mort en 2017. Donc, si Stone Temple Pilots voulait continuer à faire de la musique, il fallait un nouveau frontman, un chanteur capable de faire aussi bien du grunge que du hard et qui possède une empreinte vocale forte. C’est alors que Jeff Gutt arrive dans la formation. Un renouveau pour le groupe qui décide alors de ne pas donner de nom à ce nouvel album, comme ce fut le cas en 2010. La raison est compréhensible, voulant montrer un nouveau départ. Mais est-ce que cela est réussi ?

De prime abord, cet album peut sembler être une réussite. En effet, après une première écoute, on se dit que l’album est varié, plaisant et qu’il s’enchaîne sans faire naître un sentiment d’ennui chez l’auditeur. Il faut dire que le groupe possède plusieurs cordes à son arc et livre un savant mélange de grunge, de hard rock, de rock, et parfois même de blues et de mélodies jazzy. Le premier morceau, Middle of Nowhere, démarre sur les chapeaux de roues. C’est rapide, nerveux, on fait face à un vrai titre hard rock à tendance punk, avec en son milieu un break très technique au niveau des grattes et un joli solo qui fait bien monter la sauce. Il s’agit d’un titre réussi qui donne rapidement envie d’écouter la suite. Et Guilty sera dans la même veine, très rock, mais dans un mid-tempo lus tout public. Néanmoins, il se dégage du titre quelque chose de plaisant et d’assez grunge. Au niveau technique, le groupe n’a rien à envier à d’autres et on pourrait même y voir quelques similitudes avec Audioslave pour la rythmique et le style. Mais le groupe ne s’arrête pas uniquement sur le rock, voire le hard rock. Avec The Art of Letting Go, nous sommes sur la ballade de base, avec quelques élans jazzy qui ne sont pas pour nous déplaire. Le titre est réussi et tient bien la barque. On pourra aussi se réjouir devant Red & Blues qui termine l’album sur une note bluesy pas désagréable et qui montre toute la palette artistique du groupe.

Mais cet album possède aussi des moments beaucoup moins plaisants et montre les limites du nouveau chanteur. En premier lieu, ce qui frappe avec cette galette, c’est l’absence de hit en puissance. Les morceaux sont bons, mais ils ne marquent pas au fer rouge. Hormis Roll me Under, un vrai titre rageur, puissant et dont le refrain rentre immédiatement en tête. Mais ce sera quasiment le seul, avec peut-être Six Eight, dans une moindre mesure, mais qui s’avère aussi assez bien burné. Seulement, malgré les douze titres, le reste passe un peu à la trappe. On se dit que c’est sympa, mais c’est bien tout. Et cela malgré la variété apportée. La deuxième chose qui est très moyenne dans cet album, c’est la voix de Jeff Gutt. Alors attention, je ne dis pas qu’il chante mal, bien au contraire, il possède un bel organe. Le problème, c’est qu’il montre vite ses limites. C’est-à-dire qu’il peut pousser, parfois aller plus vite, mais il n’a pas de signature vocale puissante ou marquante. Cela contribue à faire de cet album quelque chose de sympathique, mais de finalement assez anecdotique, ou tout du moins de pas impactant. Et c’est dommage venant d’un groupe comme Stone Temple Pilots, qui sont maintenant des piliers du hard rock mondial.

Au final, ce dernier album éponyme est assez agréable et conserve le côté grunge du groupe. Certains morceaux valent leur pesant de cacahuètes comme Roll me Under, et d’autres montrent tout l’éclectisme du groupe en allant chercher des sonorités du côté du blues et du jazz. Malheureusement, l’album manque aussi de vrais titres forts et se laisse beaucoup trop écouter d’une oreille, sans pour autant interpeller. Bref, un album à moitié réussi mais dont on gardera le meilleur tout de même.

  1. Middle of Nowhere
  2. Guilty
  3. Meadow
  4. Just a Little Lie
  5. Six Eight
  6. Thought she’d be Mine
  7. Roll me Under
  8. Never Enough
  9. The Art of Letting Go
  10. Finest Hour
  11. Good Shoes
  12. Red & Blues

Note : 14/20

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Par AqME

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