Skycrater – Forests of Shadow

Avis :

Le métal, c’est une affaire de groupes, de bandes, qui font de la musique ensemble. En général, il faut un guitariste, un bassiste, un batteur et un chanteur au minimum pour pouvoir faire efficacement de la musique. Mais il arrive que certaines personnes ne trouvent pas chaussures à leurs pieds et décident donc de faire cavalier seul. Cela incombe donc plusieurs choses, à savoir une polyvalence au niveau de la maîtrise des instruments, de la patience pour tout enregistrer et un certain savoir –faire au niveau du montage sonore. Des groupes qui ne comptent qu’une seule personne sont de plus en plus nombreux et on peut par exemple compter Circle of Dust. Alors oui, cela empêche de faire des concerts, mais c’est un bon moyen d’expression et, qui sait, de trouver des musiciens pour parfaire son art. Skycrater se retrouve dans cette situation. Derrière ce nom de groupe se cache en fait Federico Lucchi, un italien qui a grandi au Canada, qui a connu plusieurs groupes, mais qui n’a pas trouvé le bonheur musical. Du coup, il est parti en Chine pour parfaire ses techniques vocales et instrumentales et Forests of Shadow est son quatrième album, mais son plus abouti et son plus long projet. Avec cet album, l’homme a voulu revenir aux sources du Power Métal pour faire quelque chose d’assez sobre et plutôt plaisant. Et le résultat est plutôt intéressant.

Le skeud débute avec Adelmund’s Curse. Le début est fait avec des violons et une jolie harpe avant d’enclencher une petite rythmique à la flûte. La batterie prend le relais avant d’enclencher sur quelques riffs de guitare assez lourd mais plutôt en osmose avec l’ambiance voulue. Le morceau est long, il prend le temps de raconter une histoire, mais le petit hic va venir de la voix. Non pas que Federico Lucchi chante faux, loin de là, mais il possède une voix assez nasillarde, qui part parfois dans le grave quand il force et cela est un peu particulier. Néanmoins, l’ensemble est cohérent et tient plutôt la route. Et ce sera le cas pour quasiment tout l’album. Entre la nervosité de The Black Wolf et la délicatesse de Song of Forgiveness, entre le côté Power/Heavy de The Tree and the Wolf et l’aspect plus hard rock de Banished Into Night, on a une certaine variété et la redondance n’est pas présente. Ce qui demeure très fort dans cet album, c’est la maîtrise technique de tous les instruments. Bien entendu, en premier lieu on remarquera la guitare et ses riffs parfois lourds et d’autres fois plus légers, on appréciera aussi les solos peu marqués mais suffisamment complexes pour apporter une plus-value. Ensuite, on prendra le temps d’entendre toutes les orchestrations autour et il y a un vrai boulot de malade derrière tout ça.

Mais Skycrater possède un inconvénient qui va faire que Forests of Shadow va être un bon album, mais pas quelque chose de marquant. En fait, il manque vraiment des hits dans cet album. Après plusieurs écoutes, on sera bien incapable de garder un titre en tête, et cela malgré les durées extrêmement longues de quasiment toutes les pièces. Elles ne sont que deux à durer moins de quatre minutes et quasiment tout le reste dépasse allègrement les cinq minutes. Mais voilà, il manque clairement une empreinte, une identité forte pour se démarquer de la masse. Si vocalement c’est assez spécial et que le chanteur a voulu revenir à quelque chose de plus pure dans sa démarche de revenir aux sources du Power, il en oublie de faire des morceaux plus simples structurellement et donc plus accessibles. Alors c’est bien, et on peut même parler de prouesse technique tant tous les morceaux sont travaillés et l’univers construit est assez plaisant, mais il manque cette touche personnelle, cette marque de fabrique qui ferait passer Skycrater du statut de parfait inconnu à celui de renouveau du Power Métal.

Au final, Forests of Shadow, le dernier album de Skycrater, est un très bon album qui démontre à quel point son unique membre, Federico Lucchi est un génie de la musique. Mais il manque à cet album une certaine signature qui permettrait au groupe de se faire plus connaître. Alors oui, c’est bien, c’est même très bien, mais tout ça manque d’originalité, de fraîcheur et d’une certaine « humilité » dans les compositions, afin de faire plus simple, mais aussi plus efficace.

  1. Adelmund’s Curse
  2. The Black Wolf
  3. Where is Your Hand
  4. At the Silver Spring
  5. The Tree and the Wolf
  6. Dedrick’s Wrath
  7. One Day
  8. Sun Will Rise Again
  9. Song of Forgiveness
  10. Banished Into Night
  11. Song of Remembrance

Note : 13/20

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Par AqME

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