Baaghi 2, Le Rebelle – Boomllywood

De : Ahmed Khan

Avec Tiger Shroff, Disha Patani, Randeep Hooda, Manoj Bajpayee

Année : 2018

Pays : Inde

Genre : Action

Résumé :

Un enfant est mystérieusement kidnappé. Neha, sa mère, fait appel à Ronnie, son ex, un soldat aguerri qui fera tout pour retrouver l’enfant.

Avis :

Le cinéma indien, c’est toute une culture qui s’éloigne parfaitement des modes et des codes du cinéma auquel on est habitué. Appelé « Bollywood », pour la contraction entre Bombay, ville de beaucoup de tournages et Hollywood, le cinéma Bollywoodien est riche, surprenant, et même fou. C’est un cinéma qui dépasse bien souvent la ligne rouge, au point qu’on pourrait dire des Indiens qu’ils n’ont peur de rien. Mais bien souvent, ce que l’on en connaît du cinéma Bollywoodien, ce sont les extraits complétement « What the fuck » qu’on trouve sur Youtube. Peu de films indiens de ce genre « déjanté » arrivent jusqu’à chez nous et bien souvent, quand ils arrivent, ils restent piégés dans la capitale et les grandes villes.

Ayant la chance d’habiter proche de Paris, et ayant l’envie de découvrir ce monde inconnu, je me suis rendu dans l’une des seules salles qui jouaient ce « Baaghi 2, le rebelle » (le film est sorti dans onze salles seulement, il n’est diffusé qu’à certains horaires). Hormis les extraits que je connais via YouTube, je n’avais encore jamais vu un film estampillé Bollywood de A à Z et à la découverte de celui-ci, je dois dire que c’est un sacré délire. Un délire qui est pile dans ce que j’avais imaginé. Un délire qui n’a aucune limite, voguant sur les eaux du nanar, sans pour autant en être un. Bordélique, cliché, stylisé, démesuré, et tout simplement hilarant, cette première incursion dans le cinéma Bollywoodien est une expérience unique (et que j’ai déjà hâte de renouveler).

Un matin, Néha se fait violemment agressée et sa fille de trois ans se fait enlever. Deux mois après, les autorités ne font rien et l’enquête est sur le point d’être arrêtée. Néha fait alors appel à son ex, Ronnie, un militaire plus qu’aguerri pour retrouver son enfant. Ronnie va alors très vite découvrir que les causes de cet enlèvement sont bien plus sombres et vicieuses qu’elles ne le laissaient paraître.

Partant sur une intrigue on ne peut plus basique, Ahmed Khan livre un film qui est très loin de l’être. « Baaghi 2 … » (vous pouvez le voir sans avoir vu le premier, puisqu’à aucun moment, on ne fait état du premier) est un film qui ose aller jusqu’au bout de son, ou plutôt, de ses délires. « Baaghi 2 …' », c’est un film qui commence comme une comédie romantique avec tous les clichés possibles et imaginables. Puis très vite, le film se transforme en film policier, avec une enquête prenante (même si parfois elle abuse). Peu à peu, le film tourne au film d’action, offrant des scènes absolument jubilatoires tant elles sont poussées. Ici, on a l’impression que tout est prétexte à styliser la narration. Ca abuse des ralentis, ça donne dans l’improbable, certaines fois c’est complètement barré, mais ce qui est cool, c’est que ça s’assume comme tel. Et plus le film avance et plus il devient déjanté, allant jusqu’à un véritable final de guerre à la limite du nanar jouissif. Et le tout est bien sûr entrecoupé de scènes de comédie musicale qui résonnent comme des apartés improbables et plaisantes en même temps.

Ce qui est génial avec ce film, c’est la générosité qu’il a pour nous offrir du spectacle. Comme je le disais, la mise en scène est ultra stylisée. Ici, il faut en envoyer, il faut qu’on en donne pour leur argent, et franchement, ça le fait. Il y a un vrai plaisir dans tout cet abus. Ici, que ce soit la mise en scène, la musique (génialement épique à tout instant), ou les comédiens, tout est mis en œuvre pour célébrer son héros.

Alors peut-être que je reste volontairement bon public, parce que c’est Bollywood (quoi que si on enlève tout le côté abusé, l’intrigue et son développement sont très bien), et peut être que si j’avais vu un tel film venant de chez l’Oncle Sam, j’aurais hurlé au drame, mais quoi qu’il en soit, je me suis vraiment éclaté à découvrir ce côté bon enfant, tous ces clichés, et ces trop-pleins.

Et d’ailleurs, ça me renvoie à une interrogation, car plus haut, j’ai écrit le terme de nanar pour parler de « Baaghi 2 … », mais de ce que je connais du cinéma Bollywoodien et de ce que j’ai découvert ici, peut-on vraiment parler de nanar quand on parle d’une culture et d’une façon de faire du cinéma ? Une façon qui est à des années des schémas à quoi l’on est habitué. Ici, ce côté nanar est génial, tout est pleinement assumé. Une grande partie du cinéma Bollywoodien est comme ça, ou du moins donne l’air d’être comme ça. C’est donc une façon de faire et réduire cette façon au mot nanar est peut-être un peu trop rapide.

Quoi qu’il en soit, avec ses bons et ses mauvais côtés, je dois dire que cette première expérience Bollywoodienne fut terrible. Tout est abusé, tout n’est qu’excès et pourtant tout passe, même si je dois aussi avouer que le film est un peu trop long. Deux heures et demie pour cette histoire, c’est vrai qu’au bout d’un moment ça tourne en rond. Mais bon, passons et retenons surtout le plaisir de découvrir un film totalement abusé, tenu par un personnage qui est le comble du charisme.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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