Gizëh – Gizëh

Avis :

S’il y a bien une chose que la musique permet de franchir, c’est la barrière des langues. En effet, si certaines élocutions peuvent sembler plus chantantes que d’autres, ils n’en demeurent pas moins que certains morceaux restent en tête, même en allemand quand on écoute du Rammstein ou même le 99 Luftballons de Nena. Alors bien évidemment, certaines langues vont mieux avec certains styles, comme l’italien passe bien avec les ballades ou encore le français avec des chansons à texte. Et si l’anglais est la langue privilégiée pour tout style, elle s’impose aussi dans le métal. Car si l’allemand ou même le finnois sont des langues assez communes dans ce genre, l’anglais reste majoritaire, même pour des groupes issus de pays non anglophones. Et l’espagnol dans tout ça ? Il est vrai que si on essaye de se remémorer des morceaux en espagnol, on ne pense pas au métal, mais plutôt aux chansons débiles de l’été comme Asereje de Las Ketchup (et placer ce nom dans une chronique métal, c’est pas facile). Pourtant, c’est groupe comme Sepultura ou Ill Nino ont déjà utilisé cette langue qui leur est maternelle et certains groupes ibériques sont forts sympathiques comme Mago de Oz ou Diabulus in Musica. Mais aujourd’hui, on va s’intéresser à Gizëh, un groupe de Cadix, qui officie dans un Heavy Métal assez classique, mais dont le premier album demeure agréable, malgré des défauts évidents.

L’album débute avec Amor Imposible et d’entrée de jeu, nous sommes dans l’ambiance. Un chœur féminin, une introduction grandiloquente et douce avant de lâcher les riffs un peu plus lourds et les violons, nous sommes clairement dans un Heavy à tendance Power Métal. Après cela, le titre se lance vraiment avec une belle ligne de basse et l’espagnol, qui peut choquer au départ, va parfaitement avec le style voulu. Il faudra bien entendu attendre le refrain pour avoir des riffs plus rapides et l’ensemble n’est pas sans faire penser à Dragonforce par exemple, sans bien évidemment la maestria technique. Non pas que Gizëh soit mauvais, bien au contraire, mais nous ne sommes pas dans la démonstration de force et l’ensemble est plus simple, notamment au niveau de la structure du morceau. Cependant, c’est très entrainant et relativement bien produit. Le deuxième morceau, Confesiones, ne fera que confirmer tout le bien que l’on pense de ce groupe et de ce premier album qui a dû se faire un peu dans la douleur, car un an auparavant, la formation a splitté avant de se reformer pour sortir cet album. Ce deuxième titre est plus rapide, plus puissant et en plus de cela, il se permet de placer un gros solo de batterie en son sein, ce qui est assez rare pour être notifié et c’est vraiment très bien foutu. Avec Nuevo Amanecer, le groupe explore une facette un peu plus aérienne, avec notamment une guitare solo plus légère et un rythme plus syncopé, montrant une structure moins linéaire. Et l’album sera fort sympathique jusqu’à la fin de sa première moitié. Avec des titres à la puissants et parfois touchants qui font mouche.

Malheureusement, le soufflé retombe rapidement avec une seconde partie très décevante et qui n’arrive pas à égaler les efforts consentis au départ. En fait, à partir de Cleopatra, qui est un titre trop classique, le groupe ne va plus arriver à accrocher l’oreille de l’auditeur. La faute à des titres qui ne marquent pas, qui sont trop classiques dans leur démarche et qui n’ont pas un rythme accrocheur. On a la sensation que tout le reste se joue en mid-tempo et ne prend pas de risque. On peut par exemple citer Silencio qui s’avère sympathique mais qui s’oublie très vite, ou encore Plaga Infernal et la redondance de sa guitare qui n’arrive pas à trouver une sonorité originale, et cela malgré un solo parfaitement maîtrisé en fin de titre. Mais le pire titre sera Suenos del Ayer, un morceau d’un ennui mortel qui fait plus rock que Heavy et dont le gimmick à la guitare est tout juste insupportable à la longue. Un mauvais moment qui lui, pour le coup, reste bien en tête malheureusement. Alors c’est dommage cette seconde moitié d’album, car il y a de bonnes idées, avec des titres qui sont techniquement irréprochables (Momentos de Lucidez par exemple), mais ça n’imprime pas et ça reste peut-être surfait. Il manque à Gizëh un petit truc en plus pour vraiment s’imposer, car en l’état, même si c’est bien, ça reste trop classique.

Au final, Gizëh, le premier album éponyme du groupe, demeure une semi-réussite. La première moitié de l’album est vraiment bien, avec des titres accrocheurs, puissants et variés, ce qui ne sera pas le cas de la seconde moitié. On sent que le groupe perd petit à petit son inspiration et livre quelques titres agréables, mais loin de marquer les esprits. Il faut dire que chaque titre est long et que parfois, il y a trop de chose pour que l’on s’attache vraiment à un titre en particulier. Bref, si on peut être déçu par cette seconde moitié, il ne faut pas oublier que c’est un premier album et que pour le coup, c’est plutôt pas mal.

  1. Amor Imposible
  2. Confesiones
  3. Nuevo Amanecer
  4. Volver
  5. Carretera Sin Final
  6. Cleopatra
  7. Silencio
  8. Plaga Infernal
  9. Suenos del Ayer
  10. Resistiré
  11. Momentos de Lucidez
  12. Sonidos Nocturnos

Note : 13/20

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Par AqME

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