octobre 27, 2020

Razzia

De : Nabil Ayouch

Avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Abdelilah Rachid, Dounia Binebine

Année: 2018

Pays: France

Genre: Drame

Résumé:

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

Avis :

Il ne fait pas vraiment de bruit Nabil Ayouch, et c’est en toute discrétion qu’il nous livre régulièrement de jolis films. Et c’est à grands coups de qualité que le réalisateur s’est forgé une jolie réputation dans le cœur de certains cinéphiles. Avec « Razzia », Nabil Ayouch signe ici son huitième film et c’est toujours un plaisir de découvrir un nouveau film de ce réalisateur. Pour rappel, on doit à Nabil Ayouch des films tels que « Much Loved » (qui est peut-être son plus connu et à juste titre), « Les Chevaux de Dieu » ou encore « Whatever Lola Wants« .

Fils d’une mère juive et d’un père musulman, ce fils des mélanges a décidé de faire de la tolérance son cheval de bataille et ce n’est pas « Razzia » qui dira le contraire. Film choral qui dépeint le quotidien de plusieurs personnages dans un Maroc agité, « Razzia » est une œuvre forte, pleine d’humanité. C’est une œuvre qui pousse à la réflexion, offrant un beau message sur la tolérance, la liberté et qui se fait politique et social, développant un vrai parti pris, sans pour autant tomber dans la dénonciation à outrance ou la caricature. Avec ce film, Nabil Ayouch aborde énormément de sujets, à travers des personnages riches et beaux. Bref, une belle surprise qui démontre encore une fois toute l’étendue du talent du réalisateur.

Casablanca, importante ville portuaire du Maroc. Dans ses allées, ses rues, ses quartiers, le passé et le présent se confondent. Et c’est là que plusieurs individus de tout bord se croisent et se décroisent. Différents visages, pour différentes trajectoires, qui ont finalement pour seul lien le fait d’avoir à mener un combat qui s’est imposé à eux.

« – Parfois certains combats s’imposent à nous »… Voilà l’une des répliques qui résumera beaucoup « Razzia« , le nouveau film de Nabil Ayouch.

Avec ce huitième film, le réalisateur français nous revient avec une ode d’espoir, d’amour et d’humanité. « Razzia« , c’est le parcours de cinq personnages tous différents. C’est le parcours de cinq âmes à travers le temps, les lieux, le présent et les souvenirs. Et à travers ces cinq personnages, tous plus beaux les uns que les autres, Nabil Ayouch va aborder une multitude de thèmes, faisant de son film aussi bien un divertissement émouvant, qu’une œuvre politique forte au message essentiel.

Avec « Razzia« , Nabil Ayouch va aborder des choses simples, parlant de la famille et de l’amour évidemment. Il abordera les espoirs de certains et les désespoirs d’autres. Des thèmes qu’il aborde avec tendresse et parfois dureté, mais ce n’est pas là le plus important et le plus beau de son film. Avec « Razzia« , le cinéaste abordera des sujets plus difficiles, plus rudes, voire même tabous. Nabil Ayouch osera aborder la corruption, les inégalités sociales, l’homosexualité, les traditions, les religions, la haine des Juifs, les incohérences de certains musulmans, les libertés des femmes, l’éducation des enfants, les écoles, et j’en oublie sûrement tant le film est riche, et la critique est juste, nuancée et surtout nécessaire.

On sera touché par la profondeur des personnages. Leur quête de liberté, finalement, résonne comme une évidence et pourtant, elle est bien difficile dans certaines conditions. Une quête qui est ici mise en scène avec beaucoup de pudeur, de respect, même si, comme je le disais plus haut aussi, Nabil Ayouch sait se faire dur et mettre les mots, les gestes, et pointer les idées qu’il faut.

Ces maux et ces mots sont tenus par une belle mise en scène, forte et poétique en même temps, étouffante parfois et pourtant toujours pleine de lumière. Une mise en scène qui nous offre aussi un autre Maroc et un autre Casablanca, loin des cartes postales habituelles.

Puis ces maux sont aussi incarnés par des comédiens excellents, dont se détachent vraiment Maryam Touzani (scénariste aussi sur ce film) qui crève tout simplement l’écran en jeune femme quelque peu perdue dans un pays qu’elle aime autant qu’il la rejette.

On retiendra aussi Arieh Worthalter, qui est très touchant, tenant un personnage simple, amoureux de la vie, et toujours plein d’espoir.

Le dernier cru de Nabil Ayouch nous fait donc passer un joli moment entre divertissement, émotion et message politique et social essentiel. « Razzia » est un beau film, qui sait se faire simple, riche et complexe en même temps. On reste pris et intéressé par ces cinq âmes perdues, en quête de liberté et finalement de tolérance. Bref, on ne peut que conseiller de s’arrêter sur ce bon petit film.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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