Le Pacte des Marchombres T.02 – Ellana, L’Envol – Pierre Bottero

Auteur : Pierre Bottero

Editeur : Rageot

Genre : Fantasy

Résumé :

Encore apprentie marchombre, Ellana est chargée parJilano, son maître, d’une mission à haut risque : escorter une caravane au chargement précieux et mystérieux

Mais au fil de ses rencontres, Ellana peine à identifier ses véritables ennemis, la voie tend à se dérober devant elle et les choix qui engagent sa loyauté et ses sentiments se révèlent périlleux.

Dans ce deuxième tome, le lecteur découvre les multiples épreuves, physiques autant que spirituelles, qui contribuent à forger l’âme marchombre d’Ellana.

Avis :

Le tome 2 est bien plus puissant que le tome 1 ! On en vient même à se demander comment Ellana fait pour survivre à tous les malheurs qui lui arrivent et qu’elle enchaîne à un rythme effréné dans ce livre. Le lecteur en éprouvera d’ailleurs beaucoup de peine, tant la jeune femme ne mérite pas ce qui lui arrive. Perdre des gens qui lui sont chers et qu’elle vient à peine de rencontrer, se faire trahir par des proches, être poursuivie par des assassins fous, souffrir dans sa formation… L’auteur mène la vie dure à son héroïne et on en vient presque à se demander si ce n’est pas exagéré.

Le roman commence d’une belle manière, avec un tournoi d’importance qui nous fait découvrir de hauts personnages de l’Empire. Ce second tome nous parle davantage de la situation en Gwendalavir, et pour cause : celle-ci est très mauvaise ! Les Sentinelles ont trahi et les peuples barbares des Raïs (une race sanguinaire, de forme humanoïde) et des Ts’liches (une petite tribue sauvage puissante), menacent d’envahir le royaume. Comble de tout, de profondes discordes naissent au sein de la guilde des Marchombres et des trahisons se voient éclore. Beaucoup de choses vont mal et ce tome appuie davantage sur la politique que le premier, ce qui n’est pas déplaisant, au contraire.

L’envol nous présente également plus en détails un groupe dissident, naît d’une faille dans la guilde : les mercenaires du chaos. Leur présentation est intéressante car, même s’ils sont présentés comme une entité ennemie, radicale et méchante du livre, les discours et les actions de ses membres, nous montrent à quel point cette vision du monde peut être étriquée. Le monde est souvent plus gris que noir et blanc et Ellana finira par l’apprendre à ses dépens.

Maintenant armée de griffes, telle une Wolverine-girl, Ellana est une combattante aguerrie mais qui a encore beaucoup à apprendre, comme elle le comprendra vite. Son maître lui enseigne d’ailleurs l’humilité d’une drôle de manière, plutôt dure, mais prometteuse. Les scènes de combats sont toujours courtes et se terminent abruptement, tant les prouesses de la jeune femme sont grandioses et d’une efficience mortelle. On aime la voir se battre : ses gestes font ressortir une puissance et une force redoutable, tout en mettant en avant un idéal juste empreint de poésie.

L’envol met davantage en avant l’idéal marchombre : la liberté avant tout mais des responsabilités quand même. Ellana se construit autour de cet idéal et on la suit jusqu’à la fin de sa formation, qui arrive plus vite que prévue. L’éloignement avec son maître est dur à vivre et la fin de leurs dialogues survient trop tôt. On aimait en effet les questions toujours plus nombreuses de la jeune femme, et les réponses succinctes de Jilano, son maître, qui s’amusait de la voir si curieuse et qui appréciait grandement son esprit. Il se prenait en plus au jeu des deux réponses : réponse du savant et réponse du poète, qu’avait enseigné sa mère à Ellana. Cette double vision lyrique et sensible du monde amène de belles métaphores et de beaux échanges.

Un passage au milieu du roman est plutôt étrange et on a du mal à le trouver sensé. Ellana fait une drôle de rencontre et on a la sensation d’être embarqué dans un tout autre univers, comme si le livre ouvrait une parenthèse. Le lecteur est plongé dans un un univers féerique, qui rappelle quelque peu l’ambiance de la petite enfance de l’héroïne lorsqu’elle vivait avec des êtres de petites tailles. Cette rencontre permet à la jeune femme de retrouver espoir et de ne plus douter d’elle-même.

Ce roman décrit avec pertinence le cheminement de la construction de la personnalité d’Ellana qui, après la perte d’êtres chers, commence à douter de son utilité, de sa formation, et de ses motivations. L’héroïne nous parle toujours autant et on ne fait que s’y attacher davantage avec le temps.

Ce second tome est aussi une belle introduction au dernier tome de la trilogie qui s’intitule Ellana, la prophétie. Cette dernière est énoncée clairement par deux des personnages secondaires et, bien que le début de la prophétie nous paraisse clair, le milieu et la fin sont très flous, voire incompréhensibles. L’auteur a su instiller un suspens qui nous donne envie de lire la suite avec avidité.

Un nouveau personne arrive dans ce tome et prend de plus en plus d’importance au fil des pages : Aoro. Sa façon de parler désuète et fort pompeuse fait sourire, comme son désir de gouverner le monde. Les passages le mettant en valeur sont plaisants, au lecteur comme à Ellana, qui peut enfin se détendre et penser à autre chose.

L’écriture ne change pas et reste fluide. Les différentes parties sont mieux rythmées et sont égales dans leur intérêt. Par ailleurs, les lecteurs de l’univers d’Ewilan seront également ravis de toutes les références discrètes qu’ils sauront distinguer.

Ce second tome est encore plus sombre et bien plus spirituel que le précédent. L’enseignement marchombre atteint son paroxysme et le lecteur prend plaisir à suivre une apprentie aussi douée, qui évolue, change de point de vue, tout en restant forte, combattante et emplie de doutes.

Note : 17/20

Par Lildrille

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