Scythe

Fiche technique :

Auteur : Jamey Stegmaier

Joueurs : 1 à 5 (7 avec extension)

Durée : 1h30 à 2h30

Première parution : 2016

But du jeu :

Obtenez le plus de points de victoire en remplissant les objectifs avant les autres !

Règles :

Scythe place les joueurs à la tête d’une nation, quelques années après une guerre mondiale lors de laquelle des mechas, robots géants et dévastateurs, ont aidé à mettre fin au conflit. Ils vont donc prendre la tête d’une armée et réhabiliter les mechas tombés en désuétude.

Chacun joueur prend aléatoirement un plateau de faction et un plateau d’actions, ainsi que l’argent (qui correspond également aux Points de Victoire), la Popularité et le nombre de missions correspondant. Le plateau de faction comporte une capacité propre à chacune d’elles et les 4 mechas à débloquer. Celui des actions est séparé en 4 zones, comportant chacune une action supérieure (du haut) et une action inférieure (du bas). Les actions supérieures ne sont pas toutes dans le même ordre, contrairement à celles du bas. Lors de son tour, le joueur choisit l’une des zones et effectue les actions dans l’ordre, de haut en bas. Chaque action est facultative.

Avec les actions du haut, il est possible de produire des ressources et de débloquer des  ouvriers, d’acheter des ressources à la banque, d’augmenter sa Puissance Militaire ou de déplacer des unités. Grâce à celles du bas, l’on peut améliorer nos actions, déployer un mecha, construire un bâtiment ou enrôler une recrue.

Une amélioration a été effectuée (un cube placé en bas) et un recrutement dans la 3ème zone. Un mecha a été déployé.

Chaque faction possède un leader, qui peut se déplacer et combattre de la même façon que les mechas (voir plus bas), mais ce dernier peut déclencher les Rencontres en atteignant certaines cases (trois choix lui sont donnés et il doit en sélectionner un) et obtenir une action spéciale supplémentaire en prenant le contrôle de l’Usine. Les ouvriers ne se battent pas mais peuvent être transportés par les mechas.

Les participants doivent également gérer leur jauge de Popularité. Plus elle est élevée et plus le multiplicateur de Points de Victoire (PV) sera important à la fin de la partie. Pourtant en perdre peut s’avérer utile pour obtenir certains bonus ou réaliser certaines actions.

Lorsqu’au moins un mecha ou un leader entre dans une case contenant au moins un mecha ou un leader adverse, une bataille a lieu. Chacun des protagonistes se saisit d’une des roues de combat qui lui sert à indiquer combien de puissance militaire il souhaite miser (maximum 7), et peut jouer autant de Cartes Combat qu’il a de mecha et de leader dans la bataille. Celles-ci ont une valeur de 2 à 5 qui est ajoutée à la puissance militaire misée. Le plus grand total l’emporte (en cas d’égalité c’est l’attaquant qui gagne) et le vaincu voit ses unités battre en retraire à sa base. De plus, le gagnant perd 1 Popularité par ouvrier présent sur le lieu du combat.

L’ordre des actions supérieures est différent de l’image précédente. Et ici 3 améliorations ont été effectuées, et tous les ouvriers sont sortis.

La fin de partie survient immédiatement lorsqu’un joueur a obtenu 6 triomphes parmi les 9 différents :

  • Atteindre 18 points de Popularité
  • Atteindre 16 points de Puissance Militaire
  • Remporter une bataille (obtenable 2 fois)
  • Réaliser ses 6 améliorations
  • Déployer ses 4 mechas
  • Construire ses 4 bâtiments
  • Enrôler ses 4 recrues
  • Remplir une des deux cartes mission
  • Débloquer ses 8 ouvriers

Puis les joueurs marquent des PV en fonction du nombre de triomphes remplis, de cases qu’ils contrôlent, de ressources qui leur restent, et de l’emplacement de leurs bâtiments (dont le critère est tiré aléatoirement en début de partie). Celui qui en a le plus est le vainqueur !

Le plateau, avec la jauge de Popularité sur la gauche, la Puissance Militaire en bas à droite, et les triomphes en haut à gauche. En dehors à gauche, les deux roues de combat.

Avis :

Si vous avez lu mon article sur le Festival International des Jeux de Cannes 2017 (disponible ici : http://www.lavisqteam.fr/?p=27121), ou si vous suivez l’actualité ludique, vous devez savoir que Scythe a remporté l’As d’Or Expert l’an dernier. Ce prix est-il mérité ?

Autant mettre fin à ce suspense, la réponse est oui, et ce pour de nombreuses raisons. A commencer, une fois n’est pas coutume, par le visuel. L’illustrateur Jakub Rozalski travaillait déjà sur un univers appelé 1920+, qui comme son nom l’indique se déroule dans les années 20 mais avec des améliorations rétrofuturistes. Stegmaier et lui ont ensuite étoffé ce monde en créant Scythe, ce qui donne non seulement un rendu des plus alléchants mais un background très travaillé.

Ce titre fait la part belle aux affrontements et à la conquête de l’Europe, pourtant il est totalement possible de jouer dans son coin sans approcher les autres joueurs, puisque les triomphes sont très variés. Il est donc envisageable de développer sa civilisation dans son coin mais l’ennemi n’étant jamais bien loin, il lui sera possible de venir déranger nos plans en mettant son grain de sel.

Les triomphes de fin de partie. Un critère pour chaque aspect de notre nation, la guerre en double.

Le facteur chance est très limité. Déjà il n’y a aucun dé, les seules cartes que l’on pioche sont celles des Rencontres et de Combat. Les missions de début de partie ne sont pas obligatoires et peuvent orienter le style de jeu, au moins au début. Petit bémol cependant, les factions et plateaux d’actions étant généralement tirés au hasard, certaines combinaisons peuvent se montrer plus efficaces que d’autres, mais ce n’est en rien une fatalité puisque tout l’intérêt va résider dans le fait de faire de son mieux avec les éléments à disposition.

Le fait de choisir une zone d’actions différente à chaque fois oblige à réfléchir sur plusieurs tours. Ceux-ci sont très fluides puisque rapidement exécutés. Hop, je déplace puis je fais une amélioration. Ou bien, je produis puis j’enrôle. Voire, j’achète des ressources et je finis mon tour. Les joueurs ont largement le temps de réfléchir pendant que les autres agissent, même si changer de plan à cause d’un autre joueur arrivera fréquemment, comme dans tout jeu de ce type.

Les figurines sont superbes et très détaillées, les mechas possèdent un design différent pour chaque faction, et comme cela ne suffisait pas, des easter eggs sont disséminés sur la carte (le Père Noël, Nessy, Thor, etc). Graphiquement rien à redire. Les cartes Rencontres sont l’occasion d’en découvrir plus sur la vie quotidienne des habitants de cet univers par le biais de saynètes.

Le nombre de combinaisons Faction + Actions n’est pas tant élevé et les débuts de partie pourront se ressembler, mais même en ayant une combinaison identique d’une partie à l’autre il est possible de jouer différemment. De plus, le jeu possède 2 extensions, la première ajoutant deux factions très différentes des autres, la seconde offrant la possibilité de piloter des navires volants et offre des conditions de fin de partie alternatives. De quoi renouveler l’intérêt d’un jeu qui n’en avait pas besoin pour fonctionner. Une version agrandie de la carte existe également, qui prend bien plus de place mais permet une meilleure lisibilité, surtout à 7 joueurs.

Il a gagné l’As d’Or et ce n’est pas le seul prix qu’il a remporté. D’une réputation qui n’est plus à faire, doté d’un gameplay simple mais efficace rendant les parties fluides, et se déroulant dans un monde immersif grâce à ses graphismes et son ambiance, Scythe est un incontournable du genre. Son seul défaut pourrait venir d’un manque d’équilibre de certaines combinaisons par rapport à d’autres, mais ce serait chercher la petite bête puisqu’il faudrait des dizaines (voire plus) de parties pour que cela soit visible.

Note: 18/20

Par Flippy Who

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net