octobre 28, 2020

Ghostland – Poupées de Sang

De : Pascal Laugier

Avec Crystal Reed, Anastasia Phillips, Emilia Jones, Mylène Farmer

Année : 2018

Pays : France, Canada

Genre : Horreur

Résumé :

Suite au décès de sa tante, Pauline et ses deux filles héritent d’une maison. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque.
Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des évènements étranges vont alors commencer à se produire…

Avis :

Pascal Laugier est un réalisateur français qui a cette tendance à marquer fortement les esprits. Naviguant dans le cinéma de genre, il faut dire qu’il n’y est pas allé de main morte, car si son premier film, « Saint Ange« , s’avère être un honorable petit film d’horreur, Laugier a bousculé tout le monde avec son second film, le fascinant « Martyrs« .

Depuis ce deuxième film, Laugier est parti aux Etats-Unis, comme quelques autres venant du cinéma de genre. Là-bas, il nous a offert en 2012, « The secret« , un petit thriller sympa, mais qui reste une déception. Depuis, on n’avait plus vraiment de nouvelles du réalisateur, si ce n’est par la voie de « City Of Love« , clip fascinant qu’il a mis en scène pour Mylène Farmer.

Et en parlant de Mylène Farmer, c’est avec elle que le réalisateur nous revient cette année pour « Ghostland« , film qui avait secoué les spectateurs du dernier festival de Gérardmer.

Écrit par Pascal Laugier lui-même, « Ghostland » s’avère être un bon film d’épouvante, à la fois original et poétiquement flippant. Sorte de grand requiem fantasmagorique, Pascal Laugier nous plonge littéralement dans un sombre cauchemar, aussi malsain qu’il est fascinant. Et si l’on quitte le film avec une petite sensation de rester sur sa faim, il n’en demeure pas moins que le moment passé fut très bon. Bref, la petite pépite horrifique et malfaisante de la semaine, c’est celle-ci.

Pauline et ses deux filles viennent d’hériter d’une vieille maison quelque part au fin fond des États-Unis. La nuit de leur emménagement, deux inconnus débarquent et agressent violemment les trois femmes. Pauline se bat pour défendre ses filles.

Bien des années plus tard, Beth, la plus jeune, est devenu un écrivain célèbre. Son dernier livre, plus que personnel, raconte justement cette nuit d’horreur. Un soir, elle reçoit un coup de téléphone de sa sœur, restée avec sa mère dans la maison. La jeune femme est toujours traumatisée par cette nuit-là. Beth, inquiète, revient à la maison « familiale » et dès lors, des évènements étranges commencent à se produire.

Envie d’une histoire originale et surprenante, doublée d’un film immersif, alors ne cherchez plus, car le quatrième long-métrage de Pascal Laugier vient d’arriver dans nos salles et il vaut amplement qu’on s’y arrête.

« Ghostland« , c’est une aventure qui happe et ne nous lâche jamais. C’est un film qui nous emporte entre réalité et imaginaire, pour mieux nous tenir en tension.

Original dans son développement, voire même très surprenant sur certains de ses éléments et retournements de situation, on sera étonné de la tournure que prend ce drame. Le scénario est un petit bijou, qui ne cesse de se réinventer au fur et à mesure, ce qui fait qu’on reste attentif aux détails, surtout que le réalisateur a tendance à s’amuser avec nous. Il s’amuse avec nos habitudes, ce que l’on croit savoir, ce que l’on sait et ce dont on ne se doute même pas.

Intelligemment construit, « Ghostland » tiendra la route jusqu’au bout de lui-même. « Ghostland » ira même jusqu’à rappeler « Saint Ange » pour son côté mystérieux et « Martyrs » pour son jusqu’au boutisme. Et finalement, dans son intrigue, le seul petit « hic » qui vient amoindrir l’effet, c’est son final qui, même s’il reste bon, a tendance à nous laisser sur notre faim. En fait, le défaut de « Ghostland« , c’est qu’il est bon, trop bon et ce final arrive bien trop vite. On aurait adoré en avoir plus, grappiller quelques minutes, pour que finalement, ce cauchemar, aussi dur que poétique, ne s’arrête pas.

« Ghostland« , c’est aussi une ambiance qui a quelque chose de fantasmagorique. Une fantasmagorie violente, souvent crue, mais jamais gratuite, car elle sert toujours l’intrigue.

Si le film est riche et original dans son scénario, il l’est aussi dans sa mise en scène (puissante), dans ses décors, ses couleurs, bref son univers. Bien sûr, on pense à d’autres films, les clins d’œil et autres références sont là, mais Pascal Laugier ne s’enferme pas dans l’hommage à outrance. Non, il arrive à créer un film qui a aussi son univers, sa richesse, son histoire. Et ça, même s’il n’est pas parfait non plus. Oui, on reprochera à Pascal Laugier de jouer trop facilement avec des jumpscare, dont certains tombent à l’eau, tant ils sont courus d’avance.

Enfin, ce retour de Pascal Laugier, c’est aussi une curiosité, puisque le cinéaste a été cherché Mylène Farmer, qui n’avait plus tourné depuis son unique rôle dans le « Giorgino » de son complice Laurent Boutenant en 1994 et c’est une très jolie surprise, car la chanteuse, en plus d’être bonne actrice, trouve parfaitement sa place dans cet univers qu’on dirait fait pour elle. Et au milieu de ce cauchemar, Mylène (pour les intimes), envoûte de par sa douceur. Notons que le film est tenu par quatre actrices impeccables, qui donnent toutes à leurs manières une certaine profondeur à l’ensemble.

Ce quatrième essai pour Pascal Laugier est un excellent cru. On est happé par ce cauchemar, on reste en pression devant cette mise en scène qui ne fait que monter crescendo. On adore cette « aventure » qui se loge entre la réalité et la fiction. Bref, avec ce film, Pascal Laugier démontre encore une fois tout le bien qu’on pensait de lui et l’on se languit déjà de sa prochaine proposition.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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