octobre 27, 2020

Housebound

De : Gerard Johnstone

Avec Morgana O’Reilly, Rima Te Wiata, Glen-Paul Waru, Cameron Rhodes

Année : 2015

Pays : Nouvelle-Zélande

Genre : Horreur, Comédie

Résumé :

Une cambrioleuse à la petite semaine est assignée au domicile parental pour purger sa peine. Mais cette demeure en apparence tranquille se révèle habitée par un (des ?) curieux invité(s)…

Avis :

La comédie horrifique est un genre à part entière qu’il est très difficile de réussir. La raison est toute simple, il faut savoir trouver un juste équilibre entre la comédie, et donc rendre son film drôle, avec l’horreur, et donc susciter l’angoisse dans certains moments clés du métrage. Si on a notre lot de nanars qui n’ont jamais réussi à trouver la bonne recette, on a aussi nos petites pépites, ces films à la fois drôles et gores, que l’on retrouve avec plaisir. On peut citer en vrac Braindead de Peter Jackson, ou même son Bad Taste. On peut parler de Black Sheep ou encore de Vampires en Toute Intimité, qui sont aussi deux comédies horrifiques très réussies. Et entre tous ces films cités, il y a un point commun, la Nouvelle-Zélande. On pourrait croire que la patrie de Peter Jackson s’est spécialisée dans ce genre, et ce n’est pas Housebound, premier film de Gerard Johnstone, qui nous fera dire le contraire.

Car oui, là aussi nous sommes face à une comédie horrifique néo-zélandaise, qui lorgne du côté du film de fantôme avant de basculer progressivement vers le thriller psychologique et même le slasher. Avec Housebound, Gerard Johnstone montre tout son talent de mise en scène, mais surtout sa volonté de bousculer les codes pour faire quelque chose de drôle, mais aussi et surtout d’effrayant. Le scénario est assez simple dans ses grandes lignes. Kelly est une petite cambrioleuse qui va rater son coup auprès d’un distributeur automatique de billets. Elle est alors assignée à rester huit mois chez sa mère, une personne naïve et douce, qu’elle déteste profondément. Sauf que la maison de sa mère, elle en a peur car elle fait des bruits et certains phénomènes étranges se produisent. Manque de bol, la personne qui doit surveiller Kelly est un amateur de chasse aux fantômes et il va tout faire pour résoudre ce mystère. Bref, qu’on se le dise, on pourrait croire que Housebound est un énième film de fantôme dans une baraque et que le réalisateur à rajouter des situations cocasses par-dessus. Mais il n’en est rien.

Si le déroulement est assez linéaire, le film va se faire très efficace dans les deux parties qu’il aborde. La partie comédie tout d’abord est assez intéressante car elle est drôle, mais surtout touchante. Le fait que Kelly doive retourner vivre chez sa mère va montrer l’évolution de la jeune femme, qui ne fait tout d’abord rien dans la maison, mais qui, petit à petit, à cause des phénomènes qui se passent dans la demeure, va mettre du sien, jusqu’à renouer certains liens. Là-dessus, le film va longtemps s’appesantir pour bien mettre en avant une relation conflictuelle où la mère va tenter de raisonner sa fille sans pour autant la bousculer. Ce portrait est assez touchant tout en étant étrange, car l’ambiance est assez lugubre. La maison fait délabrée, elle est grande, toute dégingandée, et le filtre jaunâtre que va utiliser le réalisateur fait son petit effet vieillissant, voire même pourrissant. Bien évidemment, cette maison va avoir un rôle très important dans le film et son architecture est intéressante. De ce fait, entre l’ambiance lugubre et les interactions drôles, on obtient quelque chose d’inédit, mais qui tient parfaitement la route.

Cette ambiance va être renforcée par une galerie de personnages très marqués. On pourra donc citer l’héroïne, une jeune fille badass, que l’on va détester tout au long du film, mais qui devient touchante sur la fin. Mais ce n’est pas le seul personnage intéressant. Entre le psychologue mollasson, l’agent de sécurité passionné de fantômes ou encore le voisin qui n’inspire aucune confiance, les personnages ne sont pas lisses et ils ont tous leur part d’ombre. Alors bien évidemment, pour parfaire ces différents portraits, le film va être un peu plus long que la moyenne, et s’approche des deux heures, mais c’est ce qu’il faut si l’on veut ressentir quelque chose pour les protagonistes et donc se sentir investi dans le film. Et si en plus le film est doté d’une jolie réalisation, alors c’est parfait. Il est vrai que Housebound pourrait être perfectible et que si certains pensaient voir un vrai film d’horreur, ils seront forcément déçus. Mais dans sa globalité, c’est un film relativement chouette.

D’autant plus que les effets gores seront bien présents. Le film ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de mettre en place des situations dégueulasses ou des moments qui font très mal. Un peu à la Sam Raimi, beaucoup de choses passent par la bouche (ce qui donnera une situation relativement gênante mais hilarante) et Gerard Johnstone n’hésite pas à rentrer dans le lard. Il faut croire d’ailleurs que c’est l’apanage des comédies horrifiques néo-zélandaises et on voit bien tout l’héritage de Peter Jackson. Sans compter qu’en plus de cela, le film est aussi efficace dans ses moments de trouille, notamment lors de la découverte de la nature même de la maison, ou encore au détour d’une course-poursuite entre les murs de cette baraque. Bref, là encore, l’équilibre est trouvé et certains passages sont très bien foutus. Tout comme les acteurs qui sont investis dans leurs rôles respectifs.

Au final, Housebound est une belle réussite, même si on retrouve quelques scories qui sont inhérentes à un premier film. Comédie horrifique parfaitement dosée, ce nouveau film néo-zélandais peut aussi se targuer d’être touchant dans la relation mère/fille, trouvant le temps d’approfondir les personnages, leur donnant du fond et une belle évolution. Bref, il est un peu dommage que le film ne soit pas sorti sur grand écran et doive se contenter d’une sortie DVD sur notre sol.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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