octobre 24, 2020

The Ministers

De : Franc. Reyes

Avec John Leguizamo, Harvey Keitel, Florencia Lozano, Diane Venora

Année : 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

Alberto Santana, détective, est froidement assassiné sous les yeux de sa femme et de sa fille, Céleste. Le seul indice laissé par le tueur est un énigmatique livret rédigé par un groupuscule religieux nommé The Ministers.
Treize ans plus tard. Céleste est devenue inspectrice à la police de New York. Des meurtres de truands et de trafiquants de drogue sont perpétrés selon le même mode opératoire. Céleste et Joe, l’ex-équipier de son père, sont chargés de l’enquête. Le groupuscule semble avoir repris son terrible office. Mais quel est le lien entre ces crimes et le meurtre commis treize ans plus tôt ? Et comment Céleste va-t-elle pouvoir mener l’enquête, alors qu’elle tombe amoureuse de l’un des membres du groupe ?

Avis :

Harvey Keitel est une icône du septième art. Véritable gueule du cinéma, il possède une filmographie impressionnante, allant du tout premier Scorsese en 1967 avec Who’s That Knocking at my Door à Taxi Driver, du sublime les Duellistes de Ridley Scott au sulfureux Bad Lieutenant d’Abel Ferrara. Il a tourné pour les plus grands et il illumine l’écran dès qu’il apparait, malgré parfois des rôles redondants de flics plus ou moins ripoux. Le problème, c’est que parfois, à trop vouloir en faire, on finit par tourner dans des navets ou des nanars. Un peu à la Nicolas Cage mais dans une moindre mesure, Harvey Keitel s’est parfois fourvoyé dans des projets complètement foireux. Et The Ministers est là pour en attester.

Réalisé par Franc. Reyes dont la filmographie ne vend pas du rêve malgré un acteur fétiche en la présence de John Leguizamo, The Ministers est un film policier lorgnant vers le thriller latin. On va y suivre une jeune femme qui veut mener l’enquête autour de deux frères criminels, dévots de Dieu, qui ont tué son père durant sa jeunesse et qui viennent de récidiver quelques années plus tard. Alors coéquipière avec Joseph Bruno (Harvey Keitel), ancien acolyte de son père, elle va essayer de remonter la piste des criminels. Mais entre des flics ripoux, deux tueurs introuvables et la loi de la rue avec les trafics de drogue, difficile de démêler le vrai du faux. Bref, The Ministers utilise tous les poncifs du genre et  n’hésite pas à bouffer à tous les râteliers. Le problème, c’est que malgré sa faible durée, le film ne tient pas vraiment la route, que ce soit dans le domaine du policier ou dans sa romance improbable.

Le principal défaut de ce film est son scénario relativement faiblard. Il y a un meurtre, une enquête est ouverte, on va mélanger ça avec une histoire de drogue dans l’espoir d’épaissir l’intrigue, mais rien n’y fait, car tout est amené avec grossièreté et un montage qui ne laisse aucune place au doute. Pourtant, l’idée de base aurait pu être sympathique. Une histoire de deux frères jumeaux qui décident de mener une vengeance sous couvert de la foi en Dieu, histoire de montrer que l’on peut justifier n’importe quoi avec la religion. Mais le message ne passe pas vraiment, le réalisateur ne parvient jamais à apporter du fond à son histoire, et il n’y aura aucune critique envers la religion ou les croyants extrémistes. D’autant plus que l’histoire du cartel avec les flics infiltrés n’apporte absolument rien,  si ce n’est une volonté de rajouter des choses pour que le film puisse au moins durer un peu plus longtemps (et il n’est pas bien long, moins d’une heure et demi).

Outre le fait que le script soit bancal, les relations entre les personnages le sont tout autant. L’héroïne de l’histoire va rapidement tomber amoureuse (d’un des deux méchants, tant qu’à faire), mais son histoire n’est pas assez étouffée pour que l’on ressente de l’empathie pour elle. Tout va très vite, les relations sont étranges et parfois hors de propos. Comme ce pauvre Harvey Keitel qui est amoureux de la femme de son ex-coéquipier et qui semble surjouer en permanence dans l’espoir de la conquérir. Et puis on rentre parfois dans les clichés propres aux latino-américains. Les cartels sont nombreux, il y a une entraide particulière entre protagonistes de même origine, les flics ripoux sont en fait de grands méchants qui veulent leur part du gâteau, etc… Bref, il n’y a rien de bien folichon à se mettre sous la dent. Rajoutons que le film est très bavard et que la fin est téléphonée et on a le pompon de ce qu’il ne faut pas faire.

Enfin, au niveau de la réalisation, on peut dire que Franc. Reyes est complètement aux fraises. Non pas que cela soit catastrophique, mais encore une fois, on a l’impression de voir un film des années 90. Que ce soit le montage, à la serpe, les flashbacks au ralenti avec un filtre pour bien t’expliquer que ça se passe avant, les autres ralentis sur la fin pour faire monter la tension, bref, rien n’est neuf et le film sent réellement la naphtaline. D’autant plus que tout baigne dans une sorte de couleur jaune/orangée très désagréable, pour rajouter de la chaleur, mais cela ne marche jamais vraiment. Alors certes, tout n’est pas à jeter dans ce film et John Leguizamo fait le taf, mais il manque beaucoup trop de choses pour en faire quelque chose d’intéressant.

Au final, The Ministers est un film très décevant, surtout quand on connait les qualités des deux acteurs principaux. Le métrage manque cruellement de profondeur et se contente du minimum syndical pour raconter une histoire déjà vue maintes et maintes fois. Les relations entre les personnages sont trop rapides, le fond du film n’est pas réellement passionnant et du coup, on s’ennuie ferme devant un film qui n’a rien à raconter. Bref, un film qui passera inaperçu dans la filmographie d’Harvey Keitel et c’est tant mieux.

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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