octobre 24, 2020

La Femme à la Fenêtre – A.J. Finn

Auteur : A.J. Finn

Editeur : Presses de la Cité

Genre : Thriller

Résumé :

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?
Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bétabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russel – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d’emménager en face. Un soir, Anna est témoin d’un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ?

Avis :

Le monde du thriller en littérature est un monde où l’on trouve énormément d’auteurs et certains sont des cadors du genre. On pense immédiatement à Maxime Chattam, Franck Thilliez pour la France, ou encore à Dan Brown et ses thrillers ésotériques. Bref, c’est un genre très dynamique et qui propose très souvent de nouveaux romans. C’est aussi un genre qui se vend très bien et dont les premiers ouvrages sont rapidement mis en avant. La preuve en est avec La Femme à la Fenêtre d’A.J. Finn. Il s’agit du premier roman de cet auteur américain et il a très vite fait fureur. N°1 des ventes aux Etats-Unis et en Angleterre dès sa sortie, traduit dans plus de 38 langues, déjà en cours d’adaptation par la Fox, les choses semblent s’unir pour dire que ce roman vaut vraiment le détour. Mais est-ce vraiment le cas ? Ne sommes-nous pas en présence d’une campagne marketing un peu trop poussée ?

L’histoire de ce roman est à la frontière du thriller psychologique et du roman policier sous forme de huis-clos. On suivre la vie d’Anna Fox, un pédopsychiatre qui souffre d’agoraphobie depuis sa séparation avec son mari qui semble avoir la garde de leur fille. Ne pouvant sortir de chez elle, elle va observer le monde autour de son quartier. Et elle va être témoin d’un meurtre. Du moins le pense-t-elle, car tous les gens autour d’elle sont sceptiques, la jeune femme ayant un fort penchant pour le merlot et les médicaments. Et c’est là toute la base de cet ouvrage qui va constamment tenter de brouiller les pistes pour faire mentir cette pauvre Anna. Le livre joue sur les perceptions de cette femme qui a perdu sa famille, qui vit seule et recluse dans une grande maison dont seul le sous-sol est habité par un colocataire peu gênant. A-t-elle eu une hallucination ? Le meurtre a-t-il vraiment eu lieu ? Bref, le roman est assez habile là-dessus, arrivant à faire douter le lecteur.

L’autre point fort de ce roman, c’est sa narration. Le livre est raconté à la première personne, c’est Anna qui nous raconte ce qu’elle voit, ce qu’elle ressent. De ce fait, nous sommes confrontés à son ressenti, à ce qu’elle perçoit vraiment et il va être compliqué de mettre en doute cela. Ainsi, en opérant comme cela, A.J. Finn va brouiller les pistes, brouiller nos sensations et on sera autant perdu que l’héroïne de cette histoire. Le seule défaut qu’il y a avec ce choix de narration, c’est que l’on sait pertinemment qu’elle va s’en sortir, que sa vie ne sera pas en danger, car sinon, comment aurait-elle pu écrire ce journal. Car oui, La Femme à la Fenêtre est écrit comme une sorte de journal intime, les chapitres étant marqués par les jours de la semaine, racontant ce qu’elle fait et voit chaque jour qui passe. Cela annihile un peu toute tension autour de la vie du personnage. Une vie qui sera mise en danger sur la fin, mais pour laquelle on n’aura absolument pas peur.

Et c’est dommage pour un thriller qui mise toute sa tension sur un final dantesque et relativement apeurant. Si la narration avait été faite à la troisième personne, il y a fort à parier que cela aurait été plus efficace. En l’état, on reste dans quelque chose de très classique, mais surtout de très hollywoodien. Il n’y a d’ailleurs pas de surprise à ce que la Fox souhaite récupérer les droits pour en faire un film, car tout correspond à un thriller à tendance huis-clos que pourrait nous servir Hollywood. Cependant, l’écriture d’A.J. Finn est assez habile et on ne s’ennuie pas une seule minute en lisant ce roman. Le rythme est relevé, les personnages sont plutôt intéressants et le twist final, qui révèle la vérité, est assez plaisant, voire inattendu, même si on a déjà vu cela plusieurs fois. La vraie force de La Femme à la Fenêtre, c’est de présenter un personnage central attachant, cachant un lourd secret et qui va se dévoiler au fur et à mesure de l’intrigue. Le message est clair, si elle veut obtenir la vérité, il va falloir dépasser ses peurs, et donc son agoraphobie. Un travail assez habile, intelligemment mené, mais de là à en faire tout un plat avec une telle campagne marketing, c’est un peu fort.

Au final, La Femme à la Fenêtre est un thriller psychologique lorgnant vers le huis-clos plutôt bon. Le personnage central est réussi, les seconds rôles sont suffisamment diversifiés pour ne pas permettre à l’ennui de s’installer et les multiples références au cinéma sont plaisantes. Il s’agit donc d’un bon roman, qui se lit très vite et qui a une histoire assez originale. Par contre, est-ce que cela vaut toute la campagne marketing faite autour ? Non, car cela ne révolutionne pas le genre, même si c’est bien.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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