Bad Grandpa

Titre Original : Jackass Presents : Bad Grandpa

De: Jeff Tremaine

Avec Johnny Knoxville, Jackson Nicoll, Greg Harris, Georgina Cates

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Le vieil Irving Zisman, quatre-vingt-six ans, parcourt les Etats-Unis avec un improbable compagnon : son petit-fils de huit ans, Billy.

Avis :

En 1999, la chaîne MTv, qui propose déjà des émissions au ras des pâquerettes et qui n’a plus grand-chose à voir la musique, va lancer une nouvelle émission qui va faire beaucoup de bruit, Jackass. Si la série propose de voir quelques débiles en train de faire des cascades dangereuses ou des farces parfois dégueulasses, elle va pouvoir être considérée comme la première émission à n’avoir aucune autre volonté que de faire rire. Certes, la plupart des blagues sont dangereuses ou à tendance scatologiques, mais elles sont drôles et c’est ainsi que Jackass est devenu un véritable phénomène. A un tel point que la série va durer trois saisons, que certains des personnages de Jackass vont faire du cinéma et qu’il va y avoir pas moins de quatre films dérivés de la série. Bien évidemment, il va y avoir la trilogie Jackass, mais aussi et surtout Bad Grandpa qui est sorti en 2013. Sorte de comédie moitié fictive et moitié en caméra cachée, on pourrait croire que les membres de Jackass n’avait plus grand-chose à montrer. C’est bien mal les connaître.

Car derrière les facéties complètement idiotes et crapuleuses, Jackass est avant tout une boîte à idées et un terrain d’essais à bien des conneries. Pour faire ce film, Johnny Knoxville, le leader de la bande et unique représentant sur Bad Grandpa, va se grimer en vieillard qui doit amener son petit-fils chez son père car sa mère part en prison pour trafic de drogues. Durant ce road trip, grand-père et petit-fils, qui ne pouvaient pas se voir jusqu’à présent, vont apprendre à se connaître et à s’aimer. Alors oui, le pitch de départ est archi connu et ne réservera aucune surprise. D’ailleurs cette partie fiction sera bien maigre et ne donnera lieu qu’à des gags auprès de personnes qui seront surprises par le déroulement de certaines choses. Et c’est là que le film réussit le mieux son pari, surprendre les gens avec des situations cocasses, parfois improbables, et montrer leurs réactions, parfois totalement hors de propos.

Du coup, c’est clairement dans les moments « caméra cachée » que le film dévoile complètement sa saveur. De son départ tonitruant dans une salle de médecin annonçant la mort de la femme du vieil homme à son final gargantuesque autour d’une élection de mini miss, Bad Grandpa fait rire, mais il fait rire de façon intelligente, même si parfois on va très loin dans le délire. Cependant, plusieurs choses se font remarquer quand on regarde ce film et il pourrait presque se voir comme une étude sociologique des Etats-Unis face à un vieil homme que rien n’arrête. Le premier exemple est l’aide en personne en danger. Au début du film, le vieil homme se coince le sexe dans un distributeur de sodas. Le problème, c’est que personne, absolument personne ne vient l’aider car ça concerne son pénis. C’est presque triste à voir, notamment lorsque certaines personnes se barrent en riant, mais l’ensemble est tellement bon enfant, que le rire est forcément présent. Johnny Knoxville s’en donne à cœur joie, en tirant sur ce sexe en plastique. Par la suite, on verra d’autres passages qui témoignent de l’incrédulité de certaines personnes, comme ces femmes de la poste qui sont prêtes à envoyer un humain par colis. On sera aussi surpris par les réactions de certaines personnes prêtes à casser la gueule à un vieillard pour une mascotte de restaurant détruite (ici, un pingouin tout dégueulasse). Bref, le film peut se voir comme un œil assez incisif sur la population américaine.

Et le plus drôle dans tout ça, c’est que plus les gens rentrent dans le jeu du vieil Irving, plus Johnny Knoxville va pousser le bouchon très loin. A contrario, là où l’on rencontre des personnes qui font preuve d’un très bon second degré, l’acteur laissera vite tomber, se focalisant vraiment sur les gens gênés ou sur les débiles indécrottables. Dans ce film, il y a aussi, comme d’habitude dans Jackass, des cascades qui feront leur petit effet. Le coup du manège qui brise la vitrine d’un magasin est à hurler de rire, tout comme lorsque l’enfant casse un pied de chaise en plastique pour faire tomber le vieillard. C’est toujours aussi bas du front, mais c’est drôle, surtout quand on regarde les réactions des personnes autour. Des réactions encore une fois assez significatives, comme lors du concours Mini Miss, où l’équipe du film met en évidence la véritable forme de ce genre de concours (à savoir fabriquer des nunuches superficielles qui finiront dans un strip-bar) ou encore l’hyper sexualisation des hommes dans un bar pour femmes black. Bref, derrière ces atours de comédie potache, Bad Grandpa se révèle bien plus intelligent qu’il n’y parait.

Au final, Bad Grandpa est un film très intéressant mais aussi et surtout très drôle. Un peu à la manière d’un Sacha Baron Cohen, tout en allant plus loin dans la grivoiserie, Johnny Knoxville et Jeff Tremaine se posent comme des observateurs des mœurs américaines et s’amusent à montrer des réactions souvent démesurées ou complètement hors de propos, même quand il s’agit de sauver une personne en danger. Si le fil rouge du film se veut touchant (le jeune Jackson Nicoll est très bon), il reste le point faible du film, car il est trop téléphoné et même s’il donne du liant entre les blagues, c’est très factice. Néanmoins, nous sommes face à une jolie réussite, subversive, acide et drôle.

Note : 15/20

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Par AqME

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