Machine Head – Catharsis

Avis :

Parmi les gros groupes américains qui ont une véritable influence dans le monde du métal, on peut aisément citer Machine Head. Si les débuts dans les années 90 ont été compliqués pour la formation dans son propre pays, c’est vraiment en Europe que tout commence pour eux. Par la suite, grâce au charisme et à la grande gueule de Robb Flynn, le leader du groupe, Machine Head a conquis les cœurs, oscillant constamment entre plusieurs genres comme le Trash, le métal progressifs ou encore le Death. Néanmoins, depuis quelques temps, Machine Head a très mauvaise presse. Il faut dire que le chanteur n’a pas été tendre avec les critiques et qu’il s’est mis beaucoup de monde à dos. Il faut dire aussi que le groupe a souvent tendance à aller dans le sens du vent, le chanteur voulant à chaque surfer sur les succès des autres et donc empruntant des styles qui marchent, quitte à faire des albums complètement différents les uns des autres. Et ça, les fans apprécient moyennement. Mais finalement, qui a raison ? Robb Flynn et son groupe de proposer des choses différentes et de se faire plaisir ou les fans et leurs principes souvent extrêmes et stupides ? Là est la question, et Catharsis, le neuvième album studio du groupe ne va pas mettre tout le monde d’accord.

Le skeud débute avec Volatile et dès le départ, les gens ne vont pas se mettre d’accord. Il faut dire que Robb Flynn n’a pas sa langue dans sa poche et il entame son album par un très joli et soyeux « Fuck the World » qui peut sembler puéril à tous les bienpensants du métal, ceux qui écoutent du prog en buvant un petit thé. Mais difficile de ne pas y voir ici toute une colère qu’il doit dégager à cause d’un monde qui part à la dérive à cause des guerres et des injustices. Les riffs sont brutaux, le solo est maîtrisé et même si ça ressemble beaucoup à du Slipknot, l’énergie est bien présente et l’ensemble demeure très bien produit. D’ailleurs, on a de suite envie de balancer sa tête dans tous les sens et de hurler les « break it, smash it put it into the ground » à tue-tête. Bref, si ce n’est pas vraiment innovant, ça reste ultra efficace et c’est tout ce que l’on demande. Et des morceaux comme celui-ci, l’album en est rempli, avec notamment l’excellent Beyond the Pale ou encore Psychotic ou bien Grind you Down. Des titres taillés à la serpe, virulents, violents, mais qui font le taf et donne envie de sauter de partout avec des riffs graves et une rythmique effrénée. Cela ne plaira pas à tout le monde, notamment ceux qui veulent du métal prog avec des structures plus complexes.

Le groupe va alors fournir des titres assez divers et variés et plus ou moins réussis. Car même si Catharsis est une réussite (attention, cet avis est purement subjectif), certaines plages sont moins intéressantes que d’autres. Parmi les moins réussis, on peut citer le titre California Bleeding, qui ne reste pas en tête et qui est beaucoup trop simpliste. On peut aussi parler de Screaming at the Sun, un autre morceau « fast food », qui se consomme vite et qui finit vite aux oubliettes malheureusement. Mais il faut dire que l’album contient pas moins de 15 titres pour plus d’une heure et quart d’écoute, ce qui en fait un album très généreux, et parfois un peu trop. Mais ne soyons pas bégueule, et voyons ce qu’il nous reste à manger dans cet album. Car avec Catharsis, le groupe essaye d’alterner les chants gutturaux avec du chant clair, mais aussi de faire des titres plus doux et même en acoustiques. Là aussi, les fans ont les cheveux qui se hérissent sur le crâne, mais on s’en fout pas mal. Avec Behind a Mask, le groupe tente autre chose, fournit une jolie pièce acoustique qui rentrera rapidement dans la tête et qui permet de souffler un peu entre deux riffs bien gras. On pourra aussi se réjouir de Kaleidoscope, malgré un début de voix pas terrible, mais qui se révèle efficace et rentre immédiatement en tête. Avec Bastards, le constat est plus en demi-teinte, notamment à cause d’une mauvaise gestion du rythme et de la voix. Cependant, Robb Flynn se rattrape avec des morceaux comme Triple Beam où il ressort un chant presque rappé qui s’accorde parfaitement avec le style de Machine Head. Bref, comme on peut le voir, Catharsis est un album complet et très varié, qui peut aussi prendre des allures de compilation, ce qui ne plait pas non plus aux puristes du genre.

Au final, Catharsis, le dernier album de Machine Head, est, à mon sens, une belle réussite et un joli doigt d’honneur à tous les râleurs qui prennent pour argent comptant les propos de Robb Flynn, voulant à tout prix lui casser du sucre sur le dos. Avec ce neuvième album, le groupe offre quelque chose de généreux, de complet, de varié et de maîtrisé du début à la fin, malgré quelques fausses notes. Mais des albums aussi long et dense, dans le monde du métal, c’est rare et pour une fois, on ne va pas faire la grise mine. Bref, Machine Head essaye, se réapproprie, copie parfois, surprend beaucoup, et c’est tant mieux.

  1. Volatile
  2. Catharsis
  3. Beyond the Pale
  4. California Bleeding
  5. Triple Beam
  6. Kaleidoscope
  7. Bastards
  8. Hope Begets Hope
  9. Screaming at the Sun
  10. Behind a Mask
  11. Heavy Lies the Crown
  12. Psychotic
  13. Grind you Down
  14. Razorblade Smile
  15. Eulogy

Note : 18/20

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Par AqME

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