octobre 27, 2020

Robinson Crusoë

De : Vincent Kesteloot

Avec les Voix de Matthias Schweighöfer, Kaya Yanar, Dieter Hallervorden, Ilka Bessin

Année : 2016

Pays : Belgique, France

Genre : Animation

Résumé :

Mardi, un jeune perroquet, vit sur une île paradisiaque avec d’autres animaux. Il rêve de quitter son île pour découvrir le reste du monde. Après une violente tempête, Mardi et ses amis font la découverte d’une étrange créature sur la plage : Robinson Crusoë. Les animaux de l’île vont devoir apprivoiser ce nouvel arrivant ! C’est pour Mardi l’occasion de vivre une extraordinaire aventure et peut-être de quitter son île !

Avis :

Le monde de l’animation est partagé entre deux grands studios. D’un côté Disney/Pixar qui est le maître incontesté, et de l’autre Dreamworks qui essaye de survivre tant bien que mal. Et si parfois l’originalité de ces deux boîtes à rêves n’est pas au rendez-vous (on a souvent droit à moult suites pas forcément nécessaire), il existe de petits studios qui produisent de jolis petits dessins animés. On pense bien évidemment aux studios Laika, mais ce ne sont pas les seuls et parfois, des films d’animation venus d’on ne sait où parviennent jusque dans nos salles de cinéma pour offrir un divertissement honnête, loin de tout message redondant ou d’une certaine lobotomie. C’est ainsi qu’est survenu Robinson Crusoe, un film d’animation belge, qui essaye de s’attaquer au roman de Daniel Defoe, qui fut écrit en 1719, tout en y apportant un peu de fraîcheur, de naïveté et de piraterie.

L’histoire s’éloigne volontairement du récit de base. Si on va voir un Robinson Crusoe qui s’échoue sur une île et qui va devoir survivre, il n’est pas complètement seul dans cette aventure. Avec son chien Stanley, il va faire la connaissance d’un groupe d’animaux qui vont l’aider dans sa survie sur l’île. Dès le départ, nous ne sommes pas du tout dans l’adaptation fidèle au roman. De toute façon, cela aurait été un peu stupide, puisque les enfants auxquels est destiné ce film sont clairement incapables de lire le bouquin. Et plutôt que de faire une histoire de survie dure et mature, l’auteur préfère jouer la carte de l’amitié et des animaux. Et c’est assez étrange car on va vite se rendre compte quand on regarde le film que les passages avec les pirates et seulement les humains sont les moins plaisants.

Le début du film est assez laborieux. Le film est en fait un énorme flashback et le point de départ est le sauvetage de Robinson par un pirate ressemblant étrangement à Barbe Noire. A partir de là, c’est Mardi, le perroquet de Robinson, qui va raconter l’histoire à deux petites souris. Malgré le fait que l’animation soit plutôt sympathique, les animations des humains semblent très rigides et assez peu expressifs. C’est d’ailleurs l’un des écueils du film qui n’arrive pas à rendre son départ attachant, la faute à des personnages anecdotiques, parfois mal foutus et dont l’humour est assez poussif. On aura droit aux méchants d’entrée de jeu, à savoir un couple de chats et tous les poncifs du genre vont y passer. Le film va gagner en qualité par la suite, et heureusement. Une fois Robinson sur l’île, les rôles vont étrangement s’inverser entre l’humain et les animaux. En effet, si Stanley le chien dépend complètement de son maître, une fois sur l’île, c’est Robinson qui va avoir besoin de tous les animaux pour l’aider dans sa lourde tâche de survie. Et ce moment-là est beaucoup plus intéressant.

Il est plus intéressant car il permet de voir que le film ne va jamais prendre le spectateur pour un imbécile, petit comme grand, n’appuyant jamais trop fort sur son message. Un message qui peut se comprendre de la manière suivante : sans entraide, on ne survit pas, même si nos espèces sont différentes. On pourrait croire à un pamphlet écolo ou utopiste, mais il n’en est rien et la bonne humeur ambiante du film laisse un sourire hagard lors du visionnage. Alors certes, c’est rempli de poncifs, on aura toujours droit au rigolo de service ou au sceptique, mais l’ensemble est joli et le tout fonctionne assez bien. Si certains personnages ne sont pas assez travaillés, comme le Caméléon ou le Pangolin qui bégaye, il y a suffisamment d’honnêteté dans ce travail pour presque tout pardonner. D’autant plus que le rythme est effréné et que le film propose quelques moments savoureux, qui raviront les petits comme les grands au niveau des gags. Les chats seront aussi de terrifiants méchants dont le design laisse peu de place au doute et la bataille finale s’avère asse épique pour un film à si petit budget. Le seul regret que l’on pourrait avoir c’est que Robinson Crusoe manque d’émotion et que certaines disparitions ne toucheront pas suffisamment. D’autre part, on ne pourra pas craindre pour Mardi le perroquet, puisque c’est lui qui raconte l’histoire et donc on sait qu’il survit à toutes les attaques félines. Bon, ce n’est pas grand-chose, mais on sent que l’ensemble aurait pu être meilleur.

Au final, Robinson Crusoe est un divertissement familial agréable et relativement honnête. Si on est loin de la qualité des cadors du genre au niveau de l’animation ou de l’ambiance générale, on reste tout de même dans un très joli d’animation indépendant et qui fait le taf, c’est-à-dire divertir la famille, apporter un joli message qui n’est pas trop lourd (pour une fois) et faire plaisir à tout le monde. Bref, un petit film sans prétention mais qui a le mérite d’exister et de montrer des talents autre que Disney, Pixar ou Dreamworks.

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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