octobre 29, 2020

Spectral

De : Nic Mathieu

Avec James Badge Dale, Emily Mortimer, Bruce Greenwood, Clayne Crawford

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Fantastique

Résumé :

En Moldavie, une guerre fait rage entre des soldats américains et des indépendantistes. Lorsque des entités mystérieuses et transparentes commencent à décimer l’armée américaine, elle décide d’envoyer son meilleur ingénieur sur place pour trouver des solutions et une réponse à ces apparitions.

Avis :

Netflix est réellement une nouvelle plateforme qui donne un champ libre aux idées et qui attire donc un maximum de nouveaux réalisateurs. Si de nombreux projets sont un peu bancals, il n’en demeure pas moins que la plateforme ose et propose différents films plus ou moins intéressants. Nic Mathieu est un jeune réalisateur français dont Spectral est le premier film. On ne sait donc pas grand-chose sur lui, voire rien du tout, et c’est assez étonnant de le découvrir sur un projet aussi ambitieux que celui-ci. Alors certes, c’est une production Netflix, donc le budget a été plus que limité, mais cela ne se voit pas tant que ça à l’écran et on se retrouve devant un film honnête, fait avec le cœur et qui tente de raconter une histoire qui tient la route. Et si Spectral possède bien des défauts, c’est plutôt des encouragements que l’on a envie de lancer à Nic Mathieu pour un travail propre et une bonne direction artistique.

Pour la petite histoire, avec Spectral, nous allons suivre un ingénieur américain qui va se rendre sur le terrain en Moldavie où la guerre fait rage. Des soldats américains sont décimés par des entités fantomatiques qui les traversent, brûlant leurs organes. L’ingénieur en question va devoir trouver une solution pour éviter un massacre. Le pitch de départ est assez simple et il a le mérite d’être ambitieux. Ambitieux car il traite de la guerre et de ses ravages, et mettre en image la guerre lors d’un premier film, avec peu de budget, c’est très compliqué. Ensuite, le film est ambitieux car il va tenter de mélanger les genres afin d’obtenir un genre assez indescriptible. Film de guerre, film d’horreur, film fantastique, voire même de science-fiction, le réalisateur français ne choisit pas vraiment et bouffe un peu à tous les râteliers. Et c’est peut-être là le plus gros point faible du métrage.

A aucun moment le film ne choisit sa voie et tente de faire une percée dans un genre bien précis. Si être balloté d’un genre à un autre n’est pas forcément désagréable, il faut qu’il y ait un équilibre entre tout ce qui est brassé et dans Spectral, tout est un peu mélangé, n’allant jamais au bout des choses. Le début fait penser à un film d’horreur en pleine guerre avec des fantômes, et très rapidement, le métrage prend le pli d’aller sur le terrain de la guerre avec un élément fantastique. Plus le film avancera et plus nous serons dans un film d’action, jusqu’à devenir un film de science-fiction sur la fin, apportant des réponses à toutes les questions que l’on se posait. Ce melting pot va avoir du mal à trouver une certaine stabilité et aura du mal à ne pas perdre le spectateur. L’autre défaut majeur du film provient des différents rebondissements pour relancer l’intrigue. L’ingénieur en question semble être un petit génie, mais il trouve des réponses à chaque fois dans les moments critiques. Et les moyens mis à disposition semblent être illimités. A titre d’exemple, lorsque le héros découvre la nature des fantômes, il va demander à construire un arsenal et en une nuit, on se retrouve avec un robot, une dizaine de flingues spéciaux, etc… Il n’y a pas vraiment de crédibilité dans tout ça.

Enfin, le dernier petit point noir provient des personnages. Guerre oblige, on se retrouve avec beaucoup de protagonistes mais avec lesquels on ne va pas créer de liens. Les caricatures sont bien présentes, les soldats sont pour la plupart de la chair à canon et on n’aura pas vraiment d’empathie avec tout le monde. Alors certes, le personnage principal est assez attachant car profondément bon, mais on ne saura rien sur sa vie et il aura peu d’épaisseur. Et c’est quasiment la même chose avec tout le monde, si ce n’est encore moins. Et c’est dommage car pour le coup, on ne pourra pas forcément craindre pour les personnages, ne ressentant pas grand-chose pour eux. D’ailleurs, l’une des scènes les plus marquantes du film manque de mordant à cause de ce manque d’empathie.

Cependant, Spectral est loin d’être un navet. Nic Mathieu prouve par bien des aspects qu’il n’est pas un rookie se faisant les armes. La réalisation est très propre et très réussie. Les travellings sont assez doux et permettent de montrer tout le travail qui a été fait sur les décors. Les scènes d’action sont lisibles et certaines séquences sont vraiment iconiques, comme ce passage où le héros explose sa ceinture de grenade de ferraille. Outre le fait que la mise en scène soit bonne, les acteurs sont relativement bien dirigés et notamment James Badge Dale, plutôt dans ce rôle de héros malgré lui. Il n’y a pas vraiment de miscat, si ce n’est Emily Mortimer qui ne trouve pas vraiment sa place dans ce film. Enfin, dernier bon point pour ce film, c’est le rythme. En effet, on ne s’ennuie pas un seul instant dans ce métrage, le réalisateur rebondissant sans cesse sur les situations pour amener de nouvelles séquences d’action ou des gunfights dynamiques. D’ailleurs, le combat final est assez dantesque et cela fait plaisir de voir une telle prise de risque dans un film comme celui-ci. Et de ce fait, malgré un scénario parfois indigent avec un final que l’on pourrait presque qualifier de grotesque, le film s’en sort bien et on passe un bon devant.

Au final, Spectral est un film qui souffle le chaud et le froid mais qui possède un fort capital sympathie. Oscillant constamment entre plusieurs genres, on pourrait regretter que le film ne possède pas une ambiance bien définie et donc plus prégnante. Mais en l’état, devant la générosité de son réalisateur et son honnêteté, on ne peut qu’approuver ce genre de démarche qui démocratise le film de genre, tout en essayant de lui insuffler un vent nouveau, s’éloignant volontairement des codes du genre. Bref, si Spectral ne révolutionne en rien le cinéma ni son propre genre, il n’en demeure pas moins un film agréable et parfois surprenant.

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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