Mysterious Skin

De : Gregg Araki

Avec Brady Corbet, Joseph Gordon-Levitt, Elisabeth Shue, Michelle Trachtenberg

Année : 2004

Pays : Etats-Unis, Pays-Bas

Genre : Drame

Résumé :

A huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Sa vie change complètement après cet incident : peur du noir, cauchemars, évanouissements…
Dix ans plus tard, il est certain d’avoir été enlevé par des extraterrestres et pense que seul Neil Mc Cormick pourrait avoir la clé de l’énigme. Ce dernier est un outsider à la beauté du diable, une petite frappe dont tout le monde tombe amoureux mais qui ne s’attache à personne.
Il regrette encore la relation qu’il avait établie avec son coach de baseball quand il avait huit ans. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer le mystère qui les empêche de vivre.

Avis :

Dans le cinéma indépendant américain, Gregg Araki est l’une de ses plus grandes figures. Depuis trois ans maintenant, le réalisateur offre régulièrement de petites perles et de jolis ovnis, qui font vibrer le cœur des cinéphiles. Connu pour ses films au ton léger et décalé à la fois, Gregg Araki, après une pose de cinq années et un pilote d’épisode de série jamais diffusé, était de retour et c’est un sacré retour !

Œuvre culte, film puissant et étouffant, « Mysterious Skin » est sûrement le chef d’œuvre de Gregg Araki. Totalement inattendu, s’aventurant sur un sujet extrêmement difficile et brûlant, la pédophilie, « Mysterious Skin » est un film d’une très grande beauté, qui ne laissera pas indifférent. Car si le sujet est une révulsion au simple fait de son évocation, Gregg Araki le traite avec tant de délicatesse, de sensibilité et de vie, que ce parcours déchirant nous scotche, et l’on ne peut que tomber amoureux de ce grand et magnifique film.

Un soir d’été, Brian Lackey, huit ans, se « réveille » dans sa cave. Le gamin saigne du nez et semble absent. Ce jour-là, Brian ne se rappelle plus d’une partie de sa soirée. Depuis cet incident, la vie de Brian change totalement, cauchemars, évanouissements brutaux, saignements de nez, Brian le sait, il s’est passé quelque chose d’important pendant les cinq heures de vie qu’il lui manque. Dix ans plus tard, toujours obsédé par ce jour-là, il apprend qu’un garçon de son âge, Neil Mc Cormick, pourrait avoir la clef de son énigme. Il décide alors de le rencontrer, pour découvrir et savoir la vérité et peut être enfin commencer à vivre.

Troublant, déstabilisant, étouffant, mais aussi beau, osant même s’aventurer dans une certaine poésie, « Mysterious Skin » est une très belle claque, qui mérite amplement et plus encore tous les éloges qu’on lui fait depuis plus de dix ans maintenant.

Ce qui est fou avec ce film, c’est la façon incroyable, aussi dure qu’émouvante, qu’a le cinéaste pour parler des heures manquantes de la vie de son personnage et comment celles-ci jouent de manière inconsciente sur sa psychologie. Alors que le sujet est brûlant, Gregg Araki nous raconte cette intrigue avec beaucoup de pudeur, de bienveillance et de profondeur. Jamais il ne va tomber dans le spectaculaire, le glauque ou le gratuit. Avec « Mysterious Skin« , le réalisateur offre un film très psychologique, et peint deux portraits incroyables. Deux portraits que l’on n’est vraiment pas près d’oublier. D’un côté, il y aura Brian, ce jeune garçon en quête de vérité, persuadé d’avoir été enlevé par des extraterrestres, et dont les non souvenirs de cette soirée le rongent petit à petit. Et de l’autre, on trouvera Neil, un jeune homme perdu, désabusé, dont les souvenirs de cette soirée, et plus largement de cet été, le rongent d’une toute autre façon. Gregg Araki nous conte à la perfection l’enfance et l’arrivée à l’âge adulte de ces deux garçons brisés, dont seule la vérité, peut peut-être les libérer.

On suit donc ce récit terrifiant avec beaucoup d’émotions, surtout que le dit récit est emporté par une mise en scène incroyable. Une mise en scène qui bouleverse les codes, se faisant lumineuse là où elle devrait être sombre, et sombre là où elle devrait être lumineuse, comme le final qui est bouleversant. Ce choix est fou et il fonctionne incroyablement bien, donnant au film un relief presque inédit.

Puis pour donner corps à ces vies détruites, Gregg Araki s’offre un casting plein de talents et de promesses. Ces deux acteurs et personnages principaux sont bouleversants chacun à leur manière. Que ce soit Chase Ellison et Joseph Gordon-Levitt ou George Webster et Brady Corbet, chacun d’eux, aux différents âges, nous touchent profondément. Gregg Araki a tiré le meilleur d’eux et leur a offert respectivement l’un de leur plus beau rôle. Puis ils sont soutenus par une jolie ribambelle de seconds rôles, dans lesquels on trouvera, Elisabeth Shue, Michelle Trachtenberg, Jeffrey Licon ou encore Bill Sage, qui a la très lourde tâche de jouer l’homme des cauchemars.

« Mysterious Skin » est une merveille, bouleversante et éprouvante. De manière incroyable et inédite, Gregg Araki a réussi le pari dingue de faire un film sur l’une des plus grandes atrocités qui soit avec la plus grande des luminosités, la plus belle des émotions et le plus beau des portraits. Brian et Neil ne sont vraiment pas près de nous quitter et « Mysterious Skin » restera sûrement comme le plus beau des chefs-d’œuvre de Gregg Araki.

Note : 19/20

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Par Cinéted

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