Deftones – Koi No Yokan

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Avis :

On ne présente plus le groupe de nu-métal Deftones. Et pourtant, le groupe mérite tout de même une petite explication car il possède une discographie des plus intéressantes et surtout, il reste l’un des rares groupes de métal à avoir survécu aux années 90 et à l’époque fusion et grunge. Emmené d’une main de maître par Chino Moreno, le groupe se fonde en 1988 à Sacramento et suit une ligne métal dont les principaux acteurs sont Korn ou encore Limp Bizkit. Proposant un métal plus aérien et parfois planant, le groupe marque une différence de taille qui va se transformer en véritable force jusqu’en 2012 où les fans sont toujours au rendez-vous et où le groupe ne subit pas de réelle métamorphose (il suffit de voir le changement de cap de Korn ou encore les ventes faiblardes du dernier Limp Bizkit). Koi No Yokan est le septième album studio du groupe et il reste dans la continuité du très bon Diamond Eyes, faisant oublier la sortie de route avec les deux albums précédents, Saturday Night Wrist et Deftones. Mais qu’est-ce qui fait que cet album est si intéressant ? Quels morceaux valent le détour ? Enfile ton baggy et tes chaussures de skate, on retourne dans les années 90 mon pote !

Quand on attaque un skeud de Deftones, on ne sait jamais sur quel pied danser. En effet, le groupe se fait souvent plaisir en alternant des morceaux très violents avec des morceaux très calmes et assez sensuels et parfois un gros mélange des deux. Je me rappelle encore le morceau Pink Cellphone, d’une chaleur incroyable. Dans Koi No Yokan, on commence très fort avec un morceau très court, moins de trois minutes et qui balance de gros riffs ravageurs, Swerve City annoncerait-il la couleur d’un album hyper violent ? La réponse est non ! En effet, on aura droit derrière à un morceau très travaillé, à la fois puissant et mélodique, avec Romantic Dreams. On sent la maturité complète du groupe et son envie de faire de la variation son crédo. La suite est assez conventionnel pour du Deftones, notamment sur Leathers ou sur Poltergeist mais ce dernier morceau propose une introduction des plus sympathiques. La cinquième piste sera le premier morceau calme et doux de l’album. Contrairement à ce que laisse penser son titre, Entombed est un morceau vraiment planant où l’on ressent tout le travail du groupe et où le sens de métal planant prend tout son sens, car entre les riffs quand même costauds, la batterie hyper présente et la voix ultra sensuelle de Chino, on obtient un mélange inattendu mais vraiment très intense. Mais l’album ne se contente de faire des choses douces ou alors violentes, on retrouve aussi des passages assez discordants comme dans Graphic Nature, morceau là aussi assez violent et aérien. Il s’agit sans doute là du seul groupe capable de proposer des morceaux comme ça. Bien entendu, on aura droit aussi à des morceaux bien plus métal qu’autre chose, comme le prouve la chanson Gauze, très puissante ou encore Goon Squad, morceau au final ultra violent et entrainant. Bref, on retrouve vraiment un album très éclectique et c’est ce qui fait le charme de Deftones depuis des années. Il ne faut pas aussi oublier de mentionner la présence très forte de la basse, notamment sur le morceau What Happened to you, rendant un album vraiment très complet et hyper travaillé. La seule grosse chose que l’on pourrait reprocher au groupe, c’est de fournir des chansons assez complexes et qu’il n’est pas facile de les mémoriser pour les chanter à tue-tête. De plus, l’album doit être écouté plusieurs fois pour vraiment être bien apprécié. Mais n’est-ce pas là le cas de tous les bons albums ?

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Deftones ne serait pas grand-chose sans les deux membres fondateurs du groupe, c’est-à-dire Chino Moreno et Stephen Carpenter. A l’époque du lycée, le premier, qui est le chanteur du groupe, était un grand fan de new wave, avec des groupes comme les Duran Duran ou encore Depeche Mode et The Cure. Quant à Stephen Carpenter, il était un fan absolu de métal. Forcément la rencontre fait des étincelles et la on ressent toutes ces influences dans le groupe. Il est donc normal de voir Chino faire de sa voix un véritable instrument de musique. Délaissant les couplets braillards, il préfère glisser une voix chaude, sensuelle qui finalement donne cet effet planant à chaque chanson et qui fonctionne à merveille. On retrouve ce timbre si particulier avec Entombed ou encore Rosemary et cela donne vraiment une identité au groupe. Néanmoins, quand il faut pousser la voix, il sait faire montre d’un autre talent et il pousse vraiment fort, tout en restant assez mélodique. On le voit par exemple, dans Goon Squad. Bref, charismatique au possible, Deftones dit beaucoup à Chino et à sa voix et son talent.

Au final, Koi No Yokan, le dernier album de Deftones est un excellent album. Varié, éclectique, à la fois doux et violent, il montre que le groupe en a sous la caboche et que faire un métal à la fois aérien et lourd est possible. Depuis maintenant 20 ans, on peut dire que les californiens n’ont rien perdu de leur verve et de leur talent. Véritable démonstration, cet album comble beaucoup d’attente et montre que garder sa ligne directrice est vraiment payant. Surement l’un des meilleurs albums du groupe avec White Pony.

  1. Swerve City
  2. Romantic Dreams
  3. Leathers
  4. Poltergeist
  5. Entombed
  6. Graphic Nature
  7. Tempest
  8. Gauze
  9. Rosemary
  10. Goon Squad
  11. What Happened to You

Note : 17/20

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