Moi, Tonya – Patinage Agressif

Titre Original : I, Tonya

De : Craig Gillepsie

Avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan, Paul Walter Hauser

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Biopic

Résumé :

En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Avis :

Il ne se fait pas trop remarquer le Craig Gillespie et pourtant, il mène son petit bonhomme de chemin de jolie manière. Si son nom n’est pas plus connu que ça, Craig Gillespie présente régulièrement de nouveaux films et pour la plupart, ce sont de bons moments de cinéma. « Une fiancée pas comme les autres« , c’était lui. « Mr. Woodcock« , c’était lui. Et plus récemment « The Finest Hours« , projet risqué de Disney, c’était lui aussi.

D’ailleurs, c’est deux ans après ce très sympathique « The Finest Hours » que Craig Gillespie nous revient, avec un film encore une fois très différent de ce qu’il fait habituellement. Si « Moi, Tonya » est plus académique qu’à son accoutumée et que l’on sent que le film est bien calibré pour concourir pour les Oscars 2018, il n’en restera pas moins un très bon film et surtout un excellent moment de cinéma. Un moment de cinéma très riche, qui met très bien en scène aussi bien la vie tumultueuse de son héroïne, que ce fait « divers », mondialement connu des années 90. Et le tout est emporté par deux actrices bluffantes, qui mériteraient parfaitement qu’elles soient toutes deux récompensées cette année.

Tonya Harding est une jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir. Talentueuse, osée, irrévérencieuse, décalée et en marge de ce qui se fait habituellement dans cette discipline, Tonya a un caractère bien tranché et elle est bourrée d’ambition. De ses premières glissades et médailles à l’âge de quatre ans, à un véritable scandale qui secouera le monde du patinage artistique près de vingt plus tard, la vie de Tonya ne manque pas de piment, pour le meilleur comme pour le pire.

Faire un film qui suit la vie d’une patineuse artistique, sur le papier l’idée est plus osée, voire même risquée, car la discipline, même si elle est incroyable, n’est pas sujet à ramener du monde en salle et ça, même si nous sommes en plein Jeux Olympiques de Pyeongchang. Oui, mais « Moi, Tonya » a ce petit truc en plus, qui rend le pari quelque peu moins risqué, puisque ici, Craig Gillespie s’intéresse à une athlète dont le parcours, le caractère, la vie et la carrière, ont tout pour faire un film. Et qui plus est, un film riche qui traite une multitude de sujets et passe par plusieurs ambiances et styles de cinéma.

Portait de femme et de société passionnant, drame vibrant, film allant jusqu’à avoir des allures de films mafieux, « Moi, Tonya » n’est pas de tout repos et ce qui est très bien, c’est que malgré tous ces sens différents qu’explore son réalisateur, jamais il ne se perd et arrive en permanence à rendre son récit attractif. Jamais l’on sent un trop-plein, jamais l’on ne s’ennuie et tout est logique, bien amené, et tout est fait pour que le résultat soit aussi touchant, drôle, fun que divertissant.

Très loin des success story habituelles qu’Hollywood offre, le parcours de Tonya Harding est semé d’embûches et le happy end n’est pas si assuré que ça. Femme à la vie bouleversante, avec ce parcours et ce portrait, Craig Gillespie peint aussi bien une femme qui a tout pour elle, qui à force de détermination, de courage et de passion, arrivera jusqu’aux hautes sphères de cette discipline. Avec ce caractère bien trempé, et surtout l’interprétation sans aucune faille de Margot Robbie, Craig Gillespie nous tient en suspens et assure le show.

Puis derrière les strass et les paillettes, loin des caméras, « Moi, Tonya » sera aussi un portrait de femme touchant, à la vie mouvementée. Femme battue, fille « rejetée » par ses parents, éduquée par une mère tyrannique (Allison Janney, nul doute que l’Oscar est pour elle cette année !), entourée par une équipe de bras cassés qui finiront par briser cette carrière si belle et pleine de promesses. « Moi, Tonya » est un film qui peint sur un ton étrangement léger et amusant, le portrait d’une femme pleine de complexités, qui ne laissera pas indifférent.

« Moi, Tonya« , c’est aussi une mise en scène qui allie bien le fond et la forme. Construit comme un immense flashback livré lors d’interviews pour le moins décalés, Craig Gillespie livre certes un film « classique », mais qui ne manque pas de charme et de punch. Un film qui joue sur plusieurs tableaux, livrant des scènes de ménage aussi folles que dures et des scènes de compétition, où le spectacle est bel et bien au rendez-vous avec des scènes de patinage assez bluffantes dans leur reconstitution, même si l’on ressent quelques faiblesses sur certains effets pour masquer la doublure de Margot Robbie. Puis il y a la dernière partie du film, où chemin du croix oblige, le réalisateur s’attaque à l’affaire Nancy Kerrigan (affaire qui avait tenu le monde en suspens, réunissant près de cent trois millions d’Américains devant leur télévision pour suivre cette confrontation) et c’est là qu’il transforme peu à peu son film, lui donnant des allures de film mafieux. Mais des mafieux aux bras cassés, ce qui est plutôt cool.

« Moi, Tonya« , c’est donc deux heures d’un cinéma qui nous emporte, nous amuse et nous touche. Le pari n’était pas si évident que cela, mais grâce à son personnage, grâce à ce parcours unique, et grâces à ses acteurs, Craig Gillespie assure le spectacle et les émotions. Bref, « Moi, Tonya » est une jolie petite réussite qu’on ne peut que conseiller.

Note : 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net