Diablo Blvd – Zero Hour

Avis :

Si la Belgique est un pays connu pour ses frites, un peu son football et son petit bonhomme qui fait pipi, niveau métal, ce n’est pas trop ça, en plus d’avoir du mal à s’exporter. Mais c’est connu pour son humour et si Alex Agnew est un parfait inconnu de par chez nous, il est un humoriste très connu au Bénélux, grâce à des stand-up où il s’en prend à la politique et à la société. Passionné de métal, il fonde en 2005 son groupe Diablo Blvd et livre trois albums qui n’auront pas fait de grands éclats. Qu’importe, le groupe signe alors chez Nuclear Blast et peu sortir son quatrième opus, Zero Hour, avec une pochette au design épuré, mais faisant une belle référence à la violence. Pourtant, quand on jette une oreille à ce quatrième effort, on se rend compte que le groupe change son fusil d’épaule, délaissant un petit peu le heavy pour se lancer dans un Hard Rock puissant, teinté parfois de New Wave mais aussi de métal industriel, laissant penser à un Fear Factory européen. Et si avec Zero Hour, Diablo Blvd signait enfin son explosion sur la scène européenne et même internationale ?

Le skeud débute avec Animal, un morceau relativement court, concis, mais qui suffit à se faire une idée sur deux choses : la musique et les paroles. Dans un premier temps, nous aurons droit à des petites notes de gratte et une batterie qui va très vite, ce qui n’est pas sans rappeler Fear Factory, notamment quand les riffs plus agressifs déboulent et montrent une sonorité assez lente, mais très lourde et bien syncopée. En gros, c’est assez grave, mais certaines notes relèvent l’ensemble de façon à donner une belle cohérence à l’ensemble. La performance vocale d’Alex Agnew est efficace, sans jamais trop en faire. Ensuite, les paroles seront systématiques, se focalisant ici sur les personnes se cachant derrière des religions ou d’autres préceptes et se pensant plus humaines que le reste de la planète. Un sujet sociétal donc et qui a tout à fait sa place dans le métal. Et cette association de métal assez lourd et de paroles sensées se retrouve durant tout le skeud, avec quelques petites variations. A titre d’exemple, Life Amounts to Nothing est un morceau assez classique dans sa structure, mais qui fait le boulot. God in the Machine est un pur moment de métal industriel plutôt bien fichu. The Song is Over envoie rapidement le pâté au niveau de la rythmique, notamment avec une belle batterie. Et on peut encore évoquer Summer Has Gone, qui propose des riffs très appuyés et une ligne de basse très rapide.

Cependant, on ne peut pas réduire le groupe à un simple « plagiat » de Fear Factory, tout simplement parce qu’il y a autre chose et que le niveau indus est tout de même moins prononcé. Le groupe va fournir quelques pièces assez étonnantes au sein de l’album. Le premier est bien évidemment 00 :00, qui est juste un morceau d’ambiance, qui trouverait parfaitement sa place dans un film d’horreur. C’est lent, c’est assez glauque et pose une atmosphère assez malsaine. Ce sera d’ailleurs le seul morceau instrumental de l’album. De suite derrière, on trouve Like Rats, qui sort un peu de la zone de confort du groupe. Non seulement parce que le rythme est plus rapide et les riffs moins lourds, mais aussi parce que l’on est clairement dans un style plus punk rock et donc complètement différent de ce que l’on a eu avant. On peut aussi parler de Demonize, le plus long morceau de la galette. Il s’agit d’un titre à la fois travaillé et puissant, qui prouve que le groupe peut aussi bien poser une ambiance, puis ensuite l’exploiter pour donner un morceau complet et très intéressant. Enfin, au niveau New Wave/Métal Industriel, The Future Will Do What It’s Told s’impose comme le titre référence, beaucoup plus lent, avec une voix plus trafiquée, mais aussi plus calme. Ce titre pourrait presque s’apparenter à une ballade et la montée crescendo est vraiment puissante sur la fin, donnant une forte envie de headbanger dans tous les sens.

Au final, Zero Hour, le dernier album des belges de Diablo Blvd, est une belle réussite, même si on retrouve parfois quelques scories au bout de plusieurs écoutes, comme une certaine lassitude et quelques titres un peu redondants dans leur structure. Mais cela est bien peu de chose comparé au plaisir pris en écoutant cet opus, à la fois puissant et maîtrisé, apportant un vent de renouveau sur le groupe et laissant à penser que Diablo Blvd ne devrait pas tarder à exploser.

  1. Animal
  2. Sing From the Gallows
  3. Life Amounts to Nothing
  4. God in the Machine
  5. You are All you Love
  6. The Song is Over
  7. 00 :00
  8. Like Rats
  9. Demonize
  10. The Future Will Do What It’s Told
  11. Summer has Gone

Note: 16/20

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Par AqME

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