octobre 27, 2020

High Spirits

De : Neil Jordan

Avec Peter O’Toole, Steve Guttenberg, Daryl Hannah, Liam Neeson

Année: 1988

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Comédie, Horreur

Résumé :

Peter Plumkett décide de reconvertir son château irlandais en hôtel pour touristes américains, mais les fantômes sont toujours là.

Avis :

Neil Jordan est un réalisateur irlandais qui commence sa carrière au début des années 80 et qui va se faire la main sur du film d’horreur comme bon nombre de cinéastes aujourd’hui cultes. Il sort en 1982 un film qui va faire un peu de bruit, La Compagnie des Loups, sorte de conte horrifique avec pour créatures légendaires, le loup-garou. Mais c’est surtout en 1994 qu’il va percer avec Entretien avec un Vampire, adaptant Anne Rice et s’octroyant les faveurs d’Hollywood et d’une bonne partie du public. Il faut dire que le film est une réussite, collant parfaitement à l’univers du bouquin. Cependant, on oublie que Neil Jordan, bien que fasciné par les bestioles folkloriques, a aussi fait dans la comédie fantastique en parlant cette fois-ci de fantômes. Avec High Spirits, le réalisateur va tenter de faire une comédie burlesque où des fantômes sèment la pagaille dans un vieux château dont le propriétaire croule sous les dettes. Etait-ce une réussite pour autant lors de sa sortie, et aujourd’hui ?

La réponse sera bien entendu assez mitigée. Il faut dire que les codes de la comédie horrifique de l’époque n’étaient pas très usités et il fallait tâtonner pour trouver des ressorts à la fois drôle et effrayant. Ici, le réalisateur coupe son film en deux actes bien précis. La première moitié du film se concentre sur les farces que vont mettre au point les employés du château pour faire peur à un groupe de touristes américains. Nous allons donc voir la palette de personnages assez clichés, entre le couple avec des enfants insupportables, la bimbo qui va draguer un prêtre ou encore le couple qui cache un secret. Avec cette première partie, Neil Jordan va tenter de faire rire par l’absurde avec des gags visuels un peu vieillots. Entre la nana déguisée en sorcière qui se fait balancer du toit, le lit qui tourne sans s’arrêter avant de se décrocher du plafond ou encore les apparitions faites à partir de reflets de miroir, rien ne marche vraiment et on frôle vraiment la ringardise. Le tout est massacré par un Peter O’Toole au bord de la dépression qui nous donne un jeu monolithique et parfois complètement ridicule. Cette première partie, même si elle reste bon enfant, n’est pas des plus concluantes.

Mais ce ne sera rien avec la seconde partie du film, qui cette fois-ci baigne dans le surnaturel. Les vrais fantômes vont faire leur apparition et nous aurons droit à quelques effets spéciaux de l’époque. Si cela permet au film de garder un certain charme, certains moments sont clairement gênants, comme ce pauvre Liam Neeson qui se retrouve dans le rôle d’un fantôme sale et lubrique. Dans cette seconde moitié, le réalisateur va vouloir pousser l’absurde en floutant la frontière entre les morts et les vivants. Un homme, joué par Steve Guttenberg, va tomber fou amoureux d’une fantôme et a contrario, sa femme va tomber folle amoureuse du fantôme. Les rôles s’inversent, les situations s’échangent et on va se retrouver dans une espèce de comédie romantique assez lugubre et avec des idées étranges. Ainsi, on apprend que le soir d’Halloween un homme vivant peut coucher avec une morte et la ramener à la vie. Cela donnera lieu à une scène vraiment sale qui n’a pas trop d’implication sur le spectateur, puisqu’on aura du mal à s’accrocher aux personnages. Et c’est bien là l’un des plus gros défauts du film.

En effet, les personnages sont tous plus ou moins pénibles. Entre la femme qui a toujours la migraine et qui est insupportable, le naïf de base, le parapsychologue qui ne fait que se plaindre, les gosses qui braillent, le gérant de l’hôtel qui préfère se passer une corde autour du cou ou encore le prêtre pleutre et cédant à la tentation, nous sommes face à une palette assez désagréable. Fort heureusement, le film se sauve grâce à quelques fulgurances inattendues. On peut par exemple citer une scène entre animation et prises réelles qui s’avère pas trop mal bien que trop hystérique ou encore une apparition de bonnes sœurs lugubres qui seront le seul élément effrayants du film. Là aussi, le film manque d’équilibre dans la tonalité. Ne faisant ni trop rire, ni trop peur, le film sombre dans une sorte de torpeur assez lénifiante. Si on rajoute à cela quelques incohérences scénaristiques comme des fantômes que l’on ne voit qu’une fois et on ne sait pour quelle raison, ou encore des séquences carrément inutiles, voire hallucinées à l’image du bus qui vole et s’encastre dans le château, on tombe sur un film décevant par bien des aspects.

Au final, High Spirits, un film assez méconnu de la filmographie de Neil Jordan, est une semi-déception. Semi car on ne s’attendait à rien en regardant cette petite comédie qui somme toute divertit, mais on est aussi très déçu par ce film très timide, à la réalisation transparente et avec des personnages pour lesquels on ne ressentira aucune empathie. Même si le film est loin d’être une purge, on ne peut qu’y voir un petit essai, les balbutiements d’un réalisateur en devenir avec peut-être des acteurs trop grands pour bien les diriger et un manque de repères dans la comédie horrifique.

Note : 10/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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