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Wonder Wheel

De : Woody Allen

Avec Kate Winslet, Juno Temple, James Belushi, Justin Timberlake

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

Avis :

L’infatigable Woody Allen, auteur, réalisateur et comédien qu’on ne présente plus et qui fait partie de l’histoire du cinéma depuis maintenant une cinquantaine d’années. Tournant à la rigueur d’un film par an depuis ses débuts, Woody Allen avait laissé de côté le grand écran en 2017 à la faveur du petit pour une série télé encore inédite chez nous « Crisis in Six Scenes« . Série télé dont il est le créateur, le scénariste bien sûr, mais aussi le réalisateur des six épisodes et aussi l’acteur.

2018 marque donc le retour de Woody Allen sur grand écran, deux ans après le sympa « Café Society« . Et après les années 30 de son précédent film, c’est dans les années 50 à Coney Island que Woody Allen nous entraîne pour nous raconter les aventures d’une ancienne actrice lunatique, devenue serveuse, qui cherche à fuir la routine infernale de sa vie. Joli portrait de femme, emmenée par une Kate Winslet étincelante, Woody Allen signe un retour en forme de très joli coup de cœur avec un film subtil, bourré de charme et de mélancolie.

Coney Island, les années 50, sa plage, son parc et ses individus venant de tous horizons. C’est ici que vit malgré elle Ginney, une ex-actrice qui après avoir été abandonnée par son mari, s’est remariée avec Humpty, un homme dont la fille a épousé un gangster. Ginney s’ennuie et cet été-là ne va pas être de tout repos, puisqu’elle s’entiche de Mickey, un surveillant de plage d’une dizaine d’années plus jeune qu’elle. Amoureuse, elle voit cette relation avec le plus beau des espoirs, mais c’est là qu’entre en scène, Carolina, la fille d’Humpty, qu’il avait juré de ne plus revoir, depuis qu’elle était partie avec son gangster italien. Mais aujourd’hui, elle est obligée de revenir chez lui pour se réfugier car il y a un contrat sur sa tête et son mari n’ira jamais la chercher ici. Comme de bien entendu, Mickey et Caroline s’entendent très bien. Bref, c’est compliqué tout ça…

« Wonder Wheel« , c’est le petit Woody Allen qui est attendrissant. Pas si loin de ses chefs-d’œuvre, Woody Allen nous livre ici un film très beau devant lequel on aime se laisser entraîner sans voir le temps passer.

Fidèle à lui-même, c’est toujours avec autant d’humour, de fantaisie et de tristesse, que le réalisateur nous plonge dans son univers et nous présente l’un de ses plus beaux portraits de femme, Ginny, la quarantaine, perdue dans sa vie, qui n’attend plus grand chose. Ginny et par conséquent Kate Winslet, c’est le cœur, la vie et l’amour de ce dernier film pour le petit père Woody Allen. Tout ici converge pour décrire la solitude, le désespoir et le romantisme naïf de son personnage. Très touchant, « Wonder Wheel« , c’est une mélancolie triste et jolie qui fait du bien et surtout qui joue la carte du contraste entre ses personnages et son ambiance. Alors que chacun de ses personnages est presque détruit intérieurement, alors que leur quotidien laisse peu de place aux joies et l’amour, « Wonder Wheel » réchauffe tout ceci, avec une photographie toute en couleurs. Woody Allen joue énormément avec son ambiance qui sera même le thermomètre de son film, inquiétant selon les tons, les ressentis et les émotions de ses personnages, ce qui donnera au film un ton particulier. Un ton et une ambiance magique, qui fait que visuellement, « Whonder Wheel » est l’un des plus beaux films que le réalisateur nous ait offert ces dernières années. Bon, il faut dire qu’à la photo, on trouve Vittorio Storaro (« Apocalypse Now« , « Le Dernier empereur« ) et rien que cela, ça fait rêver.

Très touchant, à travers « Wonder Wheel« , Woody Allen questionnera sur l’amour, la vie, les succès, les échecs, ce qui construit et déconstruit quelqu’un. Il parlera aussi du vieillissement, et la peur qu’il peut véhiculer, notamment avec la relation entre cette femme de la quarantaine, peu sûre d’elle et ce jeune premier, la vingtaine tassée, incarné par un Justin Timberlake plutôt étonnant.

« Wonder Wheel« , c’est donc un très bon et très joli cru Allenien. Un cru qui est rehaussé, pour ne pas dire magnifié, par une Kate Winslet en état de grâce, sensible, à fleur de peau, passionnée, névrotique, riche, construite, profonde. Si tout le film est beau, la comédienne anglaise touche, et donne toute la vie et le souffle à cette fable mélancolique. Bref, le dernier Woody Allen est un coup de cœur. Et un coup de cœur dans lequel on trouve aussi le bien trop rare James Belushi.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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