Very Bad Dads

Titre Original : Daddy’s Home

De : Sean Anders

Avec Will Ferrell, Mark Wahlberg, Linda Cardellini, Thomas Haden Church

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Un homme travaillant dans le monde de la radio est un beau-papa heureux. Mais un jour, le véritable père des enfants fait irruption dans sa vie, et il va devoir l' »affronter » pour gagner leur affection.

Avis:

Will Ferrell est un grand habitué des comédies américaines. Il ne fait d’ailleurs que ça. Et dans son pays, c’est un peu le messie de l’humour, car il est considéré comme un génie et presque tous ses projets font un carton. Mais il n’est pas adulé partout et il faut même avouer qu’en France, il n’est pas si apprécié que ça. La faute à un goût prononcé pour l’absurde et à des blagues souvent au ras de la ceinture, parfois vulgaires. Mais ces derniers temps, l’acteur a su se renouveler un peu et proposer des projets un peu plus profonds que ce qu’il a l’habitude de faire. On peut ainsi le retrouver dans La Grande Aventure Lego en papa maniaque qui va devoir retrouver son enfance ou encore dans Daddy’s Home (rebaptisé en France Very Bad Dads) où il joue un beau-père qui cherche à tout prix à conserver l’amour que lui portent les enfants de sa femme. Etrangement, sans se répéter, Will Ferrell devient petit à petit un comique familial où il brasse des thématiques intéressantes, jetant un regard bienveillant sur les nouvelles familles. Parce qu’au final, Daddy’s Home est une chouette comédie savamment menée.

Le début du film fait pourtant très peur. Nous sommes face à un beau-père un peu niais qui se fait insulter par les enfants de sa femme et qui semble s’en réjouir. L’homme en question a tous les atours du neuneu de base qui se laisse marcher sur les pieds et qui n’arrive pas à s’affirmer. Les blagues potaches et les gros mots dans la bouche des enfants fusent et on peut se dire qu’une nouvelle fois, nous sommes tombés sur une comédie américaine vulgaire qui n’a que des vannes d’écolier pour tenter de nous faire rire. Cependant, le film va prendre une autre tournure lorsque le vrai père des enfants déboule. Mark Wahlberg, tout en muscles, arrive alors et se pose comme l’opposé parfait du beau-père. Plus sauvage, plus viril, plus sûr de lui, c’est le portrait de l’homme parfait. Et tout le film va jouer sur cet antagonisme pour trouver des gags, mais aussi toucher et faire réfléchir à l’équilibre des enfants, et par extension, à la maman.

Pour une fois, l’humour du film n’est pas forcément lourd. Si certains gags sont plutôt visuels, ils sont bien utilisés et surprennent parfois par leur audace, comme le coup de la moto et de Will Ferrell bloqué dans un mur de sa maison. D’autres séquences drôles trouveront leur source dans les dialogues et les répliques. Assez loin de toute vulgarité, l’opposition entre les deux hommes est assez maligne, chacun cherchant à tromper l’autre, Mark Wahlberg aimant malmener Will Ferrell sur des terrains glissants. Notamment sur le racisme, un point assez récurrent dans le film et qui donne lieu à des répliques assez tordantes, jouant perpétuellement sur les clichés et les idées préconçues. Bref, Daddy’s Home est drôle et c’est bien là l’essentiel.

Mais le film sait aussi se faire plus intelligent et parvient de nombreuses fois à toucher le spectateur. Si le duel entre les deux hommes est marrant, il apportera aussi de la souffrance pour l’un comme pour l’autre. Dans ce combat pour l’amour des enfants, les deux « pères » les délaissent, ou en font trop, afin d’éloigner son ennemi. Les doutes assailliront alors à tour de rôle les deux hommes et certaines séquences seront assez dures, notamment celle où Will Ferrell regarde par la fenêtre sa femme se rapprocher de son ex-mari avec les enfants au milieu. On aura aussi droit à la dernière dérive, celle qui met mal à l’aise, où sans s’avouer vaincu, le beau-père dépasse les limites et prend la honte devant tout le monde, les enfants et sa femme. Un moment gênant mais nécessaire, montrant la souffrance d’un homme qui sent qu’il va tout perdre. Alors bien évidemment, on aura toujours une paire de vannes durant ce moment, mais il n’en demeure pas moins le climax du film.

Comme toute bonne comédie américaine, le film se targue d’une morale universelle dont la fin ne fait aucun doute. Mais c’est intelligemment amené, puisque la volonté du film est de montrer que pour l’équilibre d’un enfant, il a besoin de son père biologique, mais aussi de son beau-père si celui-ci est bienveillant. La scène de fin, durant le bal de l’école est relativement drôle, et montre que chacun des deux pères a appris de ses erreurs, mais aussi de l’autre. Mark Wahlberg devient plus sociable, moins violent, alors que Will Ferrell ne se laisse plus marcher dessus. Le duo fonctionne une nouvelle fois à merveille et malgré les facilités scénaristiques dont fait preuve le métrage, on reste assez satisfait devant une réflexion importante de notre monde d’aujourd’hui. Les familles changent, il faut s’adapter et des solutions viables existent si l’on prend le temps de se connaître et de vivre ensemble.

Au final, Daddy’s Home est une bonne comédie américaine, ce qui est assez rare pour être souligné. Le film arrive à être drôle en touchant rarement à la scatophilie, les blagues sont souvent de bon aloi et le message final est très intelligent, se voulant bienveillant et universel. D’autant plus que le duo Mark Wahlberg/Will Ferrell marche du tonnerre, on obtient un film sympathique, et même s’il reste imparfait (le passage chez le médecin qui touche les testicules était évitable), on passe un agréable moment et c’est déjà ça de pris.

Note: 14/20

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Par AqME

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