octobre 28, 2020

You Get Me

De : Brent Bonacorso

Avec Bella Thorne, Halston Sage, Taylor John Smith, Anna Akana

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Après une dispute avec sa petite amie Ali, Tyler se retrouve dans les bras d’une inconnue, Grace. Le lendemain, il apprend qu’Ali est prête à recoller les morceaux tandis que Grace s’avère être une nouvelle élève déterminée à obtenir son homme.

Avis:

La vie des étudiants américains a déjà été vue sous toutes les coutures par le septième art. Entre les drames parlant des errances de l’adolescence lorsque l’on doit passer à l’âge adulte, les comédies vulgaires sur les activités sexuelles de nos chers étudiants ou encore le thriller avec les luttes de classe au sein d’un lycée ou d’une université, on a vite fait le tour de la question en quelques films plus ou moins intéressants. Cependant, il semblerait que la jeunesse américaine soit un terrain fertile pour de nouveaux réalisateurs qui veulent poser une pierre à l’édifice. You Get Me est le premier film de Brent Bonacorso et c’est entre la romance débile et le thriller neuneu qu’il se situe. Pas de doute possible quant aux intentions premières de ce métrage qui n’est que volontairement tape à l’œil pour essayer de surprendre sans jamais parvenir à passionner son spectateur, la faute à des personnages inexistants et à une tension proche de zéro. Retour sur un échec programmé.

You Get Me est un film qui cible un public très particulier, les jeunes qui ont entre 16 et 24 ans. En effet, le film va s’appesantir sur les histoires de cœur et de cul de jeunes étudiants américains, sauf que le beau gosse de service va tomber sur la malade mental. Pour la petite histoire, Tyler est en couple avec Ali, mais cette dernière refuse de coucher avec lui pour garder une petite flamme. Un soir de fête, Tyler rencontre l’ex d’Ali qui lui raconte que c’était une grosse cochonne quand elle habitait San Francisco. Déçu, Tyler se met à picoler, s’engueule avec Ali qui décide alors de rompre. En sortant de la fête, il tombe sur Grace, une rousse incendiaire célibataire qui le chauffe à mort. Il cède à la tentation. Mais le lendemain, Tyler a des regrets et décide de se remettre avec Ali. Ce qui est con, c’est que Grace est une psychopathe notoire et qu’elle va tout faire pour reconquérir Tyler, même tuer. Voilà rapidement le petit pitch, qui pourrait s’apparenter à un thriller pour jeunes adultes. Seulement, la partie thriller va mettre énormément de temps à venir et ne va pas tenir sur la distance, le film étant bourré d’incohérences.

La première chose qui frappe aux yeux, c’est cette volonté de faire une mise en scène tape à l’œil, avec des couleurs chatoyantes, dans des endroits huppés et avec seulement des gens beaux. On a l’impression d’être dans une sphère unique où tous les jeunes sont grands, bien foutus et intelligents. Le film ne s’attarde pas sur les côtés études, puisqu’on part du principe que chacun d’eux est bon dans ce qu’il fait. On va vite se rendre compte que de toute façon, ce n’est pas l’aspect humain qui intéresse le metteur en scène, mais plus le côté physique, voulant tout le temps donner une image lisse et propre de cette jeunesse américaine resplendissante, n’ayant que peu de soucis d’argent. On aura quelques bribes éparses de la vie du jeune personnage principal, qui doit parfois gérer sa petite sœur et habite dans une maison modeste comparé à ses autres camarades. Seulement, cet aspect social est vite survolé et n’est présent que pour donner un peu d’épaisseur et d’empathie à un personnage qui n’a pas grand-chose pour lui, dans le sens où il est peu attachant. On se retrouve avec un mec menteur, manipulateur, qui va tout faire pour ne rien dire à sa copine. De l’autre côté, on aura les deux nanas qui n’apporteront pas grand-chose à l’histoire. La blonde est niaise au possible, n’ayant qu’un background esquissé qui ne sert à rien. La rousse, hormis d’être une bombe anatomique et une taré, n’est pas plus travaillée.

Et c’est là le plus gros problème de ce film. En créant des personnages lisses et presque antipathiques (jusque dans les seconds rôles, il suffit de voir le meilleur copain débile ou la geek de service), le film n’arrive pas à créer le lien avec le spectateur, sauf s’il se retrouve dans la même vie, la même situation. De plus, le film dure peu de temps, ne dépassant pas l’heure et demi et de ce fait, certains enchainements vont beaucoup trop vite. Les raccourcis se multiplient, la folie grandissante de la nana prend de l’ampleur et les raisons de sa colère sont d’une débilité profonde, provenant d’un manque affectif, alors qu’elle reste entourée d’amis. En fait, on a une psychopathe qui souffre de solitude, mais qui se met volontairement seule… Le vide se voit jusque dans la partie thriller, qui vrille presque au nanar dans son dernier quart. On se retrouve avec une micro course-poursuite dans une immense maison, dont on connait déjà la résolution, et qui manque cruellement de punch et de réalisme. La finalité du film est lamentable, essayant de montrer à quel point la nana est folle, mais cela ne prend pas et vire presque au grand guignol.

Alors que reste-t-il à ce métrage? Eh bien pas grand-chose car on s’emmerde ferme et que le film ne nous donne rien à manger. Parmi les bons points, on pourrait citer la prestation de la sublime Bella Thorne. La jeune actrice qui perce de plus en plus nous fait profiter de ses charmes et même si son rôle est très caricatural, elle reste assez juste et elle sait bien se mettre en valeur. Pour le reste, c’est la douche froide, le film plat et lisse à destination d’un public non cinéphile et très peu exigeant.

Au final, You Get Me est un très mauvais film qui ne fait pas honneur au catalogue Netflix. Trop lisse, trop prévisible, trop sage, ce film qui se veut être un thriller autour de jeunes adultes manque de presque tout, autant dans la réalisation transparente de Brent Bonacorso que dans l’histoire en elle-même qui ne dénonce rien et n’arrive jamais à trouver de la profondeur pour espérer être un poil plus intelligente. Bref, un film bête comme ses pieds, prude comme ce n’est pas permis et donc pénible.

Note: 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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