Countdown

De : John Stockwell

Avec Kane, Nic Nemeth, Katharine Isabelle, Josh Blacker

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Thriller

Résumé:

Un déséquilibré enlève un garçonnet, qu’il menace de tuer à l’explosif. Ray Fitpatrick, un policier de retour après une suspension, prend l’affaire en main. Encore hanté par la disparition de son propre fils, il défie son supérieur et s’engage seul sur ce chemin périlleux. Une course contre la montre commence alors pour sauver l’enfant.

Avis :

Le studio de production de la WWE n’est pas réputé pour faire dans la dentelle. Mettant en scène ses vedettes du ring, il propose avant tout des films d’action débridés parfaitement assumés. Il est vrai qu’au regard de leur pitch, la bêtise se dispute à l’improbable dans leur scénario respectif. Pour la majeure partie de ces films, leurs ambitions et leur potentiel sont avant tout calibrés pour la télévision et le marché du DTV. De prime abord, Countdown semble donc le digne héritier d’une longue lignée de métrages certes basiques, mais distrayants. Et c’est bien là tout ce qu’on leur demande. Sauf qu’il ne suffit pas d’aligner les combats entre deux absurdités narratives pour se distinguer.

Bien que classique, l’idée de départ permet d’instaurer une tension avec une énergie telle que le compte à rebours s’égrène avec une énergie évidente. La contrainte temporelle, les investigations et les agissements d’un désaxé notoire auraient dû offrir un spectacle somme toute divertissant. Dans une certaine mesure, le fait de jouer sur plusieurs tableaux dans les genres (policier et action) est également notable afin d’ajouter un semblant de variété. Malheureusement, l’intrigue souffle constamment le chaud et le froid en alternant les phases d’investigations et les séquences d’action de manière anarchique. On se rend compte très vite que fournir un semblant de cohérence et de continuité dans l’histoire n’est clairement pas la tasse de thé des scénaristes.

L’enquête emprunte des raccourcis faciles, non sans délaisser quelques absurdités dans son sillage. Les pistes se succèdent sans que les indices trouvent de répondant. On pourrait intervertir les éléments clefs avec d’autres preuves que cela n’y changerait strictement rien. De plus, les échanges sont d’une indigence effroyable qui périclite les efforts du casting. Au demeurant, celui-ci se révèle plus imposant par le gabarit des acteurs que par la qualité de leur prestation. Desservis par une caractérisation mal dégrossie, ils peinent véritablement à trouver le ton juste. Non pas que cela soit catastrophique, mais on se trouve parfois très proche de l’improvisation. Comme quoi, acteur ne rime pas forcément avec catcheur.

Et niveau promotionnel, Countdown fait très fort. Il n’oublie pas le placement de produits de ses chers producteurs principalement axé sur la mise en valeur des compétitions de la WWE. Une logique de rendement qui trouve ses limites dans la pertinence de certains passages, notamment lors d’un combat de catch dans une arène pour délivrer la rançon. Une approche assez maladroite et surfaite, pour ne pas dire bancale, qui se paye le luxe d’emprunter des images de préparation prises sur le vif. On pourrait presque croire à des stock-shots dignes d’un nanar. De là à penser qu’on a droit à une vidéo promotionnelle incorporée dans le film, il n’y a qu’un pas.

Quant aux affrontements, on respecte le cahier des charges sans pour autant sortir des sentiers battus. Quelques prises de catch par-ci, un placage par-là. On oublie les regards inquisiteurs entre les adversaires. Dans l’ensemble, la chorégraphie des combats reste assez minimaliste et néanmoins relativement efficace pour assurer le spectacle. On regrette simplement que la progression soit affublée de nombreux problèmes de rythme. La trame est incapable d’équilibrer action et « réflexion » sans sombrer dans les extrêmes. De fait, on nous inflige des blocs grossiers où certains pans font du surplace, tandis que d’autres concentrent la majeure partie de l’intrigue.

Au final, Countdown est une production mal fignolée. Faisant preuve d’une grande maladresse dans sa réalisation et dans son scénario, le film de John Stockwell ne parvient à aucun moment à offrir un liant à ses idées, si ténues soient-elles. La faute à un rythme chaotique, tour à tour hyperactif, puis lénifiant. Un comble pour un film d’action qui se targue de mettre en scène des stars du catch ! Même le compte à rebours censé entretenir une certaine dynamique semble se perdre en cours de route. C’est dire le résultat au regard des efforts physiques déployés. Si la modestie du potentiel initial laissait escompter un sympathique divertissement, il n’en ressort qu’un DTV à l’intérêt très limité.

Note : 07/20

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Par Dante

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