Yôkai no Mori

Fiche technique :

Auteur : Madoka Kitao

Joueurs : 2

Durée : 15-30

Première parution : 2013

But du jeu :

Capturez le Koropokkuru adverse avant que le vôtre ne soit capturé, ou amenez le vôtre dans le camp adverse (3×4) !

Règles :

VERSION 3×4

Chaque joueur prend ses pions et les dispose sur le plateau de 3×4 cases, comme indiqué, face à lui. Les joueurs possèdent 4 pions (appelés Yôkai, créatures folkloriques japonaises diverses) différents :

  • Le Koropokkuru (espèce de lutin) qui peut se déplacer dans les 8 directions
  • Le Kitsune (espèce de renard) qui peut se déplacer uniquement dans les 4 directions diagonales
  • Le Tanuki (espèce de raton laveur) qui peut se déplacer uniquement dans les 4 directions orthogonales
  • Le Kodama (esprit de l’arbre) qui peut se déplacer uniquement droit devant lui

Chaque Yôkai ne peut se déplacer que d’une seule case dans une des directions qui lui sont autorisées (des points orange sont là pour rappeler les déplacements possibles).

Lors de son tour, un joueur peut soit déplacer un Yôkai qu’il possède (s’il atterrit sur une case contenant un Yôkai adverse, ce dernier est capturé), soit parachuter un Yôkai capturé au préalable. Il suffit pour cela de placer le pion sur le plateau, dans son sens, mais le pion doit être capable se déplacer par la suite (impossible donc de mettre un Kodama sur la dernière ligne puisqu’il ne pourra plus avancer ultérieurement). Un pion parachuté se comporte en tout point comme un pion déjà possédé.

Lorsque le Kodama effectue un déplacement dans la zone de promotion adverse (dernière rangée), il devient promu. L’on utilise sa face verso, il devient un Kodama Samurai. Il peut à présent de déplacer dans 6 directions, toutes sauf les diagonales arrières. Un Kodama parachuté revient obligatoirement du côté non promu.

Lorsqu’un joueur parvient à capturer le Koropokkuru adverse ou à amener le sien dans la zone de promotion adverse sans se faire capturer juste après, il remporte la partie.

VERSION 5×6

Chaque joueur prend ses pions et les dispose sur le plateau de 5×6 cases, comme indiqué, face à lui. Les joueurs possèdent 4 pions (appelés Yôkai) différents :

  • 1 Koropokkuru (espèce de lutin) qui peut se déplacer dans les 8 directions
  • 2 Kirin (espèce d’équidé cornu) qui peuvent se déplacer dans 6 directions, toutes sauf les diagonales arrières
  • 2 Oni (espèce d’ogre) qui peuvent se déplacer dans les trois directions avant, et selon les diagonales arrières
  • 3 Kodama (esprit de l’arbre) qui peuvent se déplacer uniquement droit devant eux

Les règles sont les mêmes que pour la version 3×4, mis à part le fait que l’Oni et le Kodama peuvent  être promus respectivement en Super Oni et Kodama Samurai. La zone de promotion est située dans les deux dernières rangées du plateau. Le Super Oni et le Kodama Samurai ont les mêmes déplacements que le Kirin.

Le vainqueur est celui qui capture le Koropokkuru adverse.

Avis :

Yôkai no Mori (La Fôret des Yôkai) est un jeu abstrait, qui ressemble beaucoup à un jeu d’échec avec quelques variantes. Ce n’est pas étonnant, puisqu’il s’agit d’une adaptation simplifiée du Shôgi, les échecs japonais. Il conserve de son grand frère le principe de parachutage, de promotion, et les règles de déplacement de certains pions. Mais le Shôgi comporte plus de pièces, dont certaines peuvent se déplacer de plus d’une case, et les promotions sont plus nombreuses et différentes. L’idée est ici de proposer une alternative pour un public plus jeune. Cela fonctionne-t-il ?

Force est de constater que oui, justement. Le principal atout de Yôkai no Mori réside dans ses deux versions, la 3×4 et la 5×6. La 3×4 est une parfaite initiation au Shôgi ou à la version 5×6, accessible aux plus jeunes, à partir de 7 ans environ. Les règles sont simplifiées au possible tout en conservant le côté tactique inhérent à ce genre de jeux d’opposition, les pièces sont assez grosses pour être bien lisibles et bien préhensibles. La version 5×6 quant à elle offre un challenge intéressant pour les plus grands, adultes comme adolescents, et constitue un véritable entraînement vers le Shôgi car l’on retrouve presque tout d’une vraie partie. D’ailleurs les objectifs de fin ne sont pas les mêmes pour les deux versions : celle pour enfants est bien plus simple à remplir dans le but d’éviter qu’un match s’éternise, tandis que celle pour adulte se concentre sur la prise du roi adverse (incarné par le Koropokkuru).

Et comme dans tous les jeux de ce type, la réflexion et l’anticipation sont la clé pour l’emporter puisqu’il va falloir tenir compte des déplacements possibles adverses, mais aussi du fait de protéger nos propres pions ou non, calculer si la perte de telle ou telle pièce vaut le coup par rapport à ce qu’elle va rapporter, etc… Cependant la règle du parachutage, inhérente au Shôgi, rend le tout très complexe car il faut aussi prendre en compte où un pion capturé auparavant pourra se retrouver. Même si le plateau est moins grand qu’un Shôgiban, les possibilités sont nombreuses voire infinies et les stratégies mises en place potentiellement très différentes d’une partie sur l’autre, conférant une rejouabilité impressionnante.

Le matériel est de grande qualité, les pièces très agréables à manipuler. Cependant, étant donné leur forme, elles ne se tiennent pas comme au Shôgi (normalement entre le majeur et l’index). Les illustrations sont signées par Naïade (dont le style très coloré et très cartoon se retrouve sur d’autres jeux de société comme Seasons ou The Big Book of Madness), et collent parfaitement à l’ambiance poétique et folklorique.

Un titre idéal pour quiconque voudrait apprendre le Shôgi sans entrer directement dans le grand bain, ou aux amateurs d’échecs et jeux dans ce style. Les autres apprécieront évidemment son côté calculatoire à la fois simple et subtil. Yôkai no Mori fait d’ailleurs partie de toute une gamme de jeux abstraits dans la même veine, proposant des affrontements rapides à base de déplacements de pions.

Une perle.

Note: 16/20

Par Flippy Who

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