Veronica – Spanish Possession

De : Paco Plaza

Avec Sandra Escacena, Bruna Gonzalez, Claudia Placer, Ivan Chavero

Année : 2018

Pays : Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

À Madrid, après avoir participé à une séance de spiritisme avec ses amies, une jeune fille est assaillie par des créatures surnaturelles qui menacent de s’en prendre à sa famille.
Le seul cas d’activité paranormale officiellement reconnu par la police espagnole.

Avis :

Paco Plaza, le réalisateur du très bon REC, revient avec un nouveau film d’horreur, mais dans un autre style. Exit les zombies, cette fois il s’attaque aux esprits. Véronica raconte une histoire horrifique qui s’est produite dans les années 1990 en Espagne, selon les témoignages de la famille et selon le rapport de police de l’enquêteur en charge de l’affaire. C’est la seule fois de l’histoire de l’Espagne, qu’un policier a affirmé avoir été témoin de phénomènes paranormaux dans un rapport officiel. De quoi glacer le sang.

Un traitement classique  

Malgré son postulat de départ très intriguant, Véronica est finalement un film d’esprit somme toute très classique. Dans ses références aux classiques du genre, notamment à L’Exorciste de William Friedkin, Véronica ne tient pas la distance. Une jeune adolescente, des changements physiques et mentaux, des manifestations paranormales et des démons qui prennent les corps en otage. La ressemblance est forte. Mais peu importe, à peu près tous les films d’esprits reposent sur ce genre de postulat. Pour autant, les effets horrifiques de Paco Plaza demeurent très classiques : des portes qui grincent, des lumières qui s’éteignent, des objets qui bougent, une vieille folle qui voit les esprits etc… De même, une fois la menace définie, une fois le monstre à l’écran, comme bien souvent dans les films d’horreur, la terreur retombe. Car le plus terrifiant, c’est bien le non-dit, l’absence de monstre, qui marque plus que le gore ou les jump-scare (Alien et Les Dents de la Mer peuvent en témoigner). Une forme humanoïde, sans visage, sombre, le design du monstre est lui aussi dans les carcans habituels du genre et se rapproche du récent Ne t’endors pas.

Pour autant, le film regorge de bonnes idées pas forcément toujours exploitées. Notamment dans l’histoire : le rapport à l’héritage paternel, l’inceste (?) à peine mis en avant par les règles, la vieille nonne aveugle, etc… De même, dans les effets horrifiques, le film manque de renouvèlement. Pourtant cet appartement en U avait de quoi offrir quelques idées filmiques terrifiantes comme le temps où Véronica aperçoit la menace par la fenêtre à l’autre bout de son appartement…

Une technique précise et aboutie

Pour autant, la mise en scène de Paco Plaza est très précise. Une photographie léchée, des effets de caméra percutants tel le travelling au ralenti de Véronica, le panorama long et percutant des quatre enfants dans le final ou encore ce lent jeu de caméra qui filme les décors espagnols ou l’appartement avec style et précision. De même, la scène d’ouverture est très puissante : ce ballet de voitures de police, sous cette pluie froide, lancées à pleine allure, et ponctué de l’appel téléphonique glaçant de Véronica. Une mise en situation superbe qui s’arrête sur un retour en arrière de trois jours. Ellipse très réussie, plans qui se répondent, cette introduction est parfaitement rythmée et laisse le spectateur en suspens total, en attente de la conclusion. Une conclusion à toute allure et franchement percutante, notamment grâce AU plan du film, face aux yeux pétrifiés du policier.

Les symbolismes sont également nombreux, et les petits détails importants. Notamment ce tableau de loups qui entourent la biche, détail important, où l’ombre de l’esprit qui se balade dans les recoins sombres des plans. Finalement, ce qui glace le plus le sang, c’est de savoir que cette histoire est inspirée de faits réels et inspirée du rapport d’un policier en fonction. Le cinéaste joue là-dessus, et ce dès l’introduction qui met en scène l’appel d’urgence et la police qui entre dans l’appartement. Avec cette introduction, Paco Plaza joue avec notre ressenti et notre potentielle réception aux histoires de fantômes. Pari réussi, puisque cet appel d’urgence, réellement reçu par la police de Madrid, raisonne dans la tête du public jusqu’à la fin du film. Grâce à ça le film prend une autre identité, plus grande que celle du simple film d’horreur.

Ce qui fait tellement peur dans Véronica, plus que les effets horrifiques eux-mêmes, finalement très classiques, c’est de savoir que les faits racontés dans le film sont issus d’un rapport de police sérieux. Une fois que le spectateur est au courant de cela, le film prend une autre identité, notamment via LE plan du film, effrayant et impressionnant.

Note : 13,5/20

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Par Aubin

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