octobre 28, 2020

In the Fade

Titre Original : Aus Dem Nichts

De : Fatih Akin

Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar, Samia Muriel Chancrin

Année: 2018

Pays: Allemagne, France

Genre : Drame, Thriller

Résumé :

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe.
Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

Avis :

Fatih Akin est l’un des réalisateurs allemands actuels qui s’exporte le mieux. C’est un réalisateur qui a l’aura international. Coutumier des plus grands festivals de cinéma internationaux, cela fait maintenant vingt ans que le cinéaste filme l’Allemagne et le monde avec son œil si singulier. D’ailleurs, il est reparti du dernier film de Cannes avec le prix de l’interprétation féminine pour Diane Kruger, grâce à son dernier film, « In the fade« .

Après avoir abordé le génocide arménien avec « The Cut« , Fatih Akin revient en Allemagne pour nous raconter le calvaire d’une femme en trois actes. Trois actes prenants, voire bouleversants. Sombre, âpre et très dur, « In the fade » est un film qui ne fait pas de concession, quitte à trancher avec la morale. Critique et politique, on ressort de « In the fade » tendu, épuisé, soufflé avec la sensation d’avoir été étouffé face à tant de douleur et d’injustice. Bref, juste après « 3 Billboards, les panneaux de la vengeance« , le nouveau Fatih Akin est bien le deuxième film de la semaine !

La vie de Katja s’effondre le jour où son fils et son mari meurent tous les deux dans un attentat. D’emblée, des soupçons amènent sur un crime nazi, le mari de Katja étant d’origine turque. Très vite, l’enquête va aboutir, et bientôt, il va falloir laisser faire la justice. Anéantie par la douleur, témoin de son affaire, Katja va alors faire comme elle peut pour vivre et espérer voir une sanction à la hauteur du crime commis.

Cela faisait presque trois ans que nous n’avions plus de nouvelles de Fatih Akin, alors on peut dire que le retour du réalisateur allemand était attendu. Attendu d’autant plus après toutes les bonnes ondes entendues lors du dernier festival de Cannes et l’attente fut payante, puisque le film est un excellent et très dur moment de cinéma.

Se basant sur des attentats connus en Allemagne et commis par des néo-nazis, Fatih Akin nous plonge au plus près d’une femme détruite. Alors comme vous avez pu le constater plus haut, avec « In the fade« , on ne va pas s’amuser et c’est même tout le contraire, puisque le réalisateur aura tendance à nous mettre mal à l’aise.

Construit en trois grands chapitres, « In the fade » interroge sur le deuil, la justice et la vengeance. Voilà les trois thèmes que le réalisateur va explorer avec virulence. Trois thèmes qu’il développe avec beaucoup de douleur pour mieux nous mettre mal à l’aise et nous questionner sur eux. Comment vivre avec un tel deuil ? Quelles sont les failles de la justice et comment la justice orchestre un procès de la sorte ? (Fatih Akin en profite pour dresser un portrait peu reluisant de la justice, même sic’est aussi l’un des points faibles du film, puisque l’aboutissement du procès donne naissance à une grosse incompréhension). Comment se venger et surtout doit-on se venger ? Chaque partie est bien distincte l’une de l’autre et chacune d’elle donne de la consistance à l’intrigue. On souffre avec l’héroïne, on se révolte, on reste aux aguets. Bref, Fatih Akin nous tient et l’on ne voit pas son film passer.

Ce qui est excellent avec ce film, c’est le fait que le cinéaste pose ses questions et réfléchit avec son personnage. Un personnage qu’il ne juge pas, la laissant faire ses choix, et il nous laisse libre d’en comprendre ce que l’on en a envie. Beaucoup iront dire que « In the fade » prône la vengeance. Personnellement, je serais plus mesuré dans le sens où le réalisateur ne fait pas de ce parcours de vie une généralité et ni même pousse et véhicule des messages en ce sens-là. Il a laissé choisir son personnage et c’est très bien ainsi.

Un personnage campé par une Diane Kruger incroyable ! L’actrice qui retrouve sa langue maternelle est un bouleversement et elle porte à elle seule le film sur ses épaules. Boule de nerfs et de douleur, elle tient là l’un des plus beaux rôles de sa carrière et se trouve être étonnante à tout instant. C’est assez bluffant comme elle est transpercée par son personnage. Un personnage qui est plus complexe qu’il n’en a l’air, puisqu’avec une telle douleur et un tel choc, la comédienne aurait pu en faire trop et tomber dans le piège de la caricature et à aucun moment cela ne se produit. Et c’est assez dingue qu’en période d’Oscar, elle n’ait pas eu au moins une nomination.

« In the fade » est donc un drame poignant et bouleversant. Emmené et tiré vers le haut par une Diane Kruger incroyable, « In the fade » bouscule, met mal à l’aise, dénonce et pointe du doigt le droit à la seconde chance et la justice.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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