The Passenger – Train-Train Quotidien

Titre Original : The Commuter

De : Jaume Collet-Serra

Avec Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson, Sam Neill

Année : 2018

Pays : Etats-Unis, France, Angleterre

Genre : Thriller, Action

Résumé :

Comme tous les jours après son travail, Michael MacCauley (Liam Neeson) prend le train de banlieue qui le ramène chez lui. Mais aujourd’hui, son trajet quotidien va prendre une toute autre tournure. Après avoir reçu l’appel d’un mystérieux inconnu, il est forcé d’identifier un passager caché dans le train, avant le dernier arrêt. Alors qu’il se bat contre la montre pour résoudre cette énigme, il se retrouve pris dans un terrible engrenage. Une conspiration qui devient une question de vie ou de mort, pour lui ainsi que pour tous les autres passagers !

Avis :

Jaume Collet-Serra et Liam Neeson, c’est une grande histoire d’amour qui commence en 2011 avec le film Sans Identité. Succès surprise au box-office, les deux hommes semblent bien s’entendre et décident alors de rempiler pour un autre film d’action teinté de thriller, Non-Stop. Là aussi, le succès est au rendez-vous. C’est en 2015 que le soufflé retombera un peu avec Night Run, les gens commençant peut-être à se lasser de voir Liam Neeson dans des rôles similaires à chaque fois. Il faut dire que l’acteur semble un peu fatigué de jouer la carte de l’action, mais il décide de faire un dernier film où la castagne est de mise avec The Passenger. Ce métrage signe donc la quatrième collaboration entre les deux hommes, et on ne peut pas dire que l’originalité soit au rendez-vous. Un peu comme un vieux couple, la routine commence dangereusement à s’installer.

Avec The Passenger, Jaume Collet-Serra a une volonté première, celle de mettre un homme lambda face à des choix cruciaux mettant en péril ceux qu’il aime pour de l’argent. De ce fait, tout est fait dans le film pour mettre en avant l’appât du gain. Le héros, ancien flic et alors agent d’assurance, va se faire virer de son travail alors qu’il n’a pas un sou de côté et que son fils doit rentrer à l’université. Inquiet, il prend alors le train pour rentrer chez lui, comme tous les jours. On lui fait alors une proposition pour 100 mille dollars, retrouver une personne dans le train qui se nomme Prine et lui mettre un mouchard dans le sac. Bien entendu, l’homme se laisse happer par l’argent et il va mettre le doigt dans un engrenage diabolique. Tout le film repose sur le mystère de la personne à trouver dans le train, puis dans sa protection sur la fin. On se retrouve donc face à un film qui a des contraintes, celles de tourner dans un lieu clos sans créer de l’ennui et faire en sorte de maintenir un suspens constant. Cependant, le réalisateur est un habitué des défis de ce genre, puisqu’il l’a déjà fait avec Non-Stop.

On aura donc quelques similarités entre les deux films et même le réalisateur l’avoue, il voit The Passenger comme une suite spirituelle de Non-Stop. Du coup, point de nouveauté dans ce métrage, si ce n’est de se mettre à la place d’un homme sexagénaire qui recommence à tout perdre dans la vie. On ressent une pointe d’empathie pour ce personnage qui se perd dans une routine et qui va tomber dans un piège plutôt grossier. Liam Neeson joue relativement bien et reste crédible dans son rôle. Le problème, c’est que l’on est vraiment dans le film d’action américain par excellence, où même un homme dans la fleur de l’âge peut prendre des coups, il se relèvera tout le temps et s’en sortira à tous les coups. Il faut voir ce qu’il prend dans la tronche le pauvre Liam Neeson, mais qu’importe, il se relève toujours. Si ces scènes d’action sont plutôt bien shootées et dynamiques, elles restent peu crédibles, notamment dans les réactions des gens à bord du train. Des coups de feu sont tirés, des hommes saignent, mais personne ne semble s’inquiéter pour autant, discutant encore avec le personnage central alors qu’il accumule les bleus et les saignements. La crédibilité en prendra aussi un coup sur la fin du métrage, qui n’échappe pas au terrible happy ending purement américain.

Alors le film essaye de brasser quelques thématiques plus ou moins intéressantes en son sein. La première concerne le monde du travail et le réalisateur balance quelques piques dès le début de son film. Outre une routine mortelle, on aura droit au sempiternel licenciement économique pour un homme trop vieux qui coûte plus cher que ce qu’il rapporte. Ensuite, on pourra avoir l’histoire d’un homme qui va se suicider, certainement à cause du stress de son travail, etc… Jaume Collet-Serra ne met pas forcément de gants pour traiter cela et il le fait de façon frontale. Ensuite, le deuxième message véhiculé concerne les banques et notamment Goldman Sachs à travers un trader, golden boy, qui insulte tout le monde et se croit tout permis. Là aussi, le film ne met pas de pincettes et fonce tête baissée dans le cliché, s’octroyant même le droit de lancer un immense doigt d’honneur à ce monde fait de chiffres. Enfin, et c’est peut-être le plus important, The Passenger tente de poser un regard sur l’argent et son pouvoir. On va donc suivre un homme qui succombe à la tentation car il a besoin de cet argent pour les études de son fils. A travers la finalité du film, on va vite voir que le réalisateur veut montrer que l’argent a toujours un prix et qu’il est parfois très cher. Le problème avec tous ces messages, c’est qu’ils sont grossiers et traités de manière quelconque, sans vraiment apporter de réflexion derrière.

Néanmoins, si l’intrigue reste assez complexe pour pas grand-chose, le film possède un très bon rythme et quelques fulgurances parcourent le métrage. Le début, avec l’enquête sur les passagers, est plutôt sympathique, notamment la recherche finale qui se rapproche d’un Hitchcock ou d’un Agatha Christie. D’ailleurs, le moment où Liam Neeson joue au poker est assez intense et renouvelle un peu le métrage, relançant la machine. Le problème, c’est que la partie action et la fin du film gâche tout le potentiel, se voulant trop spectaculaire et complètement bordélique. D’ailleurs, certains changements de comportement seront incohérents et il y a un vrai manque d’équilibre dans les tonalités. C’est-à-dire que l’on va avoir droit à de l’humour à des moments très tendus et cela ne colle pas du tout avec l’ambiance générale plutôt sombre et chaude. Les vannes sortent à brûle-pourpoint et casse vraiment toute la tension accumulée, ce qui est vraiment dommage.

Au final, The Passenger est un film assez moyen. Si l’on ne s’ennuie pas et que Jaume Collet-Serra connait son boulot sur le bout des doigts, l’intrigue du film est trop capillotractée pour pleinement convaincre. Si on ajoute à cela des incohérences comportementales et une fin qui ressemble à n’importe quel blockbuster hollywoodien, le film perd toute crédibilité et s’enfonce parfois dans une médiocrité qui est masquée par une belle réalisation et des scènes d’action efficaces. Bref, si ça divertit sur le moment, il n’est pas sûr que le film reste longtemps dans les mémoires…

Note : 11/20

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Par AqME

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