octobre 26, 2020

La Promesse de l’Aube

De : Eric Barbier

Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon, Jean-Pierre Darroussin

Année : 2017

Pays : France

Genre : Drame, Biopic

Résumé :

De son enfance difficile en Pologne en passant par son adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale… Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau pour la vie…

Avis :

Romain Gary, immense écrivain du XXe siècle, homme de littérature, de cinéma, de politique et résistant, est une institution à lui seul. Ses œuvres, que ce soit en France ou à l’étranger, ont été adaptées par les plus grands. Il fut aussi adapté pour la télévision, comme pour les planches. Cela faisait maintenant trente-trois ans que Romain Gary n’avait pas été adapté pour le grand écran.

Sorti en 1960, « La promesse de l’aube » est un roman autobiographique dont c’est la deuxième adaptation après Jules Dassin en 1971. Pour être totalement honnête, même si je connais Romain Gary, je dois avouer que j’étais complétement ignorant de sa vie et ce film signé Eric Barbier, bien qu’académique sur certains points, m’a fait passer un excellent moment de cinéma, en plus de m’instruire sur l’une de « nos légendes ».

Spectacle, parcours incroyable, amour infini, romance et romanesque, le nouveau film d’Eric Barbier (« Le serpent« ) s’avère aussi émouvant qu’ilest excellent et maîtrisé, malgré ses imperfections et un côté trop lisse.

Un début de vie en Russie. Une enfance difficile en Pologne. Un amour infini pour la France, et sa mère… Des années 20 aux années 60, Romain Kacew,, qu’on appellera plus tard Romain Gary, aura tout fait pour briller aux yeux de sa mère. Un amour inconditionnel qu’il portera aussi comme un fardeau…

« La promesse de l’aube« , c’est le récit d’un amour implacable. C’est le récit d’une vie brisée avant même qu’elle n’ait commencé, étouffée par cet amour sans limite.

Pour son sixième film, le plutôt rare Eric Barbier s’est donc lancé dans un sacré projet, adapter presque toute la vie de Romain Gary sur un peu plus de deux heures de film. Et même si son film a des faiblesses et parfois de gros traits, le résultat est là et c’est du très bon cinéma. Du cinéma comme le cinéma français mériterait d’en faire plus. De l’enfance à la vieillesse, de l’adolescence à l’âge adulte, de la Pologne des années 20 au Nice de la même époque. Du Paris des années 30 avec ses relations amoureuses et ses plaisirs sexuels. De ses premières nouvelles à la montée en puissance de l’Allemagne nazie ou encore la Seconde Guerre mondiale, Eric Barbier nous conte cette histoire, cette vie, avec beaucoup de passion et d’émotion.

Ce qui fait le ciment de ce film bien sûr, c’est cet amour incroyable entre une mère et son fils. Une relation d’admiration, mais aussi d’égoïsme. Une relation aussi belle que difficile. Une relation pleine de reliefs, de hauts et de bas, de fulgurances et de désarrois. Une relation étouffante et libératrice en même temps. Cette « … promesse de l’aube« , c’est un amour puissant comme rarement on en a vu au cinéma. On est touché par ces deux personnages. On est bouleversé parfois, et d’autres fois agacé, comme le trait se fait lourd. Oui, certaines fois, Eric Barbier pousse un peu trop loin Pierre Niney et une scène en particulier apparaît comme ridicule.

Cette relation, cette histoire, cette vie, sont servies par une mise en scène calibrée à souhait. « La promesse de l’aube« , c’est aussi du spectacle et un dépaysement, en plus de nous raconter un parcours incroyable. Des scènes intimes à de grandes scènes de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. Du Paris « libertin » de ce jeune homme, au Londres sous les bombes, ou encore l’Afrique et le Mexique, « La promesse de l’aube » assure le divertissement, même s’il manquera parfois de spontanéité. On sent que parfois la machine est bien trop huilée, que tout ici est fait pour plaire au plus grand nombre et c’est dommage. Cette « … promesse de l’aube » aurait gagné encore à être plus audacieuse et à sortir des sentiers battus.

Le spectacle, c’est aussi l’impeccable BO de Renaud Barbier, aux sonorités qui rappellent les plus belles musiques de Max Richter. Une BO qui accompagne en douceur et en violence la vie et les émotions de Romain Gary.

Puis enfin, il est impossible de ne pas aborder ce film sans parler de Charlotte Gainsbourg. Si Pierre Niney est encore une fois excellent, s’il est suivi d’un casting fabuleux, Didier Bourdon à contre-emploi, Finnegan Oldfield, Nemo Schiffman, Jean-Pierre Darroussin, Pawel Puchalski, c’est bien Charlotte Gainsbourg qui ressort de ce film. C’est bien simple, on n’avait encore jamais vu l’actrice comme cela. Possédée, incroyable, terrifiante parfois, elle incarne cette mère avec ses tripes ! Elle y a mis tout ce qu’elle a, ne reculant devant rien, et ça, sans jamais franchir la limite de la caricature ou du lourd. Le César doit lui revenir cette année.

Bref, moi qui m’attendais à un petit film lambda, j’ai été bluffé. Magnifique, grandiose, impressionnant dans sa reconstitution et ses scènes de guerre, prenant et émouvant dans son histoire, Eric Barbier a donc très bien raconté ce destin, aussi beau et épique, qu’il est aussi triste, fragile et tragique.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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