décembre 2, 2020

24H Limit – Mort Programmée

Titre Original : 24 Hours to Live

De : Brian Smrz

Avec Ethan Hawke, Paul Anderson, Liam Cunningham, Rutger Hauer

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Travis Conrad, tueur d’élite d’une organisation paramilitaire, est tué en mission en Afrique du Sud. Mais une procédure médicale expérimentale mise en place par ses employeurs le ramène temporairement à la vie, lui offrant 24 heures supplémentaires. Dans cette course contre la mort, comment Travis va-t-il pouvoir se sortir de ce piège ?

Avis:

Il fut un temps béni où les films d’action bénéficiaient d’un scénario et d’un traitement de personnages assez intéressant. C’est comme ça que sont nées de juteuses licences et des tronches du cinéma d’action à l’instar de Charles Bronson, Chuck Norris, Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et consorts. Puis, petit à petit, le cinéma d’action s’est un peu délité sans jamais vraiment disparaître, mais se reléguant aux films de seconde zone, n’étant presque plus considéré comme du cinéma à part entière, mais du pop-corn movie pour adolescents attardés. Il aura fallu attendre un long moment pour retrouver des films d’action dignes de ce nom et entre Expendables, The Raid ou encore John Wick, on peut dire qu’aujourd’hui, le cinéma d’action a retrouvé ses lettres de noblesse. Malheureusement, il y a toujours un opportunisme nauséabond qui sévit sur Hollywood et on aura toujours des scénaristes et réalisateurs pour surfer sur un succès et essayer d’attirer le chaland dans les salles obscures pour proposer des métrages médiocres en faisant saliver sur l’affiche. C’est exactement le cas pour 24H Limit, qui se veut un film par les producteurs de John Wick et n’est en fait qu’un très mauvais film d’un intérêt inexistant.

Ce film nous propose donc de suivre les mésaventures de Travis Conrad, un ancien agent d’une agence de sécurité privée qui va rempiler pour une dernière mission, retrouver un autre agent récupéré par Interpol et qui détient des informations compromettantes sur l’agence. Sauf que ce pauvre Travis va être tué, puis ressuscité grâce à une expérimentation scientifique. Il a donc 24 heures de vie supplémentaires, mais il va se faire abandonner par son agence. Désireux de découvrir la face cachée de son ancien employeur, il va donc tout faire pour trouver les réponses à ses questions avant sa vraie mort. Si le pitch ne laisse rien apercevoir de bon, on reste tout de même dans un mélange intéressant de SF et d’action. Le film aurait pu amener des réflexions sur l’utilité ou non de ces heures en plus. Il aurait pu tenter de montrer que de savoir le moment exact de sa mort est une chose horrible en plus d’être inexorable. Mais non. Le film fait fi de toute réflexion et préfère se tourner sur le côté obscur de cette agence fictive qui finalement, n’intéresse pas grand-monde. En fait, on ne sait rien sur l’agence. On ne sait pas ce qu’elle fait au départ, on essaye de deviner par quelques bribes, mais on ne comprend pas qui et qui d’entrée de jeu et cela laisse le spectateur sur le carreau.

Le film est très mal fichu d’un point de vue réalisation et montage. C’est bien simple, dès le départ on ne sait pas qui sont les gens qui se font attaqués et on ne sait pas par qui ils se font attaquer. La séquence suivante montre le héros du film en train de boire du rhum sur une plage, puis de jeter des cendres à la mer avec un homme dont on ne sait rien. On saura plus tard que c’était son beau-père et à qui appartenait les cendres, mais sur le fait accompli, on reste comme des imbéciles à se demander ce qu’ils sont en train de faire. Le film manque vraiment de liant, que ce soit pour présenter les personnages, et à partir de ce moment-là, difficile de ressentir de l’empathie pour eux, mais aussi pour passer d’une scène à une autre. Le montage est clairement épileptique et ne sait pas où aller. Brian Smrz est un ancien chef cascadeur et premier assistant de réalisation, mais pour le coup, il a encore beaucoup à apprendre. Par exemple, il arrive à couper l’action de l’assaut final, pour montrer d’autres soldats, dans une autre pièce, mais on ne sait pas pourquoi il y a cette coupure et cette scène. On a vraiment la sensation d’une errance perpétuelle, en plus d’une absence d’idées car le film manque de plans iconiques ou qui tâte la rétine. On a clairement la sensation d’être face à une série B d’action produite par EuropaCorp et Luc Besson.

Alors oui, la version française est ignoble, mais cela ne change pas énormément au jeu des acteurs. C’est impressionnant comme ils sont tous mauvais, alors que la plupart sont des comédiens chevronnés. Ethan Hawke n’est absolument pas crédible dans ce rôle. Outre un physique pas assez costaud, l’acteur est soit en surjeu, soit en mode « je m’en fous » et on ne ressent pas de l’empathie pour lui. Et puis il faut dire qu’il semble peu doué à l’art du combat alors que ce doit être un tueur. Mais à la rigueur, ce n’est pas le pire. Paul Anderson est clairement catastrophique. Sorte de méchant/ancien meilleur ami (les clichés vont bon train), il n’est pas intéressant dans son script, mais son surjeu perpétuel est insupportable. Ce sera la même chose pour Liam Cunningham ou même Rutger Hauer qui vient toucher un cachet et s’en va. Le film est un ratage complet au niveau du casting. Mais le pire dans tout ça, c’est la cohérence des réactions. Pour ne prendre qu’un exemple, on aura un moment un peu gênant où le personnage qui a tué le héros va devenir son principal allié en quelques fractions de secondes, sur un coup de tête et sans forcément parler ou trouver des compromis. Le film va trop vite et il en devient incohérent.

Au final, 24H Limit est un très mauvais film qui ne possède aucun point positif. Essayant vainement de surfer sur le succès de John Wick, le film se ramasser complètement sur tous les fronts, présentant des personnages fonction inintéressants, une mise en scène à la ramasse et sans âme et une histoire qui ne tient pas debout, n’exploitant jamais son postulat de départ, celui des 24 heures à vivre. Bref, un beau ratage doublé d’une publicité mensongère puisque niveau action, il faudra attendre le dernier quart d’heure…

Note: 02/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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