décembre 2, 2020

Resident Evil 7

Résumé :

Ce nouvel épisode vous conduit dans un manoir isolé où une nouvelle expérience virale a dégénéré. Vous commencez seul et désarmé et gagnez puissance et informations au fur et à mesure que vous explorez l’univers cauchemardesque qui vous entoure.

Avis :

Comme pour le cinéma horrifique, les licences d’horreur ont toujours eu le vent en poupe que n’importe quelle console que ce soit. Et si deux séries ce sont nettement démarquées du reste, on peut retrouver des univers complètement à part, comme pour les Project Zero ou encore Forbidden Siren il y a quelques années. Mais les deux mastodontes que sont Silent Hill et Resident Evil ne craignent pas grand-chose, non seulement parce que leur notoriété n’est plus à faire, mais aussi parce que ça reste le haut du panier en termes de qualité. Et même si certains opus sont bien en deçà des autres, on reste dans un plaisir de jeu immédiat et une peur toujours présente. Resident Evil avait un peu perdu de sa superbe avec les épisodes 5 et 6, la faute à une volonté de vouloir mettre plus d’action et plus de monstres. Du coup, on se retrouvait avec des jeux assez bourrins, qui avaient oublié la saveur des premiers opus, à savoir le manque de munitions, tout l’aspect survival. Fort heureusement, il semblerait que Capcom ait bien entendu les fans.

Avec ce septième épisode, Resident Evil repart sur de nouvelles bases. Exit le TPS (Third Person Shooter pour les profanes) et bienvenue au FPS (First Person Shooter). Dans ce jeu, on ne verra que les mains du personnage que l’on incarne. Cela facilite l’immersion dans le jeu, mais c’est surtout que Resident Evil 7 a été entièrement pensé à être joué en réalité virtuelle, dont l’expérience en serait décuplée. Ce choix de jeu est assez intéressant car non seulement il immerge plus facilement le joueur dans l’ambiance, mais aussi dans son environnement, qui change du tout au tout quand on connait bien la licence. Plus de villes en flammes en proie aux zombies, ni de villages espagnols infestés, ici, on est dans le bayou, en Louisiane et on va se retrouver confronté à une famille de cinglés qui n’est pas sans rappeler Massacre à la Tronçonneuse. Entre le patriarche massif et omniprésent, la mère braillarde et le fiston excité et complètement allumé, on nage en plein cauchemar et cela est réellement un plus pour la licence qui parvient à se renouveler en plus de proposer des références parfaitement digérées. Si on ajoute à cela la grand-mère neurasthénique dans son fauteuil roulant, la boucle est bouclée. Le seul défaut que l’on pourrait donner au scénario, c’est que finalement, sur la fin, on retombe sur les complots Umbrella et les expérimentations à deux balles, ce qui fait que le parti pris de départ perd un peu de sa force et de son intérêt.

Au niveau du gameplay, la licence renoue aussi avec le passé. Les munitions se trouvent difficilement, il faudra économiser un maximum pour être sûr de vaincre les boss et on retrouve les points de sauvegarde dans des sortes de safe room avec un magnétophone. On aura aussi droit au sac à dos à gérer avec un emplacement limité et des coffres qui permettront de stocker et qui se trouve dans chaque point de sauvegarde. On a vraiment la sensation que Capcom a entendu les fans et tente de renouer une certaine confiance. Le jeu a tout de même la bonne idée d’innover un peu, et pas seulement sur le scénario. Si on devra faire d’incessants allers-retours dans la maison pour débloquer des énigmes et trouver les clés correspondantes à certaines portes, on devra faire attention à certains monstres errants, ayant la fâcheuse tendance à surprendre et à attaquer à des moments inopportuns. De ce fait, la peur est bien présente, surtout à cause du père qui erre dans la baraque que l’on doit fouiller et c’est assez pénible de devoir gaspiller des balles pour un monstre qui revient tout le temps. Mais en même temps, cela rajoute une pression intéressante et force à jouer différemment, au lien de foncer dans le temps. Mais il n’y a pas que des points négatifs dans le gameplay. Notre avatar est assez lourdaud et les déplacements sont parfois poussifs, notamment quand on doit s’éloigner d’un monstre pour lui tirer dessus. Ils sont souvent plus rapides que nous et on peut se faire toucher de façon stupide. On peut aussi imputer quelques commandes pas toujours évidentes comme le demi-tour qui peut facilement nous faire perdre la tête.

Il y a un autre petit point noir dans ce jeu, c’est la facilité avec laquelle on va tuer les boss. S’ils sont beaux et parfois très impressionnants de par leur gigantisme, ils n’en demeurent pas moins assez peu coriaces. Ils auront tous leur point faible bien en évidence, et il suffira d’une paire de fois pour trouver leur faiblesse et donc les annihiler à tout jamais. Par contre, il faut reconnaître que leur design est souvent très réussi et qu’ils font relativement peur, comme la mère de famille qui se transforme en une sorte d’araignée sans pour autant perdre son aspect humanoïde. Et graphiquement, le jeu est très réussi. Si certaines textures laissent à désirer, comme ce vomi noirâtre, on reste quand même dans le haut du panier, avec des personnages très charismatiques et réussis et certains passages trash et gores absolument parfaits (mention spéciale au flic qui se prend un bon coup de pelle). Encore une fois, c’est sur la fin que le jeu déçoit un peu, avec une mine de sel qui n’a pas la même intensité graphique que la maison, qui peut se percevoir comme une maison hantée, et donc des passages moins intenses et bien plus bourrin.

Au final, Resident Evil 7 reste tout de même une valeur sûre du survival horror sur PS4. Entre un début tonitruant, des moments qui font vraiment peur, des références parfaitement intégrées ou encore un gameplay qui permet une belle immersion, ce septième opus de la plus célèbre saga horrifique vidéoludique est une franche réussite. Et malgré quelques menus défauts, on passe un excellent moment, avec, en plus, une très bonne durée de vie. Reste à savoir si Capcom va rester sur cette lancée, ou retomber dans ses travers d’action bourrine sans trop de saveur.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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