Sharknado The 4th Awakens

De : Anthony C. Ferrante

Avec Ian Ziering, Tara Reid, David Hasselhoff, Gary Busey

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Nanar

Résumé:

Quatrième épisode de la saga Sharknado qui suit la lutte de gentils citoyens en proie à de méchants requins affamés et déchaînés.

Avis:

Le nanar est devenu un genre à part entière dans le cinéma. En effet, il s’agit de films qui se prennent au sérieux, mais qui sont tellement ridicules qu’ils en deviennent drôles. Certains sites se sont d’ailleurs spécialisés dans le domaine et on retrouve une pléthore de nanars à qui veut bien les chercher. Le problème, c’est qu’il y a une grande différence entre le nanar et le navet, qui lui est un film qui se veut volontairement mauvais. On passe alors un mauvais moment, ne pouvant rire devant l’incongruité de ce qui se passe devant nos yeux. Pourtant, il semblerait que Sharknado ait réussi le pari fou de faire oublier la distance entre les deux genres. Si le premier épisode pouvait prêter à sourire de par son scénario branlant mettant des requins dans une tornade, les suites ne pas du tout reluisantes, s’enfonçant méthodiquement dans la médiocrité la plus crasse. Ainsi donc, après un deuxième épisode poussif et un troisième carrément bordélique et sans aucun sens, nous voici avec un quatrième opus qui s’avère encore plus mauvais que les films précédents. Un exploit.

Avec Sharknado, il faut toujours trouver un scénario bien débile pour remettre des requins dans des tornades. Ici, un scientifique a réussi à créer un système de satellites empêchant la formation de sharknado. Car oui, on apprend qu’à chaque tempête, ce n’est plus une tornade basique qui se produit, mais bel et bien une sharknado. Malheureusement, le système lâche et plusieurs sharknado prennent forme, pile vers Las Vegas, là où se trouvent nos héros. Le problème, c’est que les sharknado vont prendre différentes formes, prenant parfois sa source dans un volcan, sous terre ou dans de la neige. On aura même droit à un sharknado nucléaire. Bref, c’est le grand bordel et encore une fois rien n’est cohérent, tout part dans tous les sens. Mais qu’importe visiblement, puisque la sauce prend et qu’il y a toujours un public pour qui ce genre de film plait.

Ne nous leurrons, ce n’est pas notre cas, puisque ce quatrième épisode, tout comme son aîné, pue le cynisme à plein nez. C’est bien simple, on a constamment la sensation de se faire prendre pour un imbécile. Si le scénario n’a ni queue ni tête, on le sait d’avance, par contre, ce qui est dommageable, c’est que même les situations sont complètement imbuvables. Prenons un exemple concret. A un moment donné, le héros se retrouve bloqué dans une voiture avec sa belle-fille sur une enseigne lumineuse. L’enseigne tombe, mais le héros arrive à conduire la voiture dans les airs, en ouvrant sa portière, pour la faire atterrir sans aucun souci. Et ces passages horriblement nuls sont récurrents dans le film, à un tel point que l’on se demande bien ce que l’on regarde. En plus de cela, c’est volontairement moche, avec des effets spéciaux à la ramasse et une envie folle de perdre le spectateur dans des couleurs criardes ou des personnages complètement grotesques. Entre des happenings foireux, des stars has-been qui veulent retrouver une gloire d’antan ou encore de parfaits inconnus qui surjouent à mort, on est clairement dans un foutage de gueule complet.

Quand bien même, on sait dans quoi on met les pieds et on peut se demander ce que l’on attend d’un tel épisode. Tout simplement un divertissement crétin, mais au moins drôle dans son bordel. Ce ne sera pas du tout le cas ici. On retrouve les mêmes personnages que précédemment, on apprend un peu plus de chose sur la vie du héros, mais c’est surtout sa femme, jouée par Tara Reid qui va nous faire de la peine. L’actrice, qui n’a plus que la peau sur les os, joue un cyborg qui doit tout fracasser sur son passage. C’est une véritable Iron Woman. Mais comment croire en son statut dans la façon qu’elle a de courir, de pousser un camion ou tout simplement de faire apparaître un sabre laser dans sa main. Ce n’est pas qu’une question d’effets spéciaux, c’est aussi une question d’investissement et de mouvements. Il en ira de même chez David Hasselhoff qui ne se moque même plus de lui et semble enchaîner les projets douteux pour payer ses dettes. Et que dire des personnages poubelles qui ont deux phrases avant de mourir bêtement. Bref, même sur des choses qui pourraient être faciles à mettre en place, le film se gaufre radicalement.

Et puis ce n’est pas drôle. Malgré la frénésie du film, on s’ennuie sec et les phrases lancées à brûle pourpoint sont d’une bêtise crasse. Sans compter sur les actes héroïques manqués et les références à d’autres films qui sont autant d’insultes au septième art. Alors ça copie vaguement les films de super-héros, ça fait des clins d’œil à Star Wars sans que ça serve à grand-chose. On a même droit à de multiples références au cinéma de genre avec du Massacre à la Tronçonneuse et du Christine. Un coup à chopper un malaise cardiaque quand on voit comment ces deux films cultes sont souillés. Et enfin, on n’échappera la référence à Alien avec le robot de fin, mais cela est vraiment navrant. Le seul petit point positif de ce film par rapport à son aîné, c’est que celui-ci mise moins sur les réseaux sociaux pour exister. Dans l’épisode précédent, on pouvait, durant le film, balancer des hashtag pour réagir, un procédé qui montrait combien peu importait la qualité du film pourvu que l’on ait des tweets. Celui-ci ne fait plus ça, mais cela n’enlève rien à sa médiocrité crasse.

Au final, Sharknado The 4th Awakens est une purge infâme qui continue d’enterrer la franchise dans les méandres de la nullité. Sans scénario un tant soit peu intéressant, sans acteur investi, sans réalisation un peu agréable, le film part dans tous les sens, se permet tout et n’importe quoi et finit par laisser le spectateur chaos devant tant de bordel et de non maîtrise du bousin. Il serait peut-être temps d’arrêter de prendre le spectateur pour un idiot et nous autres, idiots, de regarder ce show abject qui ne devient plus qu’un plaisir pour le défoncer ensuite sur du papier virtuel.

Note : 00/20

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Par AqME

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