Locataires

Titre Original : Bin Jip

De : Kim Ki-Duk

Avec Lee Seung-Yeon, Jae Hee, Kwon Hyuk-Ho, Mi-Suk Lee

Année : 2004

Pays : Corée du Sud, Japon

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Tae-suk arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi qu’elles sont désertées. Il y pénètre alors et occupe ces lieux inhabités, sans jamais rien y voler. Un jour, il s’installe dans une maison aisée où loge Sun-houa, une femme maltraitée par son mari…

Avis :

À force de partir à la découverte du cinéma de Kim Ki-duk en si peu de temps, je ne vais bientôt plus avoir à vous le présenter. Bref, après trois films sortis chez nous en 2004 (« Printemps, été, automne, hiver et … printemps« , « Samaria » et « The Coast Guard« ), Kim Ki-duk continue à être toujours aussi productif et avec deux films qui sortiront en 2005.

Premier des deux films de 2005, made in Kim Ki-duk, « Locataires » est une œuvre surprenante et étrange. Une œuvre à la singularité poétique. Une œuvre qui happe son spectateur. « Locataires« , c’est une heure et demi à part, c’est une heure et demi d’un cinéma audacieux et beau. « Locataires« , quelque part entre le silence, l’amour, la douleur, le fantasme et la poésie, se pose comme l’une des plus belles merveilles de son réalisateur. Bref, encore une fois, Kim Ki-duk nous éblouit et mérite tout notre intérêt. C’est vraiment dommage qu’avec un tel talent, le réalisateur ne soit pas plus connu du grand public. Dommage aussi que ses films sortent de manière si discrète.

Tae-suk, au guidon de sa moto, colle des prospectus sur des portes de maison. Quelques jours après, il revient vérifier si les prospectus sont encore présents. Si oui, cela veut dire que la maison est déserte. Tae-suk prend donc possession des lieux sans jamais rien y voler. Un jour, il entre dans la sublime maison de Min-kyu et y fait la rencontre de Sun-houa, une femme magnifique, maltraitée par son mari. Entre Tae-suk et Sun-houa nait alors une relation étrangement belle, ambiguë et sincère.

Une merveille, voici ce qu’est « Locataires« , énième bijou porté à l’écran par le talentueux Kim Ki-duk. Il est assez difficile de mettre des mots clairs et justes sur un tel film, tant « Locataires » s’avère être une expérience émotionnelle singulière.

Très calme et posée, avec peu, voire pas de dialogue et une ambiance musicale incroyable (« Gafsa » de Natacha Atlas), Kim Ki-duk filme avec magnificence  les émotions de ses deux personnages perdus, brisés et finalement amoureux. Partant avec un scénario aussi étrange qu’il est touchant, le réalisateur sud-coréen nous offre une leçon de poésie, d’amour, de sentiment et de silence.

Très esthétique, « Locataires » est un film qui séduit et happe plus par comment il raconte son histoire que par ce qu’il raconte. Ici, c’est l’ambiance, l’univers et la beauté fragile de ses personnages qui fait la très grande et trop belle partie de ce film.

Ici, la mise en scène n’est que poétique, et plus le film avance et plus cette dernière se renforce, tout en finalement s’effaçant, devant presque une évidence dans cette histoire. On est passionné et touché par la détresse et l’errance de ces personnages. On est subjugué par leur choix et leur relation qui se construit très simplement, malgré l’ »extraordinarité » de leurs situations. Kim Ki-duk, en plus d’offrir un film envoûtant, nous garde aussi captivé, car « Locataires » se fait mystérieux et même imprévisible. Qui aurait imaginé ce final ? Personne et encore moins la violente poésie de ce dernier.

« Locataires« , c’est aussi deux acteurs incroyables de sensibilité. Deux acteurs qui s’opposent, qui se ressemblent et qui s’unissent. Jae Hee est incroyable dans ses regards, dans sa gestuelle et fait passer tellement d’émotions dans ses silences. C’est un livre ouvert, dans lequel rien ne nous échappe et l’on est vraiment touché par ce garçon, dont on ne sera pas grand-chose finalement. Quant à Lee Seung-yeon, elle est fascinante de par son silence indéfectible. Un silence qui laisse tout transparaître, amour, mal être, douleur, espoir. Révélation totale, elle a tout d’une immense actrice. Leur couple est étrange, mystérieux, parfois flippant, mais toujours beau et magnifique.

Magnifique, entre réalité et rêve, entre amour et douleur, silence et regard, Kim Ki-duk nous entraîne et nous offre un film incroyable, presque hypnotique. Un film dont on ressort chamboulé, notamment dans ses derniers instants, où le réalisateur, avec une certaine maestria, conclut son film comme jamais aucun autre film ne l’avait fait.

« Locataires » est une merveille qui s’inscrit, à n’en pas douter, comme l’une des plus merveilleuses merveilles de son réalisateur. Un réalisateur trop peu connu, dont je vais m’empresser de découvrir encore et encore son cinéma.

Note : 18,5/20

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Par Cinéted

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