The Black Room

De : Rolfe Kanefsky

Avec Natasha Henstridge, Lin Shaye, Lukas Hassel, Dominique Swain

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Ils pensaient emménager dans la maison de leurs rêves, mais un cauchemar les attend en la présence d’un esprit lubrique maléfique qui vit au sous-sol.

Avis :

S’il y a bien un genre qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui, et on se demande bien pourquoi, c’est le mélange de film érotique et d’horreur. S’il doit bien y avoir quelques réseaux souterrains avec des films indépendants plus sales que racontant quelque chose, que ce soit au cinéma ou dans le rayon un peu plus grand public des DVD, l’érotico-gore ne se voit plus. S’il fut un temps utilisé entre les années 70 et 80 pour des films de plus ou moins bonne qualité comme Emmanuelle et la Montagne du Dieu Cannibale, aujourd’hui, on se la met derrière l’oreille. Mais avec la plateforme Netflix, tous les espoirs sont permis, s’affranchissant finalement de tous les codes de diffusion pour mettre en avant ce qu’il lui plait. C’est ainsi que l’on peut mettre la main sur The Black Room de Rolfe Kanefsky, un film d’horreur avec quelques élans érotiques, histoire de rendre plus vendeur un film qui ne l’est pourtant absolument pas.

Le pitch est stupide à souhait. On commence avec une grand-mère qui héberge sa petite-fille et une nuit, un démon invisible sort d’une porte de la cave et va commencer à toucher la jeune fille et à lui faire ressentir un plaisir intense. Elle réussit à s’échapper malgré tout, un peu grâce à sa grand-mère qui se sacrifie. Deux ans plus tard, un couple achète la maison pour une bouchée de pain, mais va vite se rendre compte qu’il y a quelque chose de bizarre au sous-sol. Prendre du plaisir jusqu’à en mourir, voilà ce qui pourrait résumer le message profond de ce métrage. D’entrée de jeu, le film nous montre toutes ses limites, que ce soit techniques ou scénaristiques. En effet, dès le début, on va vite se rendre compte que cette histoire de démon enfermé est juste un prétexte pour montrer des nichons et faire place à quelques effusions glaireuses rougeâtres pour mettre le spectateur dans un état entre le dégoût et le plaisir. Un état qui ne résidera pas longtemps tant le film en fait des tonnes et ne parvient pas à tenir ses personnages.

La problématique majeure de ce film, c’est la maigre épaisseur des protagonistes principaux. Natasha Henstridge, qui semble avoir du mal à trouver du boulot depuis La Mutante, joue une libraire lambda et qui n’a pas grand-chose à raconter. Son mari, lui, fait un métier que l’on ne connaîtra jamais et semble lui aussi sans aucun background. Alors ce n’est pas qu’il faille des personnages avec nécessairement un gros bagage derrière eux, mais il manque une certaine implication dans les rôles et leur façon de faire. En gros, les lignes de script sont très fines et la seule préoccupation du couple, c’est de trouver un moment pour baiser. Ce qu’ils ne feront jamais, contrairement aux acteurs de seconde zone qui naviguent dans le métrage. Des acteurs qui jouent des personnages fonction sans réel intérêt, à l’image de Lin Shaye qui cachetonne, de la petit sœur gothique ou encore du couple qui a du mal à baiser. Les thématiques tournent en rond, les personnages aussi.

Mais le plus gros défaut du film, c’est de ne pas être cohérent dans les relations entre les personnages. C’est-à-dire que dès le départ, on ressent comme des obligations scénaristiques qui ne collent pas du tout avec ce que devraient ressentir les personnages. A titre d’exemple, pourquoi la grand-mère fait dormir sa petite fille (canon qui plus est) chez elle alors qu’elle sait qu’elle a un démon dans son sous-sol ? Pourquoi, alors que sa femme est dans son bain, le type ne s’interroge pas sur ce qui est en train de lui sucer la bite ? Et quand elle sort enfin de la salle de bains, il pense encore que c’est elle qui lui a fait ça ! Pourquoi la petite sœur gothique qui verse dans la divination ne voit pas que son beau-frère est en fait un démon lubrique ? Bref, autant que questions qui ne trouveront pas de réponses et qui montrent que le film n’est pas assez travaillé. Le spectacle qui met le plus mal à l’aise étant dans le restaurant, alors que lui reluque toutes les filles et que sa femme laisse faire, comme si c’était normal. Alors on pourrait croire à une comédie horrifique, mais même pas, puisque malgré tout, le film se prend très au sérieux sur plusieurs aspects.

Alors que reste-t-il à The Black Room pour nous accrocher ? Pas grand-chose ce n’est quelques fulgurances gores un poil old school. On sent bien la volonté du réalisateur de faire un film qui lorgne du côté des années 90, et sur certains points, cela se voit. On pense notamment à cette pauvre nana qui va se faire transpercer par une bite géante démoniaque, ou encore ce pauvre plombier qui va se faire décapiter à coup de porte de sèche-linge. Des effets spéciaux fait à base de prothèses et de maquillage qui tranchent nettement avec les quelques délires numériques qui parsèment le film. Car oui, allant au comble du mauvais goût, le film se paye des effets spéciaux numériques infâmes comme de la fumée rajoutée en post-prod ou encore des petites bulles pour simuler le battement de veines géantes à la fin du métrage. Des choix hasardeux qui finissent par enterrer le film dans les méandres du navet grotesque et sans but. Et c’est dommage parce que certains choix étaient judicieux, notamment avec un costume de démon sympathique et un final bien gore qui se termine en eau de boudin.

Au final, The Black Room est un très mauvais film qui n’arrive jamais à se décider s’il doit faire dans l’humour ou dans le gore dégueulasse. Rolfe Kanefsky ne sait pas à quel sein (le jeu de mot est voulu !) se vouer et décide de ne pas choisir, laissant le spectateur devant un spectacle vide de sens, mettant en avant un érotisme puritain avec du gore gentillet pour un résultat aberrant et de très mauvais goût.

Note : 03/20

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Par AqME

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