Vers la Lumière – Petite Douceur

Titre Original : Hikari

De : Naomi Kawase

Avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji, Kazuko Shirakawa

Année : 2017

Pays : Japon, France

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Misako aime décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescriptrice de films, c’est toute sa vie.
Lors d’une projection, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement.
Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

Avis :

Le cinéma de la japonaise Naomi Kawase est sûrement ce qui se fait de plus délicat ces dernières années. Si la cinéaste ne fait pas beaucoup de bruit, elle propose très régulièrement de petits bouleversements qui ne sont pas passés à côté des yeux et du cœur des cinéphiles. Et après le sublime et poignant « Les délices de Tokyo« , la réalisatrice revient cette année avec son onzième film, « Vers la lumière« .

Habituée de la Croisette, Naomi Kawase revient donc avec une belle histoire. Une histoire douce, simple, un peu triste, mais aussi pleine d’espoir, de force et de beauté tragique. « Vers la lumière » est un film qui reconnecte la simplicité des choses. C’est un film qui replace les choses, et nous fait prendre conscience de notre propre bonheur, et que nos petits tracas, finalement, ne sont pas grand-chose face à d’autres problème dans ce monde. Et finalement, à la sortie de « Vers la lumière« , on a qu’une envie, c’est de profiter de notre chance et de notre vie. Encore une fois, la réalisatrice nous touche au cœur, aux émotions, et même à l’âme et nous, on a envie de lui dire merci, tout simplement.

Misako est une jeune femme au métier aussi quasi-inconnu qu’absolument nécessaire. Misako est audiodescriptrice de film, et c’est un métier qu’elle fait avec passion, essayant toujours de trouver les mots justes pour ouvrir le cinéma à ceux dont on aurait tendance à penser qu’il leur est « interdit ».

Lors d’un travail sur un nouveau film, Misako fait la connaissance de Masaya Nakamori, un photographe de renom, dont la vue s’enfuit peu à peu et de manière irrémédiable.

Entre Misako et Masaya naît une relation aussi forte qu’elle peut être dure. Une relation qui se loge quelque peu entre l’aigreur, l’amour, la jalousie et la bienveillance.

Le cinéma de Naomi Kawase est un délice empli de saveurs. C’est un cinéma d’une jolie simplicité, qui sait prendre le temps de s’arrêter, d’observer le monde sous un œil délicat, même dans les moments les plus graves et cela fait maintenant plus de vingt ans que la réalisatrice filme le Japon, sa population et sa nature, de manière incroyable.

Sa nouvelle douceur est un film qui va être aussi lumineux que sombre. « Vers la lumière » est un film qui tient un propos superbe et touchant. Mais c’est aussi deux films en un, puisqu’à travers cette histoire d’amour, de découverte et de perte, la réalisatrice va prendre le temps de nous parler d’un métier effacé, mis de côté et pourtant ô combien nécessaire.

Sur la base d’un scénario pointilleux et tenu, la cinéaste sait comment aborder et mélanger ses deux sujets pour ne fait qu’un seul front commun. « Vers la lumière » est donc une histoire d’amour délicate et dure. Une histoire d’amour faite d’agression et de compassion. Une histoire d’amour qui prend tout le temps dont elle a besoin pour faire naître les sentiments entre ses personnages. Le sujet est magnifique, quand un homme perd la vue peu à peu, une femme essaie de la prolonger. Un sujet pour le moins original, que Naomi Kawase emporte avec ses acteurs vers des sommets. On est pris par les petits riens, par les regards dissimulés ou assumés. On est pris par cet homme, dont la vue était toute sa vie. On est touché par la fatalité avec laquelle il compose pour accepter ce qui lui arrive. Beau et respectueux, chaque photo que cet homme prend, chaque regard qu’il pose peut être le dernier et c’est sans pathos aucun, que Naomi Kawase filme ces derniers moments. Des moments et des instants qui incontestablement nous renvoient à nous-même et les émotions, ou les non-émotions, de son personnage vont être encore plus touchantes.

En parallèle de son intrigue, Naomi Kawase met en lumière un beau métier, celui des audiodescripteurs. Un métier bien plus complexe qu’il ne le laisse penser. Un métier où chaque mot et chaque intonation comptent. Un métier exigeant, bien méconnu, et tout à fait nécessaire. Pour parler de ce métier, Naomi Kawase a choisi la sublime et talentueuse Ayame Misaki, une actrice qui saura aussi bien nous toucher par la passion qu’éprouve son personnage pour ce métier, que par le regard qu’elle pose sur cet homme qui la bouleverse, autant que nous.

Seul couac dans le tableau, une histoire personnelle et familiale pour son personnage féminin, qui n’apporte rien et finalement alourdit une histoire qui n’en avait pas besoin, puisqu’elle est suffisamment forte ainsi.

« Vers la lumière » est aussi un film qui joue avec le lumineux et le sombre. Il y a quelque chose de très humble qui se dégage des images et des idées de sa réalisatrice. Ici, on sent que Naomi Kawase est totalement prise par son sujet et son film et qu’elle a envie de nous toucher avec le plus beau et le plus simple. Tout est souligné et presque effacé dans sa mise en scène. Elle n’appuie rien, laissant l’émotion et la beauté naître d’elle-même. La BO d’Ibrahim Maalouf sera de même, belle, présente et en même temps suffisamment lointaine pour offrir un fond superbe qui n’envahit pas les images.

Naomi Kawase nous offre donc une petite délicatesse, comme elle seule en a le secret. Si vous avez envie de simplicité et d’émotion, si vous avez envie de réflexion et de découverte, de personnages touchants et délicieusement interprétés, si vous avez envie de belles images, de chaleureux et de sombres mélangés, comme un coucher de soleil, alors n’hésitez pas et laissez-vous envahir par la lumière de Naomi Kawase et ses acteurs.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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