octobre 26, 2020

La Vie Très Privée de Monsieur Sim

De : Michel Leclerc

Avec Jean-Pierre Bacri, Mathieu Amalric, Valeria Golino, Linh-Dan Pham

Année : 2015

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Monsieur Sim n’a aucun intérêt. C’est du moins ce qu’il pense de lui-même. Sa femme l’a quitté, son boulot l’a quitté et lorsqu’il part voir son père au fin fond de l’Italie, celui-ci ne prend même pas le temps de déjeuner avec lui. C’est alors qu’il reçoit une proposition inattendue : traverser la France pour vendre des brosses à dents qui vont « révolutionner l’hygiène bucco-dentaire ». Il en profite pour revoir les visages de son enfance, son premier amour, ainsi que sa fille et faire d’étonnantes découvertes qui vont le révéler à lui-même.

Avis :

En 2010, Michel Leclerc faisait une entrée surprenante dans le box-office français avec son politique, délirant, et touchant « Le nom des gens« , film bourré de fraîcheur emmené par un duo de cinéma Sara Forestier/Jacques Gamblin parfait. Depuis, le réalisateur avait moins surpris, pour ne pas dire quelque peu déçu avec son plus politique encore « Télé Gaucho« , qui était pourtant une « adaptation » de sa jeunesse.

Trois ans après cette « Télé Gaucho« , Michel Leclerc lâche la politique et revient avec un portrait touchant, quoi qu’un peu longuet. Emmené par Jean-Pierre Bacri, « La vie très privée de Monsieur Sim » demeure un joli film, à l’histoire et au portrait émouvant. Sorte de quête involontaire de soi, « La vie très privée de Monsieur Sim » est une comédie douce et amère à la fois. Une comédie qu’on se plaît à suivre, surtout qu’elle est savoureusement tenu par une intrigue parallèle qui se reflète dans la réalité du personnage. Mais si le film est joli et la comédie bonne, « La vie très privée de Monsieur Sim » aurait gagné à être plus pêchue, car on se trouve face à un film pépère, qui prend trop son temps et finalement, se créé des longueurs qui auraient facilement été évitables.

Monsieur Sim est en dépression. Il faut dire qu’il n’a rien dans sa vie qu’il puisse le faire vivre. Ennuyeux à mourir, sa femme, comme son boulot, l’ont quittés et cela fait plusieurs mois qu’il est au chômage. Mais une chance inespérée s’offre à lui. Recruté par une agence bucco-dentaire, on lui propose de faire le tour de la France afin de vendre chez des dentistes une nouvelle brosse à dents en poils de sanglier. Sim accepte et c’est au fil des kilomètres qu’il va faire, consciemment ou inconsciemment, une analyse de lui-même et peut-être sortir de sa dépression.

« La vie très privée de Monsieur Sim » est un film qui partait très bien (et qui dans ses grandes lignes restera plutôt bon). Emmené par un Jean-Pierre Bacri égal à lui-même, ce quatrième film de Michel Leclerc trouve très vite son petit charme. Partageant son temps entre la comédie et le drame, le réalisateur tisse un joli portrait et nous emporte au plus près de ce dernier et de ses problèmes. Le scénario dans un premier temps nous réserve beaucoup de moments cocasses et des situations qui donnent naissance à de jolis moments de gêne, à l’image de cette scène d’introduction, presque hilarante, tant Bacri y fait des merveilles.

« La vie très privée de Monsieur Sim« , c’est aussi des rencontres et une galerie de personnages étranges, amusants et attachants. Ainsi, sur sa route, Monsieur Sim va croiser la sublime et nostalgique Valeria Golino. On s’amusera des tristes moments partagés avec Isabelle Gélinas dans le rôle de son ex-femme. On s’amusera aussi des quiproquos entre Bacri et Mathieu Amalric qui sont autant de petits délices dans les dialogues et surtout dans leurs sous-entendus. Puis enfin, même si cela est maladroitement amené, on sera aussi touché par ce flashback, dans un Paris des années 50 qui va mettre en lumière une belle histoire entre Vincent Lacoste et Félix Moati.

Mais voilà, si dans son intrigue Michel Leclerc, sans atteindre la qualité du « … nom des gens« , nous livre un beau film, on ne peut pas vraiment en dire autant de sa mise en scène. Ou du moins d’une partie de sa mise en scène, car « La vie très privée de Monsieur Sim« , sur une très grande partie fait mouche et se laisse déguster avec un certain plaisir. Mais plus le film avance et plus cette mise en scène se perd dans des longueurs. Et finalement, cette quête de soi, perdu sur les routes de France, souffre d’un manque de pêche. Ok, le personnage est en dépression et avec ce fait, le film ne peut être tout le temps amusant, et même s’il reste touchant, on aurait apprécié que Michel Leclerc nous emporte en permanence, ce qui n’est pas le cas. Bien sûr, il y a de vrais moments d’émotion, mais bien souvent, ces derniers se trouvent au milieu d’une quête qui se répète et a du mal à avancer. Après, comme je le disais plus haut, le film reste beau, et sur l’ensemble, ces longueurs et ces relâchements ne se font pas trop sentir, car on préfère en retenir les jolis moments passés au côté de Monsieur Sim.

Ce quatrième film pour Michel Leclerc fait donc mieux que son « Télé Gaucho« , car il est plus touchant et le portrait qu’il présente de son personnage est beau. Et même si on est loin du plaisir et de la qualité du « … nom des gens« , « La vie très privée de Monsieur Sim » demeure un beau film d’une jolie qualité et s’élève au-dessus de ce que l’on peut trouver dans la production française. C’est donc à film à voir, même s’il n’est pas essentiel non plus.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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