octobre 27, 2020

Hana-Bi

De : Takeshi Kitano

Avec Takeshi Kitano, Tetsu Watanabe, Kayoko Kishimoto, Susumu Terajima

Année : 1997

Pays : Japon

Genre : Drame

Résumé :

Nishi est policier. Son épouse est atteinte d’un cancer en phase terminale. Suite à une fusillade son partenaire Horibe devient paraplégique et un autre de ses collègues est tué. Nishi démissionne alors afin de commettre un casse pour rembourser d’importantes dettes contractées auprès des yakuzas et, finalement, chercher un sens à sa vie…

Avis :

Immense réalisateur japonais, on ne présente plus Takeshi Kitano tant son cinéma nourrit la culture depuis maintenant presque trente ans. S’il commence avec des comédies presque burlesques sur les yakuzas et la police, c’est avec « Hana-Bi » que Takeshi Kitano trouve ses lettres de noblesse. Récompensé par un Lion d’Or à Venise, le réalisateur affirme lui-même qu’après cette récompense, il fut enfin considéré comme un réalisateur sérieux.

Et il y a de quoi comprendre ce changement de regard, car si « Hana-Bi » détient toujours ses moments absurdes qu’on aime chez Kitano, il est aussi un triste poème d’amour. Un voyage qui se partage entre derniers moments et tragique. Mais si « Hana-Bi » demeure un beau film à la poésie incroyable, parfois, malgré sa tristesse infinie, il est aussi un long moment de cinéma avec une intrigue parfois un peu floue et c’est bien dommage, car ces longueurs et ces interrogations finissent par nous sortir du film.

Yoshitaka Nishi est un policier qui a quitté la police après une fusillade qui a rendu paraplégique l’un de ses collègues. Aujourd’hui, Yoshitaka s’occupe de sa femme, qui est atteinte d’une leucémie qu’on ne peut soigner. Voulant lui offrir un dernier voyage, Yoshitaka commet un hold-up, rembourse une dette auprès des yakuzas et part une dernière fois sur les routes avec sa bien-aimée. Mais friand de savoir d’où vient cet argent, les yakuzas décident alors de retrouver Yoshitaka…

Juste avant de réaliser ce qui sera l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre avec « L’Été de Kikujiro« , Takeshi Kitano s’enfonçait dans un beau et triste drame. « Hana-Bi« , c’est un croisement de beaucoup de genres qui parlent à son réalisateur. C’est un film qui joue et mélange beaucoup de styles entre eux. Mais si dans les grandes lignes, l’histoire est sublime, car l’alchimie et l’osmose entre ce couple est plus que parfaite, on adore les suivre, on aime les voir ensemble, parce qu’ils sont à part, et si l’on va être touché et ému par l’émotion, la poésie et la beauté tout simplement du final que réserve le film, « Hana-Bi » est aussi un film qui laisse un goût mitigé. C’est un film devant lequel on ne sait trop quoi penser tant il peut être poétique et émouvant d’un côté et trop long et confus de l’autre.

Ce mélange des genres, au départ amusant, finit par être lassant et finalement entre le comique qui pêche dans l’absurde, le film d’action violent (Takeshi s’en est donné à cœur joie) et le drame malade et amoureux, on a l’impression que le réalisateur n’arrive pas vraiment à choisir, alors que le plus intéressant et le plus touchant dans son film, c’est bien cette ultime traversée du Japon à deux.

De plus, le scénario et la mise en scène se perdent dans des flashbacks qui s’enchaînent trop et finissent pas nous embrouiller. Un flashback dans le flashback, c’est dur, surtout quand il se trouve avoir une histoire confuse au-dessus.

Puis il y a la lenteur du film. Une lenteur voulue qui pourrait résumer l’état d’esprit et le manque de vie qui règne dans ce couple. Mais à force de travellings lents, de peu, voire pas, de dialogues et du manque d’implication, « Hana-Bi » finit à regret par nous avoir. Et je le redis, c’est vraiment dommage, car derrière tout cela, il y a une histoire magnifique et un film qui est d’une grande poésie.

Cette belle histoire, c’est aussi Takeshi Kitano et Kayoko Kishimoto qui incarnent ce couple foudroyant. L’actrice est géniale et l’acteur dans son silence est bouleversant. On croit à leur histoire, malgré les longueurs et les silences. Silences qui parfois dans les regards veulent bien plus en dire.

Mais là encore, le film pêche un peu, puisque s’il peut se vanter d’avoir deux acteurs incroyables, malgré des essais, on ne retiendra aucun des seconds rôles. D’ailleurs, mise à part l’ami paraplégique sur lequel le film s’attarde, tous les autres rôles passent comme des coups de vent.

« Hana-Bi« , c’est tout un film magnifique, d’une tristesse infinie, qui est capable étrangement de nous bouleverser et de nous ennuyer à la fois, ce qui, je le sais, est loin d’être commun. Bref, malgré ses longueurs et son flou, « Hana-Bi« , ne serait-ce que pour son histoire d’amour et ses comédiens, se doit d’être vu.

Note : 10/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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