septembre 22, 2020

Bright

De : David Ayer

Avec Will Smith, Joel Edgerton, Noomi Rapace, Lucy Fry

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Dans un monde contemporain alternatif, humains, orcs, elfes et fées coexistent depuis le début des temps. Défiant les genres, Bright est un film d’action qui suit deux policiers issus de milieux différents, Ward et Jakoby. Confrontés aux ténèbres lors d’une patrouille nocturne de routine, ils voient leur avenir et leur monde se métamorphoser à jamais.

Avis :

David Ayer, adulé d’un côté, détesté de l’autre, son cinéma divise grandement, tant il est capable du meilleur comme du pire. Et ce sentiment est encore plus poussé depuis que le réalisateur a fait un tour chez DC avec son « Suicide Squad« . Personnellement, je préfère retenir les bons Ayer que son « Fury« , ou « Au bout de lui nuit« , que des films comme « Sabotage« , ou celui citer plus haut. Un peu plus d’un an après avoir donc commis « Suicide Squad« , David Ayer est de retour sur les écrans avec cette fois-ci l’estampille Netflix pour un film à l’idée absolument alléchante.

Imaginez un peu, un « Training Day » à la sauce Heroic Fantasy. D’emblée, comme ça, ce « Bright » a tendance à piquer notre intérêt. Alors retrouve-t-on David Ayer au top de sa forme ou au flop ? Eh bien, la réponse est mitigée, car si le film a des idées excellentes, le tout donne quelque chose d’hybride qui part dans tous les sens, qui ne sait pas vraiment où aller ni comment y aller. Bref, encore une fois, ça se regarde, mais malheureusement, c’est loin d’être trépidant.

Los Angeles de nos jours, humains, elfes, orques, fées et autres créatures mythiques cohabitent. Alors que les orques sont considérés comme des créatures malhonnêtes au vu des choix de leur communauté, Nick Jakoby est le premier orque à intégrer la police. Il a comme partenaire Daryl Ward, un homme qui n’apprécie pas plus que cela les orques, mais si Jakoby fait son travail correctement, alors peut être que… Une nuit, se rendant sur les lieux d’un appel, les deux policiers vont alors être entraînés dans une sombre affaire de magie à l’issue plus qu’incertaine.

« Bright« , c’est l’histoire d’une idée terrible, celle de mélanger « Le seigneur des anneaux » avec un polar urbain façon « Training Day« . Et plus que la crainte d’un David Ayer « after » « Suicide Squad« , c’est bien l’idée même du film qui plaît le plus et attire. Mais voilà, si l’idée est terrible, « Bright » est un film qui donne le sentiment de ne jamais dépasser son idée.

Si le film se laisse regarder et peut même se laisser apprécier dans ses grandes lignes comme un objet de divertissement, il n’ira pas plus loin.

Le souci de « Bright« , c’est finalement que le réalisateur ne sait pas quoi faire de cette idée. Abordant plein de thèmes et tout autant de styles, « Bright » se perd et se fait bordélique. Polar urbain, film d’heroic fantasy à la sauce contemporaine, pamphlet sur la différence et l’acceptation de soi et du regard des autres, film d’aventures, film de magie, film policier… Bref, tout ceci se mélange dans un gloubiboulga hésitant. Le scénario essaie des choses (tout comme la mise en scène), mais n’assure et n’assume pas pleinement ses choix. L’histoire, en plus d’être incohérente (analyse les choix du personnage de Noomi Rapace et ça ne tient pas la route), ne raconte finalement pas grand-chose, hormis sur le fait d’insister presque lourdement sur les différences entre les individus.

De plus, le scénario souffre d’un manque de surprise. On voit tout arriver, ça manque de subtilité, c’est bien trop facile et c’est bien dommage. Surtout que, je le répète, « Bright » détient de bonnes idées. Puis, on reste un peu sur notre faim, car le film pose plusieurs questions qui ne trouvent pas de réponse. Et finalement, on a l’impression que « Bright‘ » est le début d’une nouvelle franchise et que le film apportera des réponses plus tard, alors qu’il ne nous est pas vendu comme un film à suites. Bon, il se trouve qu’une suite serait en préparation.

On ajoutera à cela une mise en scène en dents de scie, qui est à l’image de son scénario, c’est-à-dire qu’il y a de l’idée, on y trouvera même d’excellents moments, mais avec une idée aussi originale que celle-ci, on attendait plus, car au final, « Bright » ne sort pas vraiment des sentiers battus. On aurait aimé que David Ayer ose plus, développe plus son univers, et surtout qu’il choisisse un univers.

Enfin, « Bright« , ce sont les retrouvailles entre David Ayer et Will Smith et là encore, c’est sympa, mais on ne peut pas dire qu’on est surpris, car Will Smith fait du Will Smith. L’acteur est bon, mais ce rôle ne ressort pas plus qu’un autre et il donne l’impression de faire encore et toujours la même chose, celui du mec cool, qui sort ses petites punchlines. On notera toutefois un Joel Edgerton convaincant et une Noomi Rapace pas trop mal, même si son personnage est un comble d’incohérences et se trouve assez sous exploité.

« Bright » est donc une déception. Mais une déception qui laisse le cul entre deux chaises, car malgré tous ses défauts et le mal qu’on lui trouve, il demeure un film qui se laisse regarder. Il est clair que vu son idée, « Bright » méritait autre chose, d’ailleurs, on a bien l’impression qu’il ne fonctionne que sur son idée. Il reste donc un petit moment de cinéma, divertissant sur l’instant, à condition de ne pas trop lui en demander.

Note : 10,5/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Une réflexion sur « Bright »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.