septembre 28, 2020

L’Homme aux Poings de Fer

Titre Original : The Man With the Iron Fists

De: RZA

Avec RZA, Russell Crowe, Lucy Liu, Cung Le

Année: 2013

Pays: Etats-Unis, Hong-Kong

Genre: Action

Résumé:

A son arrivée dans un village de la Chine féodale, un forgeron est contraint à se battre pour lui-même et pour les villageois, qu’il est amené à défendre contre de redoutables guerriers…

Avis:

Quand on est un cinéphile ou un cinéphage, on a toujours des réalisateurs préférés en tête. Que ce soit pour leur travail sur les scénarios ou sur la mise en scène, certains cinéastes nous touchent plus que d’autres. Et puis il y a ceux qui ont une touche très personnelle, reconnaissable parmi tant d’autres. En vrac, on peut citer le côté clinique de David Cronenberg, l’outrance de Quentin Tarantino ou encore la sensibilité fantastique d’un Guillermo Del Toro. Du coup, lorsqu’un nouveau réalisateur émerge, on sent qu’il a une vision particulière du cinéma et que certains de ses plans ressemblent à d’autres, notamment parce qu’inconsciemment, on veut faire comme nos maîtres à penser. RZA est un bon exemple. Rappeur et leader du groupe Wu-Tang Clan, il va vouloir se mettre derrière la caméra après un scénario qu’il a coécrit avec Eli Roth (Hostel). Avec ce premier film, on va vite comprendre pourquoi il a choisi Quentin Tarantino comme producteur, puisque son film respire le cinéma du bonhomme, allant de simples références à véritables plagiats. Mais est-ce que pour autant, le film est mauvais?

Le début de ce film est très intrigant. Le réalisateur fait le choix de ne pas situer son histoire, que ce soit au niveau temporel ou au niveau espace. On se doute bien que cela se déroule en Chine au tout début du XXème siècle, mais rien n’est donné au spectateur et il faudra accepter cela, en plus d’une ville étrange. Une ville avec divers clans qui sont exposés de façon très rapide avec une voix-off, celle du héros, qui explique les rouages du scénario. Un scénario d’une grande simplicité qui voit le clan du lion se rebellant contre l’empereur en volant de l’or. Ce dernier décide alors d’envoyer ses troupes pour chercher l’or. Pendant ce temps, le clan des lions déciment les autres clans les uns après les autres. Au milieu de tout ça, un forgeron se fait prendre à partie par le clan des lions. Alors que ce clan lui coupe les bras et tue sa copine, il se forge une arme pour pouvoir combattre. Bref, il n’y a rien de mirobolant dans l’histoire et on sent que cela est très basique. Afin d’étoffer cela, on rajoute quelques personnages avec une histoire en plus et une trahison sur la fin qui va essayer de surprendre le spectateur.

Dans les faits, on pourrait croire que rien ne marche. Le scénario est basique, les rebondissements sont relativement attendus et RZA ne se foule pas trop pour exposer son pitch. Mais après tout, c’est un premier film et on peut lui trouver des excuses. Et il y a deux façons de voir le film. En premier lieu, on peut voir cela comme un nanar non maîtrisé qui part dans tous les sens et qui n’arrive pas à contrôler sa frénésie. Les effets spéciaux sont kitsch, la mise en scène est très aléatoire et le mauvais goût est de mise avec des giclures de sang à outrance et des combats acrobatiques complètement improbables. Bref, si on veut regarder ce film d’un œil sérieux et critique, effectivement, il n’y a pas grand-chose qui fonctionne et certains le qualifieront de navet. Mais c’est oubliez les références culturelles du rappeur qui n’est pas né de la dernière pluie. En effet, le film respire le cinéma de Quentin Tarantino. Que ce soit dans le découpage, le cadrage, le déluge de gore ou encore les moments complètement barrés, RZA veut faire honneur à son maître et on peut dire que c’est très facile à voir. Peut-être un peu trop du coup, puisqu’on aurait tendance à y voir du Tarantino et non pas du RZA.

Cet hommage va aller de Kill Bill (Lucy Liu faisait des cabrioles n’y est pas anodin) à Pulp Fiction, notamment au niveau de la narration. On retrouve une sorte d’arborescence avec divers personnages qui vont se rencontrer et finalement faire front commun. Cette volonté de tout exagérer est donc présente pour essayer d’apposer un style, même si elle reste assez similaire à celle de sa référence. Mais RZA réussit tout de même son pari en proposant un spectacle atypique, parfois stupide, quelque fois palpitant, mais surtout, qui n’ennuie pas malgré la vacuité de son propos. Le rythme est effréné et les combats sont relativement dynamiques. On retrouve d’ailleurs quelques bonnes idées comme des armes exotiques, des techniques bien trouvées (les jumeaux qui combattent ensemble) ou encore des armes ou pouvoirs surprenants, comme le personnage de David Bautista qui peut transformer sa peau en cuivre. En fait, on a vraiment la sensation que RZA a voulu faire un manga en version live, sans trop se prendre au sérieux, mais sans jamais y ajouter de l’humour superflu. Alors certes, ce n’est pas fin pour un sou, mais ça fait le job et c’est divertissant. Et que dire du personnage trouble de Russell Crowe, qui ne sert pas à grand-chose, mais qui fait référence à Jack l’Eventreur au détour d’une scène bien dégueulasse.

Au final, L’Homme aux Poings de Fer n’est pas une purge comme on peut souvent l’entendre (et contrairement à sa suite), et même s’il n’est pas un excellent film, il n’en demeure pas moins un divertissement ayant un gros parti pris sur sa mise en scène. Alors certes, l’ensemble manque de finesse, de fond et de savoir-faire pour vraiment convaincre, mais ne l’état, ça fait passer le temps et cela doit contenter RZA, qui s’applique à copier son maître à penser du septième art.

Note: 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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