octobre 26, 2020

Projet Almanac

Titre Original : Project Almanac

De : Dean Israelite

Avec Jonny Weston, Sofia Black D’Elia, Sam Lerner, Allen Evangelista

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Et si vous aviez une seconde chance… Que feriez-vous ? Que changeriez-vous ? Jusqu’où iriez-vous ? Quatre adolescents font une découverte qui va changer leur vie : une machine aux possibilités infinies… mais aux conséquences parfois irréversibles. Serez-vous prêts à vivre et revivre l’expérience de votre vie ?

Avis :

Les voyages dans le temps font partie des thèmes les plus intéressants du cinéma. Il faut dire que les thématiques sont infinies et que l’on peut s’amuser avec notre histoire, la réécrivant, mais pouvant aussi faire des uchronies et jouer sur les différentes époques. Si en France nous avons eu droit aux Visiteurs de Jean-Marie Poiré, ce sont surtout des films comme Retour Vers le Futur de Robert Zemeckis ou encore l’Effet Papillon qui ont marqué une génération de cinéphiles. Et le phénomène ne semble pas près de s’arrêter, puisqu’aujourd’hui encore, des films sur les voyages temporels continuent de sortir sur les grands écrans. Le plus récent est Projet Almanac de Dean Israelite. Premier film pour ce jeune réalisateur (qui fera par la suite Power Rangers) qui a été connu pour ses courts-métrages, mais qui est aussi le cousin de Jonathan Liebesman, qui a bossé sur Tortues Ninja, film aussi produit par un certain Michael Bay. Dire que tout cela n’est qu’une coïncidence serait peut-être se foutre de la gueule du monde. Mais au fait, que vaut vraiment Projet Almanac ?

Et bien sur le fond autant que sur la forme, pas grand-chose. Le premier truc qui frappe, c’est bien évidemment l’utilisation du Found-Footage. Ce procédé de caméra à l’épaule est souvent utiliser pour intégrer le spectateur à l’intrigue ou lui faire ressentir de façon plus prégnante les émotions et les peurs des protagonistes. Si certains films l’ont utilisés de façon optimale comme End of Watch de David Ayer (et pour certains le Projet Blair Witch), cette façon de filmer reste très bancale et n’apporte sensiblement rien à l’intrigue. Le pire dans Projet Almanac, c’est que rien, absolument rien, ne justifie l’emploi de cette réalisation. Si certains films parlent de cassettes retrouvées, ou de personnages ayant un travail audiovisuel à faire, dans le métrage de Dean Israelite, rien ne justifie le found-footage. D’ailleurs, certains plans sont même gênants puisqu’ils montrent la vacuité de cette façon de faire, filmant les jeunes dans leur voiture ou carrément en cours sans que les profs ne voient quelque chose. Alors en général, dans ce genre de métrage, la caméra bouge dans tous les sens, mais on échappe un peu à cet adage avec ce film, même si parfois cela bouge un peu trop.

Quand bien même, si la forme laisse à désirer, aurons-nous à manger avec le fond du métrage ? Et bien non. Si le fait de voyager dans le passé peut permettre de racheter ses fautes, de régler des conflits ou même d’aider la planète entière, Projet Almanac va montrer tout le vide qui habite la boîte crânienne de jeunes étudiants américains. Entre la volonté de devenir riche ou populaire, celle de sortir avec la fille de ses rêves ou encore faire la fête au festival de Lollapalooza (et voir des groupes comme Imagine Dragons, ce qui est difficilement concevable comme envie), le métrage fait étalage de toute la superficialité de nos jeunes. Et de ce fait, les enjeux sont complètement biaisés. On pourrait croire à un regain d’intérêt au sein de l’intrigue lorsqu’ils se rendent compte qu’en revenant dans le temps présent, ils ont changé des choses en mal, mais non, rien n’y fait, l’amour ou l’amusement prennent le pas sur la gravité. Le spectateur va alors avoir un rejet concret pour ces personnages qui deviennent détestables et totalement égoïstes. Et c’est principalement là le gros problème du film, qui semble incapable de se détacher du vide des protagonistes pour en tirer, en substance, le fait que cette génération ne sauvera personne et ne fera d’efforts que pour son bien-être. Le moment fort étant lorsque le « héros » saute dans le passé pour se taper la gonzesse de ses rêves. C’est très gênant comme façon de faire et cela n’apporte vraiment pas d’eau au moulin.

Alors c’est dommage parce que le rythme du film est assez soutenu et certaines phases peuvent paraître marrantes, notamment ce moment où les jeunes se trompent de numéro au loto ou encore lorsque l’un d’entre eux faire venir un défilé de food trucks dans son bahut pour nourrir tout le monde gratuitement. Mais là aussi, ce n’est pas fait de façon innocente et comme le dit le personnage, c’est simplement pour chopper, niquer et faire le buzz. Ce sont des états d’âme inquiétants et qui prennent le pas sur les changements successifs dans l’intrigue. Et même si le héros semble être le seul à prendre conscience de ça, il va faire les mauvais choix et cette course frénétique vers un arrangement du présent devient redondante et véritablement pénible. Même les acteurs n’y croient pas tellement. Nous avons droit à une flopée de jeunes premiers qui pensent dynamiser le film, mais qui en deviennent énervant à force d’en faire des caisses et de ne pas croire un seul instant à leur histoire. Et ce sera problématique pour le spectateur qui ne sera jamais impliqué dans l’histoire, sauf s’il a entre 16 et 20 ans et pensent exactement la même chose que ces pseudo tronches qui semblent souffrir d’un égo malgré tout surdimensionné.

Au final, Projet Almanac est une vaste fumisterie. Il s’agit d’un film qui part sur deux bonnes idées (le voyage temporel et le found-footage), mais qui n’arrive pas à créer une osmose entre. On se retrouve donc avec un film hybride qui ne fonctionne jamais à cause de la vacuité de son propos, mais aussi de la non justification de l’emploi du documenteur, montrant les limites d’une telle technique au sein d’une intrigue qui ne s’en sert que comme d’un étendard pour attirer les jeunes dans les salles. Bref, un mauvais film.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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