avril 15, 2021

The Florida Project – Sean Baker Street

De : Sean Baker

Avec Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Willem Dafoe, Caleb Landry Jones

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Moonee a 6 ans et un sacré caractère.
Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents.
Ses incartades ne semblent  pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère.
En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…

Avis :

Ce mercredi est sorti The Florida Project, un drame américain de Sean Baker, porté par Bria Vinaite, Willem Dafoe et la jeune Brooklynn Prince. Une aventure humaine passionnante qui manque légèrement de rythme.

Un film à échelle d’enfant

La grande force de The Florida Project c’est sa capacité à aborder l’histoire par le prisme de l’enfance. Le long métrage aurait pu partir dans un drame social pesant, mais le cinéaste préfère conserver une insouciance propre à l’enfance. Grâce à la performance de Brooklynn Prince, The Florida Project est une œuvre féérique et insouciante, où chaque rebondissement est sans conséquence. Rien n’est grave dans le film, parce que Sean Baker choisit de voir les choses à travers les yeux de l’enfant. Grace à cela, le long métrage ne tombe jamais dans le pathos et évite les clichés du genre. Jamais lourdingue, Sean Baker préfère aborder l’histoire de sa jeune protagoniste plutôt que les tribulations ennuyeuses et compliquées des adultes. Pour autant, il ne délaisse pas le côté social, et montre bien à l’écran les conditions de vie difficiles de ses personnages, la tonne de problèmes qu’ils ont sur les épaules, et la vision d’un avenir de plus en plus sombre. Mais la jeune Moonee ne voit pas cette réalité de la vie, et veut juste faire ses bêtises habituelles pendant ses grandes vacances. Elle fait les 400 coups à la manière d’Antoine dans le film de Truffaut. Cette idée est tenue du début à la fin, et Sean Baker épargne le spectateur de la lente agonie des personnages, des pleurs forcés, de la pitié qu’auraient pu inspirer les personnages. Ainsi The Florida Project n’est jamais pathos, jusque dans son final, sa double lecture sublime, qui vient conclure un drame social joyeux. Le spectateur ne repart pas les larmes dans les yeux, mais le sourire aux coins des lèvres. Un tour de force impressionnant.

Sean Baker ne délaisse pas pour autant son sujet social

Le réalisateur n’oublie pas pour autant de parler de son sujet. En pleine banlieue de Disney World, Sean Baker veut montrer la pauvreté qui touche ses habitants. Si le spectateur, et surtout la protagoniste, restent dans leur monde idyllique, le cinéaste lui, montre un rythme de vie difficile. Dans un motel, dans une ambiance crasseuse, et en permanente dégradation, Sean Baker démontre que le train-train quotidien est loin d’être facile. Manque d’accès à la culture, manque de travail, manque d’activités, manque d’éducation, la vie dans les faubourgs de Disney n’est pas merveilleuse. Sean Baker oppose bien évidemment ces deux concepts de vie : celui de Disneyland, où la consommation est omniprésente, et celui de la banlieue, où il ne se passe absolument rien.

Bien évidemment, le rêve ne dure pas éternellement, et la réalité finit par rattraper la petite Moonee, qui va devoir quitter son monde enfantin, pour affronter les problèmes des adultes, que sa mère n’a pas pu éloigner d’elle. Reste le personnage de Willem Dafoe, Bobby, crème de la crème. Une écriture très attachante, un personnage calme et raisonné au milieu de cette tournante, parfaitement interprété par cet acteur talentueux. Bobby est l’ange gardien de ce motel, celui qui vieille sur les autres, et qui n’a personne pour veiller sur lui. Moonee est touchante, surtout parce que c’est une enfant, mais Bobby par sa bonté est renversant.

The Florida Project est une œuvre aboutie, précise et touchante. Le film aurait gagné à être raccourci d’une vingtaine de minutes, mais l’écriture des personnages est superbe, et c’est la raison première de voir le film de Sean Baker.

Note : 15/20

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Par Aubin

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