octobre 27, 2020

Gun Shy

De : Simon West

Avec Antonio Banderas, Olga Kurylenko, Ben Cura, Mark Valley

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Comédie

Résumé :

Convaincu par sa femme d’aller passer des vacances en Thaïlande, une rock star doit faire face au kidnapping de celle-ci par des pirates, alors qu’ils font une randonnée à dos d’éléphant.

Avis :

Quand on regarde les parcours respectifs d’Antonio Banderas et de Simon West, on ne peut s’empêcher d’observer une déclinaison progressive vers la médiocrité. De blockbusters en séries B bâclées, les deux hommes se rejoignent dans ce qui s’apparente à un véritable désespoir cinématographique. Les éléments initiaux ne payent pas de mine. À la rigueur, on a l’impression que Gun Shy s’orientera vers un ersatz de Desperado, en plus idiot et farfelu. L’étui de guitare à la main (seulement sur l’affiche), la perruque au vent et l’air badass absent, Antonio Banderas signe ici l’une de ses prestations les plus embarrassantes qui soient, voire l’un des pires étrons de sa carrière.

Au départ, on dispose d’un prétexte classique qui cible directement le marché des DTV. Une rock-star has been part en vacances avec sa femme. Cette dernière se fait enlever par des pirates contre la demande d’une rançon. Basique au possible, on ne se doute pas que ce pitch donnera lieu à une farce du plus mauvais goût. Certes, le ton est donné dès les premiers instants. Irrévérencieux et complètement saugrenu. Pourtant, la légèreté des propos ne dispense nullement d’un minimum de cohérence et d’intérêt sur le long terme. Or, Gun Shy, c’est avant tout une succession de frasques décousues, absurdes et totalement improbables qui s’enchaînent dans la plus grande indifférence. Et cela vaut autant pour les acteurs en roue libre que pour les spectateurs.

Inutile de préciser qu’Antonio Banderas est le porte-étendard de la bêtise incarnée. Difficile de savoir par quoi commencer. Sa coiffure, sa garde-robe ou son abominable cabotinage ? Loin de nous faire rire, sa prestation est accablante au possible. Déguisé en une rock-star pas dégourdie pour trois sous, il se contente de subir les événements en jouant les dilettantes. On est bien loin du mariachi ! La progression repose surtout sur les intervenants extérieurs. Antagonistes et alliés sont logés à la même enseigne avec une exagération toute similaire qui se traduit par des mimiques grotesques, une gestuelle maniérée et des lignes de dialogues insignifiantes. L’agent secret victime du syndrome de la Tourette version obsédé sexuel, fallait oser !

L’ensemble se montre terriblement bavard pour un film qui focalise 50 % de son intérêt sur l’action. Des échanges creux, grossiers et sans le moindre fondement minent ce que l’on peut considérer comme une longue errance en territoire chilien. De plus, la tension n’est guère présente. Non pas à cause de son ambiance délurée, mais en éventant d’emblée l’absence de menace. Il en ressort un imbroglio scénaristique porté sur des situations inutilement alambiquées. Au-delà de l’absurde, la recherche constante d’une nouvelle connerie prévaut sur sa nécessité ; même en pareil cas de figure. On n’y croit pas une seule seconde, mais le pire réside sans doute dans la partie humoristique.

C’est bien simple, on ne rigole à aucun moment. On ne parvient pas à sourire, si ce n’est d’embarras de voir son acteur principal et sa comparse Olga Kurylenko empêtrés dans une telle abomination. D’allusions graveleuses en cascades surréalistes, les agitations frénétiques du casting n’y changent rien. En plus de l’ennui permanent qui émane de la bobine, on ne s’amuse pas des facéties écrites par deux demeurés biberonnés aux blagues de comptoirs et aux parodies du style Scary Movie. Même avec un excellent seuil de tolérance, les 93 minutes s’égrènent avec une lenteur si lénifiante que le générique de fin s’impose comme un véritable soulagement.

Au final, Gun Shy laisse un grand point d’interrogation dans notre esprit. Que s’est-il passé dans la tête des producteurs pour commettre une telle chose ? Voilà un film qui se veut une comédie d’action, mais oblitère l’action au profit de situations convenues et pénibles au possible. Quant à l’aspect humoristique, il se solde par des frasques affligeantes. Ces péripéties incohérentes et complètement stupides finissent de ridiculiser Antonio Banderas, dont la carrière arrive vraisemblablement à échéance. Pas la moindre once d’intrigue, aucun effort effectué sur la continuité des séquences, des échanges laborieux et des interprétations foireuses… Gun Shy n’est ni drôle, ni rythmé, ni intéressant. Un très mauvais film qui pue l’opportunisme à plein nez.

Note : 03/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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