Les Maîtresses de Dracula

Titre Original : Brides of Dracula

De : Terence Fisher

Avec Peter Cushing, Martita Hunt, Yvonne Monlaur, David Peel

Année : 1960

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Marianne a accepté un poste d’institutrice dans un pensionnat pour jeune fille. Alors qu’elle traverse la
Transylvanie, son cocher l’abandonne dans un village, où elle trouve refuge dans une auberge. Malgré les mises en garde du propriétaire des lieux, elle accepte l’invitation de la baronne Meinster à passer la nuit dans son château. Heureusement pour elle, le Docteur Van Helsing  poursuit dans la région sa chasse aux vampires.

Avis :

Dracula fut créé en 1899 par l’écrivain Bram Stoker, qui s’est inspiré de la vie de Vlad III Basarab, un prince d’Europe de l’Est. En écrivant ce roman, il va donner vie à l’une des créatures les plus emblématiques de la littérature mais aussi et surtout du septième art. Si Nosferatu de Murnau est le premier film à vouloir mettre en avant cette histoire de vampire, c’est Tod Browning et son Dracula qui récupéreront les droits en 1931. Et il s’en est suffi une flopée de suites, spin-off et autres dérivés pour arriver jusqu’en 1958 et le Cauchemar de Dracula par la Hammer. Le succès fut tel qu’Universal prit la décision de s’associer à la Hammer pour fournir un troisième film, qui donnera Les Maîtresses de Dracula.

Malgré tout, le film ne va pas être facile à produire et à monter. En effet, Christopher Lee ne veut pas reprendre le costume du comte (même si des rumeurs racontent qu’à l’époque, l’acteur n’était pas assez bankable) et normalement, Dracula n’est plus. Il faut donc trouver un liant entre les films, qui sera vite trouvé en la présence de Peter Cushing en Van Helsing et surtout, il faut trouver un réalisateur qui a un certain talent et une certaine renommée. C’est alors que Terence Fisher, qui avait connu le succès avec Frankenstein s’est Echappé, décide de prendre la caméra pour donner une nouvelle vie aux suceurs de sang. Mais attention, même si le titre mentionne Dracula, il n’en sera rien, et Van Helsing va affronter le baron Meinster.

La première chose qui frappe quand on jette un œil sur ce film, c’est son ambiance géniale qui renoue avec des films de la Hammer plus ancien. On se retrouve vraiment dans un gothique sombre et inquiétant où chaque personne semble sortir d’un trou paumé. Tout n’est que méfiance et suspicion lorsqu’un nouvel habitant pointe le bout de son nez. On aura droit aux forêts sombres, au château gothique avec ses pointes ou encore aux décors baroques, mélangeant décadence et aspect médiéval. Bref, Les Maîtresses de Dracula est un film qui fait très classique et qui est cohérent avec son prédécesseur, à savoir Le Cauchemar de Dracula. Terence Fisher a cette faculté de filmer proche de ses personnages, laissant alors s’exprimer les traits faciaux, montrant vraiment l’horreur, la peur ou encore l’hypnose. Car oui, il y a de l’hypnose dans cette mise en scène qui se veut sobre, mais très efficace.

Le seul gros défaut que l’on peut trouver au film, hormis son rythme un peu lénifiant sur les bords, c’est qu’il ne réinvente pas le mythe du vampire. Très clairement, on reste sur un chemin tout balisé avec une créature maline qui hypnotise, qui veut se constituer une armada et qui craint les signes de croix. Si les atours sont différents d’un film à l’autre, il semble que le Baron Meinster soit un peu trop effacé et demeure un vampire lambda qui ne brille que grâce à la disparition de Dracula. Un Dracula qui devait être présent lors du premier script, à l’état de fantôme avant de revenir d’entre les morts, mais qui fut retiré par la suite. Alors certes, David Peel joue très bien et son regard fou colle parfaitement à ce personnage machiavélique, mais c’est vraiment le personnage qui manque d’épaisseur et de charisme. Il n’en sera pas de même avec certaines femmes vampires qui bénéficieront d’un traitement de faveur avec des mises en scène intéressantes et rondement menée. Comment ne pas sentir un frisson lorsqu’une vieille folle gratte la terre pour faire revenir une jeune fille fraîchement mordue ? Terence Fisher utilise de vieilles ficelles pour susciter une certaine angoisse et cela marche encore aujourd’hui.

Enfin, si le film utilise de vieilles ficelles et qu’il s’avère par moments un peu lent, il tient toujours la route grâce à Peter Cushing et son personnage de Van Helsing. Outre le charisme inné de l’acteur, le personnage montre encore une fois son côté pragmatique, presque un peu froid, mais aussi son côté humain, faillible et protecteur envers une gente féminine qui ne semble pas insensible à son charme. Le personnage et son interprète sauvent le film et son affrontement avec le Baron Meinster est très dynamique, ce qui est assez rare dans ce genre de film. D’ailleurs, la fin, avec le moulin en feu, ne peut que rappeler l’excellent Frankenstein de James Whale.

Au final, Les Maîtresses de Dracula est un film assez intéressant sur sa forme, puisqu’il renoue avec un cinéma gothique très classique, notamment au niveau de l’architecture et de l’ambiance relativement réussie. Cependant, on regrettera le manque de prise de risque du métrage qui n’offre rien de bien nouveau pour la créature suceuse de sang, hormis un bellâtre prisonnier par sa mère et qui va se faire libérer par une gourgandine. Il manque un peu de folie dans ce film peut-être un poil trop académique, mais même s’il demeure perfectible, il est toujours aussi efficace plus de 55 ans plus tard.

Note : 14/20

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Par AqME

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