Bayharbour – Time Lapse

Avis :

Le metalcore est un genre très particulier et relativement violent qui offre des rythmiques très rapides, parfois des riffs lourds et surtout une alternance de chant clair et chant crié avec une prépondérance pour ce dernier. Si certains groupes s’en sortent haut la main comme Hatebreed ou encore Emmure, d’autres galèrent sévère et claque la porte au bout de quelques années d’existence. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’après quelques écoutes du dernier album de Bayharbour, je m’aperçois que le groupe se sépare, la faute à un certain manque de reconnaissance et des galères en tout genre. Groupe australien, Bayharbour prend forme en 2013 et il est vrai que la formation a eu du mal à sortir de l’ombre et de son île géante. Voulant faire un dernier baroud d’honneur en l’honneur de Time Lapse et de leurs fans, Bayharbour a signé ses derniers concerts en cette fin d’année 2017. Et c’est dommage. C’est dommage parce que Time Lapse, sans être un album exceptionnel et relançant l’industrie du metalcore qui restera de toute façon très underground, est un skeud percutant et savamment produit. C’est le genre d’album qui passe un peu partout, qui ne lasse jamais vraiment et qui envoie du pâté quand il le faut. Bref, un album honnête, qui montre un groupe talentueux dans son domaine.

Le skeud débute avec Perception, qui est une simple introduction. Le but de ce titre est de faire rentrer celui qui écoute dans une ambiance presque légère, très aérienne, ce qui ne collera qu’à moitié avec l’entièreté de l’album, puisque même si certains morceaux comportent des moments plutôt éthérés, on retiendra surtout la violence de la voix du chanteur et des rythmiques très rapides. A commencer par Cancerous qui attaque vraiment la galette avec une grosse batterie et un chant crié qui ne peut laisser indifférent. C’est violent, c’est vivant et ça envoie du très lourd au niveau des riffs. Cependant, si on prête une oreille attentive, on peut entendre un clavier en arrière, apportant une belle dose de légèreté malgré la violence du propos. En fait, cela permet d’avoir une certaine émotion qui transpire entre les notes et c’est plutôt bien vu. On retrouve aussi une alternance entre chant crié et chant clair qui est plutôt bien dosée, même si le chant clair sert en général à appuyer des refrains plus catchy. Ce qui est intéressant avec Bayharbour, c’est que malgré une certaine redondance dans les rythmiques et les structures des morceaux, on ne s’ennuie quasiment jamais. Cela est dû à une énergie débordante mais complètement calculé et des passages plus aériens comme pour Life in the Clouds par exemple ou encore Gravemind, malgré son début tonitruant très Mathcore.

L’autre gros point positif avec cet album, c’est que le groupe n’hésite pas à faire des introductions assez longues afin de mettre en place une sorte de sérénité qui ne durera pas. Le morceau le plus empreint de cette ambiance délétère, c’est clairement A Departure et sa première minute en électro lounge qui annonce une tempête puissante ne laissant rien sur son passage. Et si c’est le cas, le groupe va aussi avoir l’intelligence de varier les voix en invitant une sonorité féminine qui appuie le côté doux du morceau que l’on entend en arrière-plan. Et le plus étrange, c’est que cette douceur va être contrebalancée par une rythmique qui s’emballe et devient presque plus virulent que le reste du morceau. Cette ambiguïté va du coup servir le morceau, le mettant parmi les favoris et les plus intéressants. Cette volonté de rendre les morceaux plus doux qu’ils ne le sont, on retrouve cela dans Fading Away, un long titre très plaisant, ou encore dans Time Lapse, dont les riffs sont moins lourds mais l’introduction se fait au travers divers sons radiophoniques. Bref, malgré la redondance du metalcore, Bayharbour arrive à se renouveler et à proposer à chaque fois quelque chose de plaisant. Alors bien évidemment, on reste dans un genre très codifié et on pourra regretter que les structures soient toujours les mêmes et que l’album manque parfois de finesse ou d’un titre qui fait sortir la formation de sa zone de confort, mais c’est du chipotage.

Au final, Time Lapse, le dernier album de Bayharbour, est une belle réussite dans son domaine et il est dommage que le groupe se soit séparé après une si bonne galette. Alors certes, le metalcore est un genre particulier, relativement poussif par moments, et cette séparation montre bien la difficulté de percer dans un milieu qui reste trop peu mis en avant et qui doit se cantonner à des distributions assez minables. Quoiqu’il en soit, si vous avez la possibilité de jeter une oreille sur cet album et que vous aimez le metalcore, n’hésitez pas une seule seconde.

  1. Perception
  2. Cancerous
  3. Life in the Clouds
  4. A Departure
  5. Zenosyne
  6. Fading Away
  7. Gravemind
  8. Fukushima
  9. Stargazing
  10. Oathbreaker
  11. Time Lapse
  12. The Architect

Note : 15/20

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Par AqME

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