octobre 24, 2020

Marvel’s The Punisher Saison 1

D’Après une Idée de : Steve Lightfoot

Avec Jon Bernthal, Ebon Moss-Bachrach, Ben Barnes, Amber Rose Revah

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 13

Genre: Action

Résumé:

Après s’être vengé de ceux responsables de la mort de sa femme et de ses enfants, Frank Castle décèle un complot qui va bien plus loin que le milieu des criminels newyorkais. Désormais connu à travers toute la ville comme The Punisher, il doit découvrir la vérité sur les injustices qui l’entourent et touchent bien plus que sa seule famille.

Avis:

Netflix semble être une nouvelle plateforme très prisée pour faire de nouvelles séries et générer de nouveaux talents. Si certaines sont plus discrètes que d’autres malgré leurs qualités évidentes (Sant Clarita Diet par exemple), d’autres font grand bruit puisqu’elles font écho à la pop culture et aux comics. On pense bien évidemment à toutes les séries Marvel comme Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist et leur réunion dans The Defenders. Si les deux premières suscitées sont très sympathiques, on sentait que tout cela commençait à battre de l’aile avec Iron Fist et Defenders. Même ressort scénaristique, même twist autour du copain qui vire de bord, les scénaristes Netflix/Marvel semblaient en perte de vitesse et d’inspiration. C’est alors que dans la deuxième saison de Daredevil apparaissait l’un des héros les plus sulfureux de l’univers Marvel, The Punisher.

Et il n’a pas fallu longtemps pour que ce personnage tape dans l’œil des spectateurs. Entre une histoire touchante, un héros violent et sans concession ainsi qu’un acteur complètement habité par son personnage (Jon Bernthal est impeccable dans ce rôle), The Punisher se devait d’avoir son propre arc et sa propre série. Le problème, c’est que le projet fut annoncé très rapidement et qu’il n’a pas fallu beaucoup de temps pour mettre en place une première saison de treize épisodes. Avons donc nous droit à une première saison bâclée ou bien les producteurs avaient-ils déjà prévu le coup ?

On pourrait croire que c’est la deuxième hypothèse la bonne car The Punisher, malgré quelques redondances dans le scénario, signe le renouveau de Marvel chez Netflix. Le début n’est pourtant pas tonitruant. On se retrouve avec un homme errant sans trop de but, qui se fait alpaguer par un autre, ramenant sur le devant de la scène un scandale auprès des forces secrètes américaines. Le duo va alors se mettre un peu sur la tronche avant de se rendre compte qu’ils sont là pour s’aider l’un l’autre. On aura droit aux sempiternels flashbacks sur la tragédie du Punisher avec la mort de sa famille, puis on aura quelques séquences qui feront avancer l’histoire autour de la CIA et d’une agent qui a peut-être trop d’ambition, mais qui reste droite et incorruptible. On mélange à cela un soupçon de vétéran de guerre et de traumatisme, ainsi que l’éternel débat autour du port d’armes et on obtient un Punisher parfois un peu languissant, mais qui n’ennuie jamais vraiment. Cependant, pour une série qui se veut violente et virulente, elle reste très sage sur bien des points, tout du moins au début.

Le principal intérêt de cette première saison, c’est de montrer à quel point la corruption peut monter haut dans les sphères politiques sans que cela ne pose problème à grand monde tant que ça sert des intérêts personnels. The Punisher montre à quel point il est facile de diriger des gens sans jamais prendre la peine d’aller sur le terrain. Le personnage du méchant principal est très intéressant de ce point de vue, puisqu’il ne prend jamais de risque, envoyant toujours ses pions sur la bataille et se couvrant derrière des médailles et autres légions d’honneur. La série montre alors qu’il est difficile d’atteindre des hommes politiques influents, alors que de buter de la marmaille est aisé. Malheureusement, la série n’est pas non plus parfaite de ce point de vue. Les ressorts scénaristiques sur l’un des méchants de cette première saison sont très téléphonés et ne surprendront guère, la faute, encore une fois, à une redondance dans l’univers Marvel chez Netflix. C’est à peu près la même chose chez Defenders, Iron Fist ou encore Luke Cage. Fort heureusement, cela sera dissipé par un duel final au sommet, d’une violence sans nom et d’un gore qui étonne mais qui colle finalement à la peau du Punisher.

Un gore de plus en plus présent au fil des épisodes, alors que la violence se fait de plus en plus prégnante. Et c’est aussi grâce à ça que la série se démarque, n’hésitant pas à dégoûter pour montrer de vilaines blessures, appuyant ainsi un constat fort sur les oubliés de la guerre et les marques que cela laisse. On aura un long pamphlet autour des militaires laissés pour compte, avec un pays qui les rejette dès qu’il n’a plus besoin d’eux, ainsi qu’un discours autour de leur santé mentale. The Punisher cherche aussi à faire réfléchir sur le port d’armes, ou tout du moins sur ceux qui portent une arme, et même si le discours est parfois un peu maladroit, justifiant presque à chaque fois les meurtres de Frank Castle, on ne peut nier que Steve Lightfoot cherche à faire réfléchir avec une série sans concession et plus violente qu’à l’accoutumée. Enfin, il semble difficile de passer à côté des prestations sans faille des acteurs. Jon Bernthal est l’acteur idéal pour incarner le héros, et toutes les personnes qui gravitent autour de lui sans excellente, à commencer par Ben Barnes qui joue un enculé de première avec classe et dignité.

Au final, cette première saison de The Punisher est assez intéressante dans son message et dans sa volonté de présenter la violence de façon frontale. Si on aurait aimé des relations plus simples entre les personnages (il faut à chaque fois qu’ils se foutent sur la gueule avant de parler pour se comprendre), la série permet à Netflix de sortir un peu la tête de l’eau au niveau des super-héros, en proposant une belle alternative, malgré, encore une fois, des ressorts scénaristiques assez similaires aux autres séries Marvel. Mais on prend un plaisir monstre face à ces treize épisodes qui passent très vite et qui ne lésine pas sur la violence pour faire passer des messages réflexifs sur la guerre, l’armée, la corruption, les vétérans ou encore le port d’armes.

Note : 16,5/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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