octobre 27, 2020

Henry V

De : Kenneth Branagh

Avec Kenneth Branagh, Derek Jacobi, Simon Shepherd, James Larkin

Année : 1989

Pays : Angleterre

Genre : Biopic

Résumé :

En 1414, le Roi Henry V d’Angleterre décide de faire valoir ses droits à la couronne de France. Il décide alors de mener une bataille contre la France. En cours de route, le jeune roi doit se battre contre la baisse de morale de ses troupes et vaincre ses propres doutes. Une fois sur le sol français, les troupes anglaises progressent sans rencontrer de grande résistance et assiègent bientôt Harfleur…

Avis :

Kenneth Branagh est dans les années 80 l’un des meilleurs espoirs du théâtre anglais. S’il fait des apparitions sur les écrans par-ci par-là, c’est bien sur les planches qu’il se crée une solide réputation. Une réputation qui explosera quand ce passionné de Shakespeare incarnera sur scène « Henry V » à vingt-trois ans.

Branagh endurcit son expérience à la télévision (téléfilms et séries), puis aussi au cinéma et c’est à même pas trente ans qu’il va réaliser son premier long-métrage. Un long-métrage adapté d’une pièce qu’il connaît bien, puisque vous l’aurez compris, aujourd’hui, on va parler de « Henry V« .

Drame personnel sur fond d’épopée guerrière, « Henry V » est un film intéressant, qui laisse éclater le talent précoce du plus Shakespearien des cinéastes british. Avec « Henry V« , Kenneth Branagh nous livre-là un sanglant, dramatique, guerrier, conquérant et surtout un très beau parcours initiatique sur ce jeune Roi qui à travers son destin, va autant apprendre sur la guerre que sur lui-même.

Angleterre, 1414, le jeune Roi Henry V décide de faire valoir ses droits sur la couronne française. Les Français lui refusant ce droit, Henry V décide alors de marcher avec ses troupes sur la France. Mais si le moral des troupes n’est pas au plus beau fixe, arrivé sur le sol de France, l’armée britannique ne va pas rencontrer beaucoup de résistance.

« Henry V » est donc le premier film d’un passionné de théâtre et de William Shakespeare et si Kenneth Branagh n’est pas encore au top de son art, (il le sera avec son chef d’œuvre « Hamlet« ) ce premier film n’en sera pas moins bon et intéressant.

Avec ce premier film, Kenneth Branagh nous livre un métrage en forme de pièce de théâtre en live. Alliant le jeu du théâtre à une mise en scène de cinéma, « Henry V » trouve une jolie force de narration, ainsi qu’un bon spectacle qui, s’il manquera d’un petit quelque chose pour être flamboyant, reste plus qu’honorable.

« Henry V« , c’est le destin d’un homme plein de doute qui en livrant bataille et en allant conquérir ce qui lui est dû, va se trouver lui-même. Batailles, trahisons, discours, amitié et romance sont au cœur de « Henry V » et Kenneth Branagh a très bien su nous conter cette histoire et les deux heures vingt que dure son film ne se voient pas passer. Avec ce premier film, Kenneth Branagh fait déjà preuve de beaucoup de talent et d’idées. On saluera l’ouverture et son narrateur incarné par Derek Jacobi, excellentissime. Branagh arrive sans mal à passer de scènes plus intimes pour son personnage, à des scènes de batailles qui, si elles restent simples, étonnent de par la violence et le sens de « l’épique » de son jeune réalisateur. Branagh a une vision de cette œuvre, de cette histoire et il livre avec tout la passion et la sincérité qu’il le caractérise.

Bien entendu, « Henry V« , c’est un texte, une diction et c’est peut-être là l’un des gros regrets que j’ai. Si le texte est passionnant, et si Kenneth Branagh est très convaincant, « Henry V » n’étant jamais sorti chez nous en DVD, j’ai vu le film en VHS (il est uniquement trouvable ainsi) et Branagh est doublé par Gérard Depardieu, qui à l’époque, avait eu un véritable coup d’amour pour le film. On se retrouve donc avec une VF qui dans l’ensemble n’est pas désagréable (hormis le choc énoncé plus haut), mais les mots de Shakespeare en français, renvoie surtout à l’idée de ce que cela doit être dans sa langue maternelle.

Ce premier film, c’est aussi l’occasion de retrouver la crème de la crème du cinéma et du théâtre anglais. Ici se côtoient les immenses Judi Dench, Iam Holm, Alec McCowen, à une nouvelle génération, Emma Thompson (compagne de Branagh à l’époque et on peut dire qu’il se dégage vraiment quelque chose d’incroyable quand ces deux-là sont à l’écran), Robbie Coltrane, ou encore un tout jeune Christian Bale.

Cet audacieux premier film (oui fallait oser adapter William Shakespeare pour commencer) est donc une jolie réussite. Une réussite qui allie bien le fond avec une histoire passionnante et très bien racontée et la forme avec une mise en scène, qui certes, si elle n’est pas aussi prodigieuse que ce que fera son réalisateur plus tard, demeure pointue, belle, violente et profonde. C’est donc un premier film à voir. Le spectacle est là, le texte est sublime, et les comédiens sont impeccables. Bref à même pas trente ans, Branagh se donne les moyens de ses ambitions, étonne et surprend.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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