mars 5, 2021

Santa & Cie – Joyeux Noël

De : Alain Chabat

Avec Alain Chabat, Golshiteh Farahani, Pio Marmaï, Audrey Tautou

Année : 2017

Pays : France

Genre : Comédie, Fantastique

Résumé :

Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël.

Avis :

Les comédies de Noël, c’est très souvent l’apanage des américains. On ne compte plus leurs films se déroulant durant cette période de fête et un grand nombre de films sont désormais cultes comme Maman j’ai Raté l’Avion de Chris Columbus, Gremlins de Joe Dante ou encore La Course au Jouet avec un Arnold Schwarzenegger à contre-emploi. En France, on est plus habitué aux téléfilms de Noël. Des téléfilms qui viennent des States aussi, mais qui parfois proviennent aussi de nos contrées. Ce constat est en train de changer un petit peu. En 2014, on voyait sortir Le Père Noël d’Alexandre Coffre avec Tahar Rahim et cela montrait une jolie alternative aux comédies américaines. Seulement, comme tout film français, il fallait inclure du social à l’intérieur et la magie n’était pas forcément au rendez-vous. Et il y a peu de réalisateurs français qui possèdent assez de folie pour pondre une comédie fantastique de Noël. On pourrait même en compter trois : Albert Dupontel, Alexandre Astier et Alain Chabat.

Et ça tombe plutôt bien car c’est ce dernier qui va signer Santa & Cie, une comédie de Noël à l’américaine dont il est quasiment le seul maître à bord. Cela faisait cinq ans que nous n’avions pas vu Alain Chabat derrière la caméra et il faut dire que cela est certainement dû au succès mitigé de son dernier film, Sur la Piste du Marsupilami. Se remettant doucement à l’écriture sans pour autant avoir une idée bien précise, il va petit à petit développer Santa & Cie, prenant, selon ses dires, un plaisir à raconter cette histoire à la fois loufoque et tendre. Et le résultat est à la hauteur de nos espérances puisqu’avec ce film, le réalisateur français livre un joli cadeau, un film gentiment fêlé, qui enchaîne les guests, mais qui montre aussi un fond intéressant, redonnant la banane.

Le pitch de départ est complètement fou. Les 92 000 lutins du Père Noël tombent tous malades en même temps et il doit aller en ville pour trouver de la vitamine C. Lui qui est habitué à ne voir que les gens dormir, il va se retrouver embarqué dans une histoire rocambolesque où il va non seulement découvrir une famille typique, mais aussi l’humanité dans ce qu’elle a de plus beau. Alors oui, le scénario fait un peu naïf sur les bords, mais en même temps, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une comédie de Noël et que les bons sentiments doivent prévaloir sur le reste. Le principal défaut de ce film, c’est clairement son montage. On a l’impression que le réalisateur ne veut pas perdre de temps et certaines séquences sont très rapides, notamment dans le changement de caméra, laissant entrevoir des faux-raccords assez évidents, même s’ils sont anodins dans la trame de fond. Ce côté un peu frénétique peut parfois désorienter le spectateur, notamment sur la finalité du scénario, en se posant la question si ce n’est pas pour masquer une certaine carence de son contenu.

Mais qu’importe, puisque les idées sont là. En effet, le film est un vrai bordel d’idées qui sont toutes présentes à l’écran. Le début du film fait directement penser à Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton, que ce soit dans son univers coloré et décalé ou dans sa façon de gérer les petits lutins. Les appareils à fabriquer les jouets sont très bien faits et il règne une douce folie agréable et étonnante pour un film français. D’ailleurs, l’humour présent dans le métrage sera à mi-chemin entre le film pour enfants et celui pour adultes. C’est-à-dire qu’il y aura très peu de gros mots par exemple, mais certains seront transformés ; collant à l’ambiance générale du métrage (putain de merde se transforme en lutin de merle dans la bouche de Santa). Cependant, Alain Chabat trouve le parfait équilibre pour charmer petits et grands. Les gags visuels côtoient les dialogues absurdes et loufoques et finalement tout le monde y trouve son compte. On pourra même se réjouir de voir quelques invités prestigieux comme Jean-Pierre Bacri en père noël, Thomas VDB dans un rôle glauque ou encore Kyan Khojandi et Patrick Timsit. Et afin de plaire aussi aux adolescents, Alain Chabat a fait appel au Palmashow, et les deux acteurs sont hilarants dans le rôle de flics complètement à la masse.

En dehors de l’humour et de la magie de Noël, le réalisateur en profite aussi pour faire passer quelques messages. Si certains pourront lui reprocher cette approche sociétale, Alain Chabat arrive à trouver le ton juste pour parler de la famille, de la perte de nos rêves et de ce qui fait l’amour. En faisant ce film, on montrant une famille typique un peu débordée sur les bords, avec des enfants vivants et des parents souvent pris par leur travail respectif, le cinéaste montre que ce qui nous fait fonctionner, c’est l’amour. Alors oui, c’est un peu facile, mais il ne faut pas oublier qu’entre la naïveté du Père Noël qui découvre un nouveau monde, et l’étonnement de personnes lambda qui découvrent que le père noël existe, l’ensemble tient la route et suit une logique toute tracée. Avec ce film, Alain Chabat nous rappelle qu’il ne faut pas oublier de rêver et de croire, car l’émerveillement est le premier pas vers le respect et l’amour. Un message porté par deux petits acteurs qui jouent relativement bien et dont les interactions semblent être prises sur le vif, sans triche, afin de donner plus de crédit au métrage.

Enfin, Santa & Cie est aussi un film qui veut mettre en avant une certaine démesure, afin de montrer que l’on peut faire comme les américains. En faisant le choix de faire un film 100% français, jusqu’aux effets spéciaux, Alain Chabat a pris des risques qui ont fini par payer. Si on peut émettre quelques doutes sur la qualité de certains rennes lorsqu’ils volent, l’ensemble du film tient la route sur les effets spéciaux et s’avère parfois presque grandiloquent, comme la première séquence au pays des jouets, la dernière lors de la distribution de cadeaux ou encore lors de l’envolée sur les Champs-Elysées. Et il ne faut pas oublier la mise en scène, parfois un peu bordélique, mais qui détient quelques pépites, comme la séquence dans le noir, montrant ce que serait la Terre sans Père Noël et qui s’avère glauque, effrayante et mettant mal à l’aise avec notamment un Thomas VDB qui se veut drôle mais qui en devient monstrueux.

Au final, Santa & Cie est un très bon film de Noël qui ravira les grands et les petits. Doté de plusieurs niveaux de lecture, la dernière folie d’Alain Chabat possède bien évidemment des défauts, mais n’oublie jamais le rôle premier de ce film, divertir et offrir un peu de magie pendant ces périodes de fête. Il livre alors une comédie fantastique drôle, attachante, peut-être un peu moins loufoque que prévu, mais qui fonctionne et laisse un sourire béat sur nos lèvres.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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