Blade of the Immortal

Titre Original : Mugen No Jûnin

De : Takashi Miike

Avec Takuya Kimura, Hana Sugisaki, Sôta Fukushi, Hayato Ichihara

Année : 2017

Pays : Japon, Angleterre

Genre : Action

Résumé :

Basé sur le Manga du même nom publié pour la première fois en 1993, le film évoque l’histoire d’un guerrier samouraï immortel, qui ne peut lever sa malédiction que d’une seule manière : tuer 1000 hommes…

Avis :

Takashi Miike, c’est toute une institution et surtout un ovni à lui seul. Réalisateur hors du commun à la carrière hors du commun, Takashi Miike, cinquante-sept ans, a depuis 1991 réalisé plus d’une centaine de films. Passant d’un genre à l’autre avec fluidité et envie, Takashi Miike étonne, surprend, agace parfois, mais ne laisse jamais indifférent.

« Blade of the immortal« , présenté au PIFFF (Paris International Fantastique Film Festival) est donc le centième film de son réalisateur et le moins que l’on puisse en dire, c’est que les organisateurs nous ont offert un très beau cadeau, puisque le film est à la hauteur des attentes.

Déjanté et sérieux à la fois, décalé, loufoque et en même temps touchant, le dernier-né de Takashi Miike est un véritable moment à part en partant sur une histoire de vengeance, pourtant ô combien classique. Puis dans une autre mesure, « Blade of the immortal » est aussi un film poétique, qui abordera la malédiction de l’immortalité. Bref, le fond et la forme sont là et le déplacement, ou du moins l’arrêt sur la plateforme Netflix, vaut le détour.

Manji est un homme maudit par une vieille femme. Alors qu’il désirait mourir, cette dernière l’a rendu immortel. Aujourd’hui, Manji se voit engager par la jeune Rin pour être son garde du corps et doit l’aider à se venger de la mort injuste et violente de ses parents. La dite mission va alors profondément transformer le « vieux » samouraï.

Dernier des deux films que Takashi Miike a sortis cette année, « Blade of the immortal » est un sacré défi. Adapté d’un manga créé par Hiroaki Samura qui s’étale sur plus de vingt ans, Takashi Miike a réussi à compiler trente tomes en un film de deux heures et demi et si je ne pourrais affirmer ou non que son adaptation est bonne, d’un point de vue de cinéma, le réalisateur nous offre un excellent film prenant et délirant à suivre, et le tout doublé d’un film spectaculaire aux chorégraphies et à la mise en scène impressionnante.

Avec « Blade of the immortal« , Takashi Miike nous entraîne donc dans une intrigue qui a de quoi relever de la légende. Fantastique, drame et loufoquerie feront très bon ménage et c’est avec sourire, plaisir, et même une touche d’émotion, qu’on suit à la fois l’histoire terrible et violente d’une vengeance, et celle d’une rédemption. Le scénario est très simple, et a tendance à faire dans le manichéen. Ici, on a un méchant (un vrai !) qui a décidé d’être le meilleur et qui tue tous ceux qui vont se tenir sur sa route. Et cette petite fille, qui engagera un garde du corps, représentera donc le bien. On pourra toujours critiquer le manque de subtilité de ce côté-là, car au final, derrière toute l’histoire, derrière toute la mise en scène, « Blade of the immortal » c’est le bien et le mal qui s’affrontent. Mais malgré ce manque de subtilité, on trouvera pourtant un film plus profond qu’il n’en a l’air. Un film qui ira jusqu’à avoir une très belle mélancolie qui se mélangera à une poésie triste. Takashi Miike, avec ce héros maudit, parle très bien de la mort et de l’immortalité, il analyse les pour et les contres et à travers le parcours de son héros, et les liens qu’il tisse avec cette gamine, « Blade of the immortal » trace avec violence et émotion le plus beau des requiem pour son samouraï déchu.

Un requiem qui est parfaitement tenu par Takuya Kimura et Hana Sugisaki qui forment un duo parfois comique, parfois décalé, d’autre fois sérieux, et presque en permanence émouvant. Le duo est aussi soutenu par un casting aux petits oignons qui tient des personnages hauts en couleurs, tous plus plaisants les uns que les autres.

Si l’intrigue est belle et efficace et si les personnages sont bons et beaux, « Blade of the immortal« , c’est aussi un film qui est impressionnant dans sa mise en scène. Ce nouveau film de Takashi Miike n’est qu’une montée en puissance. L’intrigue place en permanence de nouveaux ennemis sur la route de son héros, et entre trahisons et belles rencontres, « Blade of the immortal » va se faire de plus en plus dur et rude. Plus le film avance et plus Takashi Miike se fait violent et ses combats se font impressionnants. Et c’est bien le mot tant notre héros se voit affronter des ordres d’assaillants à lui seul. Takashi Miike est un orfèvre et le travail qu’il livre là est tout simplement une claque. Que ce soit dans l’esthétisme toujours travaillé, le montage ingénieux, les plans, les idées, la discrétion de la BO ou la folie très furieuse des combats qui laissent éclater un torrent d’hémoglobine, tout est travaillé et bien pensé. Takashi Miike a peut-être négligé son scénario et l’on peut lui reprocher à juste titre, mais c’était surtout pour nous offrir un spectacle incroyable. Un spectacle comme on en voit peu. Et un spectacle qui se livre et s’offre dès sa scène d’ouverture. Une claque à elle seule.

Le dernier-né de l’empereur Takashi Miike est donc une belle et violente claque, qui sait autant être sérieux et émouvoir, qu’être décalé et ne pas se prendre au sérieux. Mélange de film de sabres, de film fantastique qui a tendance à virer à la légende, de film d’action rudement mené et de drame teinté de poésie, « Blade of the immortal » vaut carrément qu’on s’arrête dessus ! Et c’est vraiment dommage qu’on n’ose pas le sortir en salle, car un spectacle tel mérite le grand écran et pour cela, je remercie grandement le PIFFF pour le cadeau.

Note : 17,5/20

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Par Cinéted

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